Louis Dreyfus Armateurs veut récupérer le trafic transmanche


Louis Dreyfus Armateurs a précisé sa proposition dans le cadre de la cessation d'activité de SeaFrance. Il souhaite embaucher 300 personnes pour reprendre l'activité de la compagnie liquidée, mais pas sa flotte.


© MANUEL DHONDT
© MANUEL DHONDT
Philippe Louis-Dreyfus, président de Louis Dreyfus Armateurs a confirmé qu'il prévoyait d'embaucher 300 personnes pour "relancer une activité" sur la ligne Calais-Douvres à la place de la compagnie transmanche, sans reprendre ses navires. "Notre projet n'est pas de reprendre SeaFrance, notre projet est de relancer une activité sur la ligne entre Calais et Douvres avec des navires qui seront les nôtres dans un premier temps et le recrutement de 300 personnes", a-t-il expliqué.

Imposer sa manière

Philippe Louis-Dreyfus a précisé qu'en cas d'aboutissement du projet, "les navigants et le personnel non-navigants seront français, sur des navires français, et les conditions de travail seront celles qui sont dans le groupe Louis Dreyfus depuis toujours". Pour lui, ces conditions s'apparentent à celles d'un "emploi à vie", bien qu'elles soient "moins avantageuses" que celles qui étaient en vigueur à SeaFrance. À propos de la population visée par cette proposition, il a annoncé que seraient concernés "les marins et les personnels qui nous enverront leurs CV et nous les reprendrons en fonction de leurs compétences et de leurs qualités spécifiques". Les anciens salariés de SeaFrance devraient représenter "à peu près les trois-quarts" des 300 embauches prévues par LDA, selon le ministre des Transports Thierry Mariani.

"Un projet industriel, pas de la gesticulation politique ou médiatique"

Face aux critiques qui l'accusent de vouloir reprendre à bas prix les bateaux SeaFrance pour renforcer d'autres lignes, Philippe Louis-Dreyfus a affirmé avoir "une véritable envie de développer le transmanche". "Cette ligne Calais-Douvres c'est un projet industriel, ce n'est pas de la gesticulation politique ou médiatique", et cette ligne "peut être rentable" dans les conditions que nous imposerons", a-t-il estimé. "Nous ne reprenons pas les navires de SeaFrance. Peut-être que la question se reposera dans quelques mois mais, pour l'instant, ce n'est pas le cas. Nous avons nos propres navires, la flotte de DFDS et le marché". LDA "ne compte pas demander d'aides publiques", mais est déjà entré dans "la phase business" de son projet, en nouant des contacts avec la ville de Calais et le liquidateur notamment, a précisé son président.
Enfin Philippe Louis-Dreyfus a annoncé qu'il allait attaquer en diffamation le PDG d'Eurotunnel Jacques Gounon pour ses propos tenus dans «Libération» le 9 janvier. "Je ne lui laisse pas le choix de nous insulter comme il l'a fait dans la presse en disant que nous ne respections pas nos engagements. C'était un mensonge total".

190 millions d'euros de dettes

Le mandataire judiciaire chargé de la liquidation de SeaFrance, Stéphane Gorrias, a évalué les dettes de la compagnie liquidée le 9 janvier à 190 millions d'euros. Selon lui, 170 millions d'euros sont exigibles par la SNCF, maison mère de SeaFrance, dont "70 millions" versés en avril 2010 pour regarnir la trésorerie de la compagnie maritime lors d'un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE). Les vingt millions restants sont dus "à des tiers", dont les chantiers navals Arno, à Dunkerque.
L'une des missions du mandataire judiciaire consistera à "vendre les actifs de la société dans des conditions acceptables pour les créanciers". Les principaux actifs de SeaFrance sont ses trois navires dont deux, le "Berlioz" et le "Rodin", ont une valeur estimée chacun entre 50 et 70 millions d'euros, selon Stéphane Gorrias. Le quatrième navire, le "Molière", propriété de banquiers regroupés au sein d'une société en nom collectif (SNC), est détenu en crédit-bail.

AFP

Mercredi 11 Janvier 2012





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