Ligne régulière : les taux d'affrètement plongent eux aussi


La faiblesse de la demande sur la plupart des marchés maintient les tarifs d'affrètement des porte-conteneurs à très un bas niveau, dans la lignée des taux de fret spot. La surcapacité touche toutes les catégories de taille, à l'exception des mastodontes.


Seule la catégorie des 10.000 EVP et plus est épargnée par la surcapacité
Seule la catégorie des 10.000 EVP et plus est épargnée par la surcapacité
Les tarifs pour l'affrètement de porte-conteneurs restent très bas depuis plusieurs mois. Ils continuent même à diminuer à mesure que la demande faiblit. Hormis les ULCS, navires dont la capacité est supérieure ou égale à 10.000 EVP, qui sont tous employés, le phénomène touche l'ensemble des catégories de taille. Même les segments qui présentent l'offre la plus modeste subissent une érosion des taux, qui devrait s'accentuer encore selon Alphaliner.

Signes de décrue pour les VLCS

D'après le consultant, l'offre dans la catégorie des VLCS, des navires de 7.500 à 9.000 EVP, est en légère hausse et quatre unités sont sans affectation au 16 août 2016, contre trois au début du mois.
Le consultant observe une baisse des taux au cours des derniers jours, autour des 9.000 dollars par jour d'affrètement pour des navires de 8.000 à 8.500 EVP. "Cela reste bas pour de si gros navires, surtout au vu de la relative faiblesse de l'offre en tonnage", juge Alphaliner.

"Le nombre de navires à l'ancre reste trop élevé pour permettre une hausse des taux"


L'offre dans la catégorie des LCS (5.300 à 7.500 EVP) confirme une tendance à la baisse déjà amorcée. Selon le consultant, la catégorie des ex-overpanamax présente pourtant 19 navires non employés, contre 21 deux semaines plus tôt suite à la vente de deux d'entre eux pour démolition. La majorité de ces capacités sont déployées sur l'Asie tandis qu'un seul navire est aligné sur l'Atlantique. "Même si la surcapacité sur ce segment a été divisée par deux depuis le pic d'avril, le nombre de navires à l'ancre reste trop élevé pour permettre une hausse de taux significative", explique le spécialiste. Les dernières charte-parties rapportées – le "Hyundai Tokyo" (6.765 EVP) pour Maersk et le "Genoa" (5.544 EVP) pour Hapag-Lloyd – se situent entre 5.500 et 6.000 dollars par jour selon la durée du contrat.

Les panamax en extrême souffrance

La tranche inférieure (4.000 à 5.100 EVP) reste comme les autres en surcapacité. "Ce segment anciennement dynamique a perdu de son lustre malgré des possibilités d'emploi permanentes notamment sur les routes Asie-Afrique de l'Ouest, Asie-Inde et Asie-Australie et Nouvelle-Zélande", s'étonne Alphaliner. Dans cette catégorie des panamax, ce sont 80 qui sont inutilisés, contre 75 début août. Leur nombre a doublé depuis avril, atteignant un nouveau record. Les choses ne vont pas s'arranger car d'autres navires seront remplacés à la fin de leur contrat par des unités plus proches des nouvelles dimensions du canal de Panama. Les taux se situent déjà sous les 5.000 dollars par jour pour certains contrats récents. Selon le consultant, un rythme beaucoup plus élevé de démantèlements sera nécessaire pour que les taux d'affrètement commencent à remonter sur ce segment de taille.
Au contraire, la situation s'améliore dans la catégorie des 3.000 à 3.800 EVP. Cinq navires restent désarmés, soient deux de moins que début août. Pour autant, les taux d'affrètement restent déprimés et dans une tendance baissière, "principalement à cause de la disponibilité de panamax classiques très bon marché", explique Alphaliner. Et les efforts des offreurs paraissent vains dans cette tranche de taille : "Si les propriétaires essayaient d'augmenter les taux pour les 3.500 EVP, les affréteurs réagiraient en alignant des navires panamax de 4.000 EVP et plus", croit savoir le consultant. Les tarifs rapportés récemment oscillent entre 5.300 et 6.000 dollars par jour.
La surcapacité reste importante dans les deux segments suivants, les 2.700 à 2.900 EVP et les 2.000 à 2.700 EVP, avec un marché atone. Les tarifs se situent autour des 6.000 dollars pour la première avec 13 navires disponibles pour affrètement au voyage. Concernant la seconde, avec 27 navires sans client, les prix atteignent 6.000 à 6.700 dollars grâce au lancement par Great Southern Shipping d'une ligne Chine-Australie qui emploiera cinq navires pour une période de six mois.
La tranche 1.500 à 1.900 EVP est en baisse avec encore 21 navires sans affectation, soit un de plus que début août. Pourtant, les contrats d'affrètement se signent encore entre 6.750 et 7.000 dollars selon les données d'Alphaliner. Pour la catégorie de 1.000 à 1.200 EVP, la surcapacité se réduit mais elle existe toujours (17 unités désarmées contre 21 début août), ce qui maintient les prix à un faible niveau, même s'ils restent supérieurs à bien d'autres : de 6.100 à 7.000 dollars, voire 7.500 pour une durée de quatre à six mois.
Enfin, sous les 1.000 EVP, la demande est faible, autant sur les marchés atlantique qu'asiatique. Pour autant, Alphaliner a vu se conclure des charte-parties à 6.000 dollars par jour et même à 8.000 pour un engagement de douze mois.

Franck André

Vendredi 19 Août 2016



Lu 1055 fois



Dans la même rubrique :
< >

Mardi 6 Décembre 2016 - 14:49 L’AMCF présente sa feuille de route


     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse