Les ports européens face au défi de la transition énergétique et géographique


De Rotterdam à Haropa en passant par Marseille, Venise ou Oslo, toutes les autorités portuaires sont confrontées au même défi : définir une stratégie garante d'un développement durable. Un thème abordé lors des Assises du port du futur les 9 et 10 septembre à Paris à l'initiative du Cerema et de la DGITM avec le concours de l'Union des ports de France et du Cluster maritime français.


Le port de Rotterdam © Freek van Arkel
Le port de Rotterdam © Freek van Arkel
"Élaborer une stratégie à long terme est un exercice difficile", reconnaît le président de l'UPF... et d'actualité puisqu'en qualité de directeur général du GPM du Havre et de président de Haropa, Hervé Martel achève le nouveau projet stratégique 2014-2019 du port haut-normand, ainsi que la feuille de route 2030 du GIE. "Cette démarche suppose une large concertation avec une grande diversité d'acteurs et des collaborations portuaires élargies". À Rotterdam qui possède déjà son plan stratégique 2030, elle a été menée à un horizon 2100.

"Rotterdam devra adopter un nouveau modèle plus durable"


Selon une approche systémique, elle intègre une série de variables comme la disponibilité des ressources naturelles, la démographie européenne ou l'évolution industrielle mondiale. Quels que soient les scénarios, trafics et capacités portuaires atteindraient un plafond vers 2040. "Pour se développer, le port doit donc adopter un nouveau modèle plus durable. Économie circulaire, acceptabilité sociale et intégration de technologies de rupture comme les solutions de captage et de stockage carbone", sont quelques leviers de ce futur modèle, selon George Wurpel, conseiller de l'autorité portuaire flamande. "Raisonner selon les seules capacités portuaires ou le trafic s'avère insuffisant. Aussi dans le cadre d'un travail collaboratif avec tous les acteurs publics et privés, le port se prépare-t-il à une transition fondée sur la fourniture d'une plus grande valeur ajoutée à ses clients et de nouvelles sources énergétiques".

La porte Sud de l'Europe

Au sud, Marseille et Venise croisent les préoccupations environnementales et de préservation de la biodiversité de Rotterdam avec les mêmes ambitions de réduire l'empreinte carbone de leurs activités. Leurs autorités portuaires y voient en revanche une opportunité pour rééquilibrer les flux logistiques en Europe. "Rotterdam, Anvers et Hambourg captent aujourd'hui 40 % des conteneurs européens, et le range Nord près de 70 %. Ce déséquilibre avec le Sud de l'Europe est à l'origine de pollution et de congestion des réseaux de transport", souligne Christine Cabau-Woehrel, directrice du GPM de Marseille. Une incohérence géographique, selon Paolo Costa, président du port de Venise : "L'industrie se concentre de plus en plus en Europe centrale. Une analyse des coûts logistiques et externes dont la pollution, plaide pour le développement des ports du Sud et les organisations multimodales massifiées".

L'ambition adriatique

La croissance rapide des trafics conteneurisés du port de Koper semble confirmer ce changement de paradigme. En lien avec les corridors du RTE-T, cette évolution est d'ailleurs inscrite dans la nouvelle politique portuaire de l'Europe présentée l'an passé ("L'Antenne du 12/06/13"). Elle est également à l'œuvre via l'association Napa créée à l'initiative des ports italiens de Venise-Mestre et Trieste et croates de Koper et Rijeka. Ensemble, ils visent à ouvrir une nouvelle porte portuaire pour les échanges avec l'Europe centrale. À Venise, cette ambition s'accompagne d'un projet de port offshore automatisé...

Los Angeles et Oslo "réinventent" leur port

Dans une recherche de meilleure intégration et complémentarité, les relations ville-port conditionnent le développement des ports comme en témoignent les aménagements dans les bassins Ouest de Marseille ou à Oslo. Dans le port norvégien propriété de la ville, décision a ainsi été prise de ne conserver à l'horizon 2030 que l'activité passagers dans la zone urbaine et de créer, en parallèle, un nouveau port de commerce à l'extérieur. À Los Angeles, une réflexion sur l'avenir du port s'est soldée par une remise à plat de ses activités. "L'une de nos priorités est de renouer un lien fort avec la ville et de recréer un bassin d'emplois sur le port", explique Géraldine Knatz, ex-directrice du port. Avec pour cibles la recherche et les nouvelles technologies, vertes en particulier, l'autorité portuaire libère et aménage ainsi de nouvelles zones foncières pour accueillir des pépinières d'entreprises, des universités et des centres de recherche. "Nous dépassons le rôle traditionnel d'un port" jusqu'à fournir des conditions financières favorables pour faciliter les implantations et l'émergence de nouvelles industries, avec ou sans lien maritime.

Érick Demangeon

Lundi 15 Septembre 2014



Lu 2537 fois



Dans la même rubrique :
< >

     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse