Les fusions du secteur parapétrolier inspirent le président de Bourbon


Bourbon est ouvert à des rapprochements ou des partenariats pour compléter son offre en cette période difficile pour l'or noir, qui entraîne de grands mouvements de consolidation dans le secteur parapétrolier.


Jacques de Chateauvieux entend entraîner Bourbon dans une "révolution numérique" avec des navires connectés © DigiArt.no Kay-Åge Fugledal
Jacques de Chateauvieux entend entraîner Bourbon dans une "révolution numérique" avec des navires connectés © DigiArt.no Kay-Åge Fugledal
Après le mariage du numéro un mondial Schlumberger avec l'équipementier Cameron, c'était au tour du français Technip d'annoncer le 19 mai sa fusion avec l'américain FMC Technologies, une nouvelle opération de consolidation destinée à permettre aux deux groupes de gagner en efficacité.  "Ces deux opérations sont une source d'inspiration" pour Bourbon, a déclaré lundi 23 mai le président du groupe français, Jacques de Chateauvieux. "Cela doit nous interpeller, nous, les services maritimes : cela fait retentir une cloche qui doit nous inciter à voir s'il existe des possibilités de proposer des choses de cette nature", à savoir une offre intégrée alliant services et équipements, a-t-il poursuivi.  "Nous n'avons pas encore identifié de groupe" duquel Bourbon pourrait se rapprocher, a-t-il toutefois indiqué, soulignant qu'une éventuelle transaction ne nécessiterait pas forcément une sortie d'argent, à l'instar de Technip et FMC qui procéderont par échange de titres.

"Fertilisation croisée"

Cameron, par exemple, est essentiellement un groupe industriel, qui fabrique des vannes et des systèmes de contrôle des flux pour l'industrie pétrolière, alors que Schlumberger est surtout présent dans les services, avec des technologies destinées au forage de puits pétroliers ou à la construction de plateformes. "Il ne faut pas le voir comme une solution à nos problèmes mais comme une solution pour améliorer le service à nos clients", a expliqué le dirigeant de l'ancien groupe sucrier aux racines réunionnaises, reconverti dans les services pétroliers. "On pense souvent à des synergies de coûts. Mais il y a aussi une fertilisation croisée entre services et équipements, qui permet le développement de nouveaux équipements et procédés. Cela favorise beaucoup l'innovation et la productivité. C'est sans doute pour cela que les pétroliers acceptent ces opérations" alors qu'ils y perdent en levier de négociation sur les prix de leurs sous-traitants, a-t-il détaillé.
Comme les autres parapétroliers, Bourbon est confronté à la faiblesse des prix du pétrole qui, malgré un rebond ces dernières semaines, pousse nombre de groupes gazo-pétroliers pour lesquels il opère à réduire leurs investissements et à retarder leurs projets d'exploration ou de production.  Selon une étude du cabinet Pinsent Masons auprès de 200 cadres dirigeants du secteur des services pétroliers, 86 % disaient fin 2015 s'attendre à une augmentation des fusions-acquisitions en 2016, afin de tirer profit de situations de crise, d'accroître des parts de marché ou d'acquérir de nouvelles technologies. Dans le secteur de l'exploitation pétrolière cette fois, la compagnie française Maurel et Prom dit régulièrement vouloir participer à une concentration du secteur qu'elle juge "inéluctable".

"Le virage gazier reste un objectif stratégique pour la société"


Bourbon avait annoncé en mars vouloir prendre un virage gazier pour s'offrir un nouveau relais de croissance, mais le groupe a dû renoncer à son projet la semaine dernière faute d'avoir obtenu les financements bancaires nécessaires. Cette diversification dans les métiers du gaz devait se traduire par l'acquisition d'activités de transport gazier pour un montant de 320 millions de dollars (286 millions d'euros) auprès de son actionnaire majoritaire, Jaccar Holdings. Selon Jacques de Chateauvieux, les banques préfèrent attendre que Bourbon consolide son activité et que le marché de l'offshore montre des signes de reprise. Mais cela reste "un objectif stratégique pour la société", a-t-il confirmé. Entretemps, "Bourbon continuera à démontrer sa résilience dans ce bas de cycle du marché de l'offshore afin d'être le mieux placé pour profiter de la reprise quand elle sera là", a ajouté le dirigeant.
Tombé dans le rouge en 2015, Bourbon avait dit en mars anticiper un contexte encore difficile en 2016, même si un rebond pourrait intervenir dans certaines activités au cours du second semestre. Dans ce contexte, le groupe va poursuivre sa politique de réduction des coûts opérationnels en désarmant une partie de sa flotte, qui comptait 515 navires fin mars. "Nous continuerons à faire le dos rond en cette période de baisse de la demande", a dit Jacques de Chateauvieux, qui entend aussi entraîner son groupe dans une "révolution numérique" avec des navires connectés permettant de gagner en efficience. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le marché pétrolier actuellement surabondant est en voie de rééquilibrage, grâce à une diminution de l'offre en provenance des pays hors Opep (dont les États-Unis) et à une croissance de la demande mondiale.

Martine Pauwels

Mardi 24 Mai 2016



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