Les transporteurs routiers entrent en campagne


Autour de l’emploi, la compétitivité et la mobilité durable, le programme de campagne de la Fédération nationale des transports routiers propose aux candidats six propositions. À travers les activités de la SNCF, la demande de clarification du rôle de l’État dans le secteur se fait de plus en plus forte.


© Renault Trucks
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Rappelée lors du Congrès de la FNTR fin octobre («L'Antenne» du 31/10/11), la santé économique des transporteurs routiers français demeure fragile. Plus d’un tiers d’entre eux «disposent d’une capacité faible à honorer leur engagements financiers». Des difficultés aggravées selon la fédération par «un déficit de compétitivité : le coût allemand de l’heure de conduite représente 76 % du coût français, l’espagnol 65 % et le polonais 42 %». Le manque d’harmonisation européenne «favorise en outre le développement d’un transport low-cost avec pour conséquence de tirer les prix vers le bas et de freiner les investissements, dans le développement durable notamment».

«Viser une meilleure intégration européenne de la France»


Aussi à la veille des élections présidentielles et législatives, les routiers entendent-ils interpeller les responsables politiques sur ces difficultés et faire avancer leurs remèdes. Lesquels sont repris dans une plate-forme présentée mardi 20 mars au siège parisien de la FNTR. Au nombre de six, la priorité est la compétitivité du pavillon national. «Il faut cesser le franco-français et viser une meilleure intégration européenne de la France en adoptant sa réglementation sociale». Citant le dossier du cabotage, «sa libéralisation (totale en Europe prévue en 2014, NDLR) doit se caler au rythme de l’harmonisation européenne, et des études d’impacts économique et social doivent être réalisées avant chaque étape». En parallèle, le transfert de charges vers une fiscalité spécifique est défendu dans le but d’alléger le coût du travail.

Clarifier le rôle de l’État

De façon générale, les transporteurs réclament pour toute fiscalité nouvelle «une baisse équivalente de charges ou la création d’un mécanisme de répercussion sur le bénéficiaire de la circulation de la marchandise». Dans le cas de la taxe poids lourd prévue sur l’ensemble du territoire à compter du 1er juillet 2013, «les Pouvoirs publics doivent revoir d’urgence les modalités de répercussion, traiter les coûts indirects et les délais de paiement, et préciser les mesures d’accompagnement». À date, le secteur verserait 8 milliards d’euros en impôts, charges et taxes chaque année. Sur ce montant, la profession demande qu’une partie serve au développement et à l’entretien des routes. Cette préoccupation croise la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre dans les transports. Compte tenu de la part modale de la route, «c’est là que doivent aller les investissements prioritaires et non dans un report modal coûteux, aléatoire et partiel». Pour toutes ces raisons, la nomination d’un ministre des Transports de plein exercice est jugée essentielle pour mieux cerner le rôle économique et social du secteur et mettre en œuvre une véritable politique en sa faveur. À l’intérieur, une préoccupation grandit dans les rangs des transporteurs : «clarifier la place et le rôle de l’État dans la filière où, avec la SNCF, il est aujourd’hui le premier opérateur routier en France. La SNCF réalise plus de la moitié de son chiffre d’affaires sur la route et s’y développe davantage que sur le rail. Cette situation discrédite le report modal promu par l’État».

Érick Demangeon

Mercredi 21 Mars 2012


Tags : fntr, routier



     

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