Les trafics de SeaFrance sont convoités


Après la liquidation de SeaFrance, les nouveaux projets pour faire redémarrer l'activité de la compagnie transmanche se précisent. LDA et Eurotunnel proposent deux schémas différents.


© PORT DE CALAIS
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Depuis que la liquidation de SeaFrance a été prononcée, les candidats se pressent de nouveau, non plus pour relancer la compagnie mais pour récupérer son activité, son trafic, ses navires ou ses employés. Les porteurs de la Scop, qui n'a pas eu les faveurs du tribunal de commerce, n'ont pas perdu tout espoir de voir leur projet aboutir, avec l'apport d'une aide extérieure.
C'est la position qu'a pris Eurotunnel, qui a proposé de racheter les quatre navires de la compagnie pour les louer ensuite à une nouvelle entité dirigée par les salariés eux-même, qui en serait leur opérateur. La CFDT de SeaFrance a fait part lundi de son intérêt pour cette offre, mais n'est plus en position de fermer la porte à qui que ce soit – on lui avait été reproché d'avoir écarté systématiquement tout autre projet que la Scop avant la liquidation de la compagnie – et reste à l'affut de toute nouvelle idée. Le PDG d'Eurotunnel, Jacques Gounon, s'est déclaré "candidat pour être majoritaire, quelque part entre 51 % et 100 %, dans une structure de portage qui reprendrait les navires de SeaFrance". Ce schéma proposé le celui qui est désigné comme principal responsable de la baisse du trafic de SeaFrance depuis quinze ans aurait le mérite, pour l'exploitant du tunnel sous la Manche, de lui permettre de contrôler une partie de sa concurrence sur la desserte de la Grande-Bretagne. De son côté, la ministre de l'Écologie et des Transports Nathalie Kosciusko-Morizet, a estimé que "si la Scop ne se créait pas, Eurotunnel serait prêt à faire une offre privée, à racheter les bateaux et à recréer une activité".

LDA ne reprend plus les navires

Eurotunnel n'est pas le seul candidat et Louis Dreyfus Armateurs (LDA), dont l'offre de reprise a été recalée par le tribunal de commerce en décembre dernier, revient à la charge. Cette fois, le groupe armatorial français propose d'exploiter les lignes laissées vacantes avec ses propres navires ou ceux de son partenaire danois DFDS, se réservant la possibilité d'opérer des unités «disponibles sur le marché». Elle ne propose plus de reprendre 500 à 600 salariés mais d'embaucher environ 300 personnes le plus rapidement possible : «un projet certes moins ambitieux mais porteur d'emplois et cohérent sur le plan industriel», note LDA. L'objectif annoncé de l'armateur : «opérer au moins deux navires sous pavillon français sur le détroit, armés uniquement avec des marins français. Ainsi, nous voulons reconstruire la ligne et reconquérir la clientèle».


«La SNCF fera 500 propositions d'emplois»

Si l'offre d'Eurotunnel a les faveurs de la CFDT puisqu'elle a l'avantage de maintenir l'idée de la Scop, le "collectif alternatif" et la CGT de la compagnie ont émis un avis favorable, bien que prudent, en faveur du projet LDA/DFDS. Caroline Hayart, membre du collectif, a estimé que cette offre était "crédible, solide" et qu'elle "peut évoluer". De son côté, le leader de la CGT, Marc Sagot, a précisé après une réunion avec Nathalie Kosciusko-Morizet que le projet LDA-DFDS semblait "le plus abouti". Mais, a-t-il ajouté, "nous nous étonnons qu'il y a trois semaines, ils déclaraient vouloir garder 600 salariés et aujourd'hui on serait autour de 300. Un tel différentiel en si peu de temps pose question". Eurotunnel s'est, lui, déclaré "dubitatif" sur l'offre des deux armateurs. En effet, "DFDS arrivera avec ses propres navires, qui disposent déjà de leurs propres équipages et ils possèdent leurs propres équipes administratives", souligne le groupe, s'interrogeant sur la possibilité d'y intégrer les salariés de SeaFrance.
En attendant, la SNCF, maison mère de SeaFrance, doit publier 500 propositions d'emplois aux salariés de la compagnie. Elle a aussi prévu d'honorer sa promesse de gonfler les indemnités de licenciement des employés, même si le projet de Scop n'aboutissait pas.
Franck André avec AFP

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Mardi 10 Janvier 2012





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