Les marchés soumis à de fortes pressions (2)


En 2011, si le secteur du transport maritime a évité les faillites, «les premières fissures ont commencé à apparaître». Plusieurs sociétés américaines cotées en bourse ont demandé à bénéficier du chapitre 11, comme le transporteur pétrolier General Maritime.


Les marchés soumis à de fortes pressions (2)
Après une année 2010 relativement bonne, le secteur du vrac sec a connu son premier défi en 2011 avec des périodes prolongées de taux d’affrètement bas, notamment pour les Capesize. Selon le rapport de Barry Rogliano Salles (BRS), le Baltic Dry Index (BDI) s’est stabilisé en moyenne au niveau des 1.571 points, contre 2.800 points en 2010. Les Capesize ont vu leurs taux baisser en moyenne de 50 % en 2011, les Panamax de 45 %, les Supramax et les Handysize de 35 %. «Le marché est resté cependant d’une grande volatilité et les Cape et les Panamax ont pu bénéficier de plusieurs pics de taux au cours de l'année», souligne Liz Shuker, qui a rédigé le document.
Dans l'ensemble, la demande de transport maritime est restée soutenue en 2011, avec un taux de croissance de 4 à 5 %, la Chine augmentant encore sa production d'acier et ses achats de minerai de fer tandis que les autres pays d'Asie et certains pays occidentaux regagnaient le terrain perdu après la crise financière. Parallèlement, le tonnage a augmenté, les chantiers navals continuant à livrer un grand nombre de navires. La capacité de la flotte de vraquiers devrait augmenter de 13 % en 2011, certains segments de celle-ci, notamment les Capesize, enregistrant même une croissance de 20 %.
Même si les décalages dans les livraisons de navires signifient que celles-ci risquent d’être encore plus importantes en 2012 qu’en 2011, le commerce maritime continue de surprendre le marché par sa capacité de résistance. Un ralentissement économique de la Chine pourrait toutefois avoir un impact négatif majeur.

Conteneurs : tendances inversées...

Après une remontée impressionnante des taux d’affrètement des porte-conteneurs fin 2009 et en 2010, le marché a récemment connu un renversement des tendances. Les incertitudes de la conjoncture économique dans les pays occidentaux ont eu un impact sur les volumes transportés sur les principales routes entre la Chine et l'Europe et sur le transpacifique. «Les taux de fret par EVP Chine-Europe, Chine-côte ouest des États-Unis et Chine-côte est sont actuellement inférieurs de 60 %, 30 % et 20 % respectivement à ceux d’il y a un an», rappelle le rapport. Les volumes ont été plus faibles que prévu en fin d'année et le taux de remplissage des navires est actuellement inférieur à 90 % sur les routes principales. En conséquence, «la mise à la chaîne de navires revient à l’ordre du jour, plus de 200 navires pour une capacité de 500.000 EVP étant sans emploi en décembre, ce qui représente le niveau le plus élevé atteint depuis mai 2010», relève le document.



«Pétrole : 2012, une année de régulation»

En effet, l’amélioration de la conjoncture constatée en 2010-2011 avait amené les principaux acteurs à commander des navires toujours plus grands, avec la conviction que seules les économies d'échelle pourraient assurer leur succès dans le futur. Au total, plus de 240 navires et 1,8 million d’EVP ont été commandés en 2011, avec une taille moyenne des navires de 7.500 EVP.
Pour l'année qui vient de démarrer, l’offre et la demande s'annoncent assez équilibrées, avec une croissance des volumes estimée à environ 6,5 % et une augmentation de la flotte de 8,5 %.
Du côté du transport pétrolier, les conditions se sont détériorées de façon significative sur le marché depuis 2010 et les taux actuels sont très faibles et souvent même négatifs. Le “Baltic Dirty Tanker Index” a enregistré une moyenne d’environ 777 points en 2011 contre 880 points en 2010, alors que le “Baltic Clean Tanker Index” a mieux résisté, avec une moyenne de 714 points en 2011 contre 730 en 2010.
Cette année risque d'être difficile, prédit Barry Rogliano Salles. «Mais, l'effet de ciseaux va jouer. La flotte vieillit, des navires vont sortir de flotte, avec seulement 85 millions de tonnes, les entrées de constructions neuves vont fortement ralentir en 2013. Le lissage du marché s'effectuera sans doute à cet horizon-là». Les prochains mois vont fatalement voir le marché se réguler : ceux qui ont commandé des navires trop chers il y a cinq ans vont rencontrer des difficultés à les rentabiliser. Liz Shuker entrevoit, certes, des concentrations et des faillites, mais aussi la reconstitution de nouveaux équilibres. (Fin)

Lire aussi :
BRS : Les marchés soumis à de fortes pressions (1)

V.J.C.

Mardi 24 Janvier 2012





     

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