Les pilotes maritimes français restent à la manœuvre face à l'Europe


Six mois après s'être réunie à Paris à l'occasion de son 99e congrès, la Fédération française des pilotes maritimes s'est retrouvée à Marseille dans le cadre de ses rencontres fédérales portuaires. Au menu de cette journée de travail, les nombreux échanges que la profession a depuis quelques mois avec Bruxelles sur le projet de libéralisation de l'accès aux services portuaires dont elle risque d'être victime.


Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président de la FFPM, et Jean-Philippe Salducci, président de la station de pilotage de Marseille-Fos © Vincent Calabrèse
Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président de la FFPM, et Jean-Philippe Salducci, président de la station de pilotage de Marseille-Fos © Vincent Calabrèse
"La Commission européenne ne voit son salut que dans l'uniformisation et la dérégulation de ses services", ironise Frédéric Moncany de Saint-Aignan, le président de la Fédération française des pilotes maritimes (FFPM), en faisant allusion à la proposition de règlement communautaire du 23 mai 2013 dans laquelle Bruxelles inclut le pilotage maritime, le recyclage, le lamanage et les autres services portuaires.
Dans le sillage de l'association européenne des pilotes (EMPA), la Fédération française défend bec et ongles la profession. Depuis quelques mois, les rencontres avec la Commission se sont multipliées.

Une mission de service public

"Nous considérons que le pilotage n'est pas un service économique mais est un service d'intérêt général. Il n'a donc rien à faire avec l'ouverture du marché", s'arc-boute le président des pilotes français qui souligne : "Nos clients sont des armateurs mais notre mission consiste à assurer la protection des riverains et à fluidifier le trafic dans les ports".
La fédération a donc rencontré la DG Move à Bruxelles et à diverses reprises les parlementaires français et, à Strasbourg, les parlementaires européens pour défendre la profession. Pour Frédéric Moncany de Saint-Aignan, "il y a une forte inclination à exclure le pilotage du champ d'application du règlement".
La profession n'est pas la seule à se défendre. Le Comité des Régions (l'organe consultatif institué par le traité de Maastricht et représentant les autorités régionales et locales au sein de l’UE) réclame lui aussi l'exclusion du pilotage d'un texte qui ne prévoit pas la manutention dans son champ d'application.

"La profession dans la tempête européenne"


Mais, pour l'heure, la partie n'est pas gagnée. La Commission maintient sa position. Les pilotes français continuent de braver "la tempête européenne", selon Jean-Philippe Salducci, président de la station de pilotage de Marseille-Fos. Un rapport devrait être rendu en novembre. Le président de la fédération française, qui souligne que les pilotes jouent la transparence en matière tarifaire dans les ports de l'Hexagone, s'attend à ce que les mers européennes restent houleuses pour la profession jusqu'en avril 2014.
Reste également à régler le dossier de réglementation de la licence de capitaines pilotes. Frédéric Moncany de Saint-Aignan rappelle que "le tiers des navires en France, soit 50.000 unités, est opéré par des capitaines pilotes". La fédération française regroupe 31 stations de pilotage maritime qui opèrent dans plus de 50 ports de commerce français de métropole et d'Outre-Mer de même que la station de pilotage hauturier présente en Manche et mer du Nord. La profession compte dans le pays 338 pilotes maritimes et plus de 400 salariés.
L'Empa, de son côté, regroupe 5.000 pilotes présents dans 25 pays du continent européen, y compris la Turquie, la Norvège, la Russie et l'Ukraine. L'association trouve ses origines en France. En 1962, la profession avait fondé à Marseille l'Association française des pilotes du marché commun.

Vincent Calabrèse

Vendredi 4 Octobre 2013



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