Les prix du café flambent, mais combien de temps ?


Le marché du café s'est complètement retourné ces derniers mois, le prix de l'arabica ayant doublé depuis novembre dernier, en raison des craintes sur l'offre brésilienne, mais la pérennité de ce rebond est incertaine, selon les analystes.


Un risque réel de déficit sur le marché du café © ICO
Un risque réel de déficit sur le marché du café © ICO
Le renversement observé récemment, en particulier pour l'arabica, est impressionnant : depuis son plus bas en sept ans et demi atteint en novembre dernier (100,95 cents la livre), l'arabica a presque doublé, atteignant lundi 3 mars à New York un sommet depuis près de deux ans, à 197,80 cents la livre. Le robusta a également été entraîné, montant mardi 4 mars à Londres à son plus haut niveau depuis près d'un an, à 2.136 dollars la tonne.

Cette sécheresse est sans précédent

"Début novembre, l'arabica était juste au-dessus de 1 dollar la livre et tout le monde parlait d'excédent d'offre, sachant que le Brésil sortait d'une année creuse record, la Colombie voyait sa production fortement rebondir et le Vietnam se dirigeait vers une récolte exceptionnelle", a rappelé Stefan Uhlenbrock, analyste chez FO Litcht, au cours d'un séminaire de l'Organisation internationale du café (ICO) mardi à Londres.
"Et maintenant tout le monde s'inquiète des perspectives de l'offre au Brésil, avec un risque réel de déficit sur le marché du café, ce qui n'a pas été vu depuis quatre ans", a-t-il ajouté. En effet, les cours de l'arabica ont bondi de près de 74 % depuis le début de l'année - la meilleure performance du secteur des matières premières - alors que le Brésil a connu ses mois de janvier et de février les plus secs depuis des décennies. "Le Brésil est le plus grand producteur, le plus grand exportateur donc tout ce qui arrive au Brésil est très, très important" pour le marché du café, a souligné Kona Haque, directrice de la recherche sur les matières premières agricoles chez Macquarie. Le début d'année étant une période cruciale pour le développement des fruits des caféiers, le marché s'inquiète d'une offre substantiellement inférieure. "Ce type de sécheresse à ce moment précis de croissance des fruits est sans précédent", a signalé Kona Haque. "La réalité est que personne ne sait vraiment comment sera cette récolte de café".
"Personne ne sait vraiment ce qu'il y a dans les fruits, s'ils se sont développés ou non", a abondé Stefan Uhlenbrock, qui juge "difficile d'évaluer les dommages actuellement". Pour l'instant, FO Litcht a abaissé de 15 % ses prévisions pour la récolte brésilienne de 2014-2015, à 48 millions de sacs de 60 kg. L'un des principaux exportateurs brésiliens, Terra Forte, a également revu en baisse de 15 % sa prévision de récolte d'arabica au Brésil, à 30 millions de sacs.

Le marché pourrait devenir "dingue" ou au contraire s'effondrer

"Si le temps reste sec jusqu'en mai comme certaines prévisions météorologiques le suggèrent, le marché pourrait devenir dingue, mais il pourrait également s'effondrer si la récolte est finalement proche des 55 millions de sacs", a estimé Kona Haque. "Si, une fois que la récolte commence, on s'aperçoit que les inquiétudes étaient exagérées, le marché va complètement s'effondrer", a également prévenu Stefan Uhlenbrock. "À un moment, il va pleuvoir de nouveau, la récolte au Brésil sera de nouveau abondante, le marché reviendra à une situation de surplus et nous serons retournés à la case départ", a abondé l'analyste Judith Ganes-Chase, à la tête du cabinet J. Ganes Consulting.
"Le marché du café est intrinsèquement volatil. Ce n'est pas nouveau, nous avons assisté périodiquement à d'énormes hausses au cours des quatre dernières décennies, presque toujours provoquées par des problèmes d'offre", a rappelé Kona Haque. Lors de leur dernier épisode de fièvre, en 2010-2011, les prix de l'arabica sont montés jusqu'à 307,20 cents la livre, un plus haut en quatorze ans. Cette période de prix élevés a stimulé l'offre, la rendant trop abondante par rapport à la demande et a conduit à l'effondrement des prix de 2012 et 2013.

Jessica Berthereau

Mercredi 5 Mars 2014



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