Les vracs secs voient le bout du tunnel


Le marché du transport des matières premières, plombé depuis plusieurs années par un excès de navires, commence lentement à sortir la tête de l'eau et pourrait s'améliorer réellement à partir de l'année prochaine, prévoient les experts et les courtiers maritimes.


© BHP Billiton
© BHP Billiton
L'indice phare du marché, le Baltic Dry Index (BDI), qui offre une estimation moyenne des tarifs pratiqués sur vingt routes de transport en vrac de matières sèches (minerais, charbons, métaux, céréales, etc.), s'est apprécié de 68 % au cours du premier semestre de cette année, marquant le 1er juillet un plus haut depuis un an et demi à 1.179 points. "Jusqu'ici, 2013 a encore été une année difficile pour les vracs secs, avec des tarifs sacrifiés et des actifs au plus bas, mais il y a des signes que la reprise pourrait bien être proche", estiment les analystes du courtier maritime italien Banchero Costa. "Nous voyons maintenant le bout du tunnel", poursuivent-ils, tout en prévenant qu'il "faudra encore du temps pour que le marché s'équilibre". "Le quatrième trimestre devrait être bien meilleur que ce qu'on a vu depuis le début de l'année mais la vraie reprise n'aura pas lieu avant le second semestre de l'année prochaine", abonde Marc Pauchet, responsable de la recherche sur les vraquiers secs chez le courtier ACM Shipping.

"Le pic est derrière nous"


Le marché du transport maritime est grevé depuis quelques années par un trop-plein d'offres : l'extraordinaire progression des tarifs sur la période 2004-2008 a incité le secteur à passer d'énormes commandes de navires. Mais en 2008, la crise financière a paralysé le commerce mondial et le BDI s'est effondré de son pic historique de 11.793 points en mai à moins de 700 points début décembre. À partir de 2009, les nouveaux navires ont commencé à arriver en masse sur un marché totalement déprimé. Et l'affluence a atteint un pic en 2010-2011 pour la plupart des catégories de navires : 211 capesize (de très gros navires capables de transporter plus de 120.000 tonnes de marchandises) ont ainsi débarqué sur le marché en 2011 contre 43 en 2008, selon les données d'une maison de courtage. "Heureusement, le pic est derrière nous", se réjouit-on chez Banchero Costa. "L'arrivée de nouveaux navires devrait ralentir considérablement durant les prochaines années", pronostique également Thomas Pugh, économiste spécialiste des matières premières au cabinet Capital Economics. La mise en service de nouveaux navires a déjà nettement freiné : la flotte des vraquiers secs ne devrait augmenter que de 6 % en 2013 et de 4 % en 2014, après 11 % en 2012 et 15 % en 2011, selon Banchero Costa.

Accroissement de la demande

Autre facteur qui encourage le secteur à espérer : la perspective d'un accroissement de la demande, dans un contexte d'amélioration graduelle de l'économie mondiale. "La demande devrait augmenter à un rythme plus élevé que les dernières années", explique Thomas Pugh, qui attend notamment une augmentation des importations chinoises de minerai de fer et des exportations américaines de charbon. Le minerai de fer et le charbon, les deux ingrédients de la fabrication de l'acier, représentent plus d'un tiers des cargaisons totales. "Aussi, avec un peu de chance, la nouvelle politique monétaire au Japon pourrait enfin réveiller l'économie du pays, qui reste le deuxième importateur mondial de matières premières sèches", derrière la Chine, espère-t-on chez Banchero Costa. Mais le redressement du marché sera "graduel", prévient Thomas Pugh, notamment parce que la croissance chinoise pourrait être décevante cette année. "Le BDI ne reviendra probablement pas au dessus du palier des 2.000 points avant 2014 mais même ce niveau sera historiquement bas", rappelle-t-il.

Jessica Berthereau

Lundi 15 Juillet 2013



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