Les pirates à l'offensive en Asie du Sud-Est


L'Asie du Sud-Est pourrait devenir à nouveau un point chaud de la piraterie mondiale après la recrudescence des attaques dans les eaux de cette région abritant le détroit de Malacca, couloir stratégique entre l'Indonésie, la Malaisie et Singapour, estiment des experts.


Cette voie par laquelle transite un tiers du commerce mondial a été pendant longtemps un fléau de la piraterie, avant de voir baisser nettement le nombre d'attaques grâce à la multiplication des patrouilles en mer, mais les pirates sont repassés à l'offensive fin avril. Depuis, plusieurs pétroliers et navires de marchandises ont été attaqués.
"Tout le monde est préoccupé par ces attaques car on sait que la situation va empirer", déclare Noel Choong, directeur du Centre régional de la piraterie du Bureau maritime international (BMI) basé en Malaisie. "Cela va à nouveau se développer et ce sera très difficile à arrêter. C'est de cette manière que ça a commencé en Somalie", ajoute-t-il. En Afrique, les efforts internationaux des services maritimes ont permis d'éliminer virtuellement cette menace dans l'Est du continent ces dernières années, alors qu'en Asie du Sud-Est, les attaques sont passées de 46 en 2009 à 128 en 2013, un chiffre qui pourrait être atteint aussi cette année, prédit le BMI.

"Marché noir extrêmement lucratif"

La plupart des actes de piraterie sont des tentatives de hold-up dans les vastes eaux de l'Indonésie pour des butins relativement faibles, alors que les importantes voies maritimes tel le détroit de Malacca restent sûres, avec seulement une attaque cette année sur ce couloir emprunté chaque année par des milliers de navires, observe le BMI. Mais la multiplication des incidents font craindre un retour des détournements et prises d'otage par des pirates armés, basés pour l'essentiel en Indonésie, comme c'était fréquemment le cas il y a une décennie.
Dans l'une des attaques, le 28 mai, le pétrolier thaïlandais "MT Orapin", qui se rendait en Indonésie depuis Singapour, a été pris d'assaut sur l'île de Bintan, dans le Nord de l'Indonésie. Les pirates ont détruit les équipements de communication et siphonné 3.700 tonnes de pétrole pour les transvaser dans un autre navire, avant de relâcher les membres d'équipage. Des incidents semblables se sont répétés, laissant penser que ces attaques ont été l'œuvre des mêmes gangs.
"La délinquance maritime a toujours été un problème dans la région, mais nous observons une hausse des détournements pour la cargaison. Le marché noir pour le diesel à usage maritime est extrêmement lucratif", déclare David Rider, rédacteur en chef de la "Maritime Security Review", qui a récemment écrit que les nouvelles attaques avaient "pris tout le monde par surprise". "Là ou il y a de l'argent, il y a des pirates", souligne Martin Sebastian, chef du centre malaisien pour la sécurité maritime et la diplomatie, ajoutant que l'augmentation du trafic maritime dans cette région compliquait la tâche des services de sécurité.

Coordination étroite nécessaire

Le BMI appelle les autorités régionales à augmenter le nombre de patrouilles navales dans les eaux du Sud-Est asiatique, et recommande une surveillance permanente pour éviter les actes de piraterie. Certains ont même proposé de doter les navires de forces de sécurité privées armées, mais un tel dispositif coûterait cher, et est interdit en Indonésie, en Malaisie et dans les eaux thaïlandaises. Un responsable de la marine indonésienne a déclaré que les forces de son pays continuaient de coordonner des patrouilles avec ses voisins. Mais les pirates sont malins et exploitent les limites d'intervention des forces navales de chaque pays de la région pour éviter de se faire repérer, observe Bantarto Bandoro, expert en sécurité à l'Université indonésienne de la Défense. "Ils ont de bons renseignements sur les lieux de surveillance de la mer, et leur collecte d'informations s'améliore", ajoute-t-il, soulignant que la coopération internationale restait insuffisante. Ainsi, renchérit Martin Sebastian, une coordination très étroite va être nécessaire pour lutter contre la résurgence des pirates et éliminer les gangs de cette région.

Dan Martin

Vendredi 20 Juin 2014



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