Logistique Intermarché : 447 suppressions de postes



Selon les syndicats, le plan devrait se traduire par la disparition d'au moins 600 emplois chez ITM LAI © CGT Intermarché
Selon les syndicats, le plan devrait se traduire par la disparition d'au moins 600 emplois chez ITM LAI © CGT Intermarché
Intermarché (Groupement des Mousquetaires) a présenté mardi 12 mai aux représentants du personnel les impacts sociaux du plan de transformation de sa filiale logistique, annonçant 447 suppressions de postes d'ici 2018, un chiffre sous-estimé selon les syndicats pour qui le plan devrait se traduire par la disparition d'au moins 600 emplois. La direction a précisé que ce plan présenté lors d'un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire et qui comprend la fermeture de six bases logistiques, vise à "assurer la pérennité de (sa filiale) ITM LAI dans un contexte économique ultra-concurrentiel". Outre les 447 suppressions d'emplois prévues, la direction annonce que 401 salariés se verront proposer une mutation, tandis que 241 créations de postes sont projetées dans les nouvelles bases mixtes (frais et sec). Ce qui aboutit à la suppression nette d'au moins 600 postes, ont calculé les syndicats, car nombre de salariés ne pourront accepter des mutations dans des bases logistiques distantes d'une centaine de kilomètres de leur domicile. Ils en veulent pour preuve le résultat des premières phases de ce vaste plan de transformation logistique lancé en 2012 dont les annonces actuelles constituent le troisième volet. Quand la base de Narbonne "a fermé fin 2014 pour être transférée à Béziers, sur 215 personnes, 105 n’ont pas suivi", a rappelé Martine Cour, représentante syndicale CGT.
Le détail des bases logistiques concernées par cette phase 3 avait été annoncé mi-avril. Il s'agit des bases de Rostrenen (Côtes-d'Armor), Saint-Gérand (Morbihan), Levet (Cher), Avermes (Allier), Magny-le-Désert (Orne) et Mellac (Finistère). Ces fermetures seront assorties de la création de trois nouvelles bases à Neulliac (Morbihan), Erbrée (Ille-et-Vilaine) et Bourges (Cher).

Mutation ?

Pour Mickaël Aumoitte, représentant syndical CFDT, "la direction fait un distinguo entre suppressions et propositions de mutation. Mais comment peut-on parler de mutation sachant que les collègues sont au smic, qu'ils ont pour la plupart une maison avec un emprunt sur le dos, que le conjoint travaille et que les postes qu'on leur propose sont à plus de 100 km ?" La CFDT veut donc que des moyens "substantiels" soient donnés aux salariés qui "pourraient être amenés à accepter" une mutation. "Il n'y a rien de changé, on nous coince dans un calendrier (de négociations) très court", a déploré Martine Cour (CGT). La direction précise de son côté que des mesures d'accompagnement seront mises en place afin de "réduire" le chiffre prévisionnel des suppressions de postes. Sont notamment prévus, d'ici 2018, "trois ans d'accompagnement, auxquels s'ajoute un an de congés de reclassement", un budget "conséquent" pour les formations et l'appui d'un cabinet de reclassement "ayant des obligations de résultats". La direction souligne aussi qu'elle mettra tout en œuvre pour "trouver des solutions de revitalisation aux sites impactés par ces transferts". Le groupe explique que l'efficacité d'ITM LAI a été fragilisée par un "parc logistique vieillissant" et des "normes de sécurité de plus en plus drastiques". Selon la CFDT, l'ensemble du plan de réorganisation va coûter "plus d'un milliard d'euros sous forme d'investissements pour les nouvelles bases" mixtes, "pour partie ou en totalité automatisées et mécanisées", qui nécessiteront moins de main d'œuvre. Le groupe a réalisé des ventes totales de 40,1 milliards d'euros en 2014 avec notamment une progression de l'alimentaire de 1,7 % (magasins sous enseigne Intermarché). Début avril, l'approvisionnement de "plusieurs centaines" de magasins Intermarché avait été perturbé par une grève contre cette réorganisation dans plusieurs bases. La CFDT n'a pas exclu de nouveaux mouvements dans les bases promises à la fermeture. ITM LAI compte aujourd'hui 35 bases logistiques et 8 établissements régionaux de transport, selon la direction.

Sabine Pradella

Mercredi 13 Mai 2015



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