Les métiers du grain confiants sur les capacités de stockage



© GPMR/R. Hondier
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La France est loin d'avoir retrouvé une pleine capacité de stockage de ses grains, mais les principales difficultés administratives aplanies laissent espérer une "montée en puissance" progressive du plan silo. Ce plan, préparé par FranceAgriMer et validé ce printemps par le ministère de l'Agriculture et les autorités concernées, prévoit la construction de 5 millions de tonnes de stockage supplémentaires en cinq ans sur 200 sites environ, pour un investissement total d'un milliard d'euros entièrement à la charge de la filière. "On ne sera pas prêt pour la prochaine récolte, mais on a maintenant une montée en puissance des constructions, les décisions sont prises", estime Pierre-Olivier Drège, directeur général de l'Association de producteurs de blé (AGPB) qui regrette d'avoir "perdu un temps précieux".
Coop de France (92 coopératives réalisant près de 70 % de la collecte de céréales) est en train de procéder à un inventaire des projets en cours dont les résultats seront dévoilés vers la mi-juin : à ce stade (sur la moitié environ de ses adhérents), les projets recensés, programmés ou lancés, atteignent 2,3 à 2,5 millions de tonnes de stockage (Mt), a assuré vendredi 31 mai Vincent Magdelaine, directeur des Métiers du grain chez Coop de France. "Selon ces premières indications, on est à peu près sur les mêmes volumes qu'il y a deux ans" poursuit-il. "Il semble qu'on ait moins fermé de silos que prévu initialement : on a plutôt cherché à entretenir et rénover", estime-t-il.
Entre 2000 et 2010, l'Hexagone – premier producteur de blé de l'Union européenne - a perdu plus de 3 Mt de stockage (passé de 55,1 à 51,9 Mt) quand sa collecte augmentait de 6 Mt (à 63 millions de tonnes). Après plusieurs accidents (les poussières de céréales favorisent les explosions), il a fallu fermer des installations jugées à risque, trop proches d'agglomérations ou des grands axes de circulation. La conséquence s'est fait notamment ressentir l'an passé quand les cours des céréales ont flambé entre mi-août et mi-septembre : les producteurs se sont alors hâtés d'écouler leurs récoltes à l'export et si personne ne veut parler d'engorgement, les capacités de stockage ont été sévèrement testées.

Installation de silos sur des grands axes logistiques

Cette saison, nul n'attend des rendements record compte tenu de la météo. Pourtant "on a toujours une situation à risque en cas de récolte abondante. Surtout, on manque de capacité à pouvoir jouer sur le stockage face à la volatilité des prix", regrette Pierre-Olivier Drège. Or pouvoir conserver les récoltes dans de bonnes conditions constitue un outil de régulation des marchés et une garantie de qualité pour les pays importateurs. La réduction des sites de stockage empêche également "le nécessaire classement des grains selon leur qualité pour répondre aux besoins de marchés de plus en plus segmentés", fait aussi valoir FranceAgriMer : c'est ainsi le cas des cultures secondaires (protéagineux) et du bio, dont les grains doivent être gardés séparément. Sensible aux arguments de la filière qui pointait des règlements inextricables, le ministère a visé la simplification : autorisation simplifiée pour les silos plats (moins dangereux que les tours) en dessous de 15.000 m3 et réduction des délais de procédure notamment.
La circulaire de mars 2013 se fonde sur les chiffres de Coop de France en 2011, et les "près de 200 projets de construction dont 170 déjà répartis par région" : elle appelle les préfets à préserver au mieux le foncier agricole, mais prend également acte du fait que les installations doivent "être à la fois proches des lieux de production et des infrastructures de transport". "Le plan vise en particulier l'installation de silos sur des grands axes logistiques - route fleuve et train - pour permettre de stocker et d'expédier facilement vers les industries de transformation ou à l'export", se félicite Pierre-Olivier Drège. "Il nous fallait un certain nombre d'aménagement, on les a obtenus", juge-t-il.

Anne Chaon

Lundi 3 Juin 2013



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