Maersk en eaux troubles au premier trimestre 2016


Le groupe maritime et pétrolier danois A.P. Møller-Mærsk a enregistré au premier trimestre 2016 un bénéfice net réduit à la portion congrue. La baisse du prix du baril et l'érosion constante des taux de fret dans le secteur de la ligne régulière sont les deux facteurs principaux de ces mauvais résultats.


La fablesse du marché a fait du mal ) APM Terminals et à Maersk Line © Maersk
La fablesse du marché a fait du mal ) APM Terminals et à Maersk Line © Maersk
Pour six de ses huit filiales bénéficiaires, le bénéfice net du groupe A.P. Møller-Mærsk a chuté de 86 % à 214 millions de dollars, et le chiffre d'affaires a reculé de 19 % à 8,54 milliards.
Une chute par rapport au premier trimestre de 2014 due à l'ensemble des filiales à l'exception de Maersk Drilling, Maersk Tankers, de Damco ainsi que Svitzer qui s'est maintenue au même niveau.
"Bien que le bénéfice reste mis à l'épreuve par la conjoncture, le groupe Maersk continue à connaître de bonnes performances opérationnelles grâce à ses programmes de réductions des coûts et d'optimisation", a commenté l'entreprise.

"Les taux de fret et le prix du pétrole sont restés déprimés et volatils"


"Dans une conjoncture demeurant difficile, nous sommes parvenus à réajuster nos frais d'exploitation aux nouvelles conditions du marché et maintenir nos performances.(...) Nous avons achevé le programme d'acquisitions prévu pour nos filiales APM Terminals et Maersk Oil. Nous avons pu également maintenir nos positions dans la ligne régulière avec Maersk Line", a indiqué le PDG du groupe Nils S. Andersen.
"Les taux de fret et le prix du pétrole sont restés déprimés et volatils au premier trimestre du fait de la persistance d'importants déséquilibres entre l'offre et la demande", a ajouté la direction du groupe.

Recul pour APM Terminals

Dans le transport conteneurisé, où Maersk Line demeure le numéro un mondial depuis de nombreuses années, l'armateur a enregistré des bénéfices nets hors éléments exceptionnels de 32 millions de dollars.
Selon la direction du groupe danois, la croissance du trafic mondial ne s'est élevée qu'à 1 %. Une tendance qu'elle explique par "un ralentissement des économies émergentes dû à la faiblesse des cours des matières premières et à des difficultés économiques structurelles". Quant à l'Europe, "elle est aussi restée en petite forme".
L'armateur explique la poursuite du déclin des taux de fret par la faiblesse des prix du combustible et la détérioration des conditions du marché. À Copenhague, on a constaté également l'érosion des prix sur tous les marchés (Europe, Amérique du Nord et Amérique Latine). Les taux de fret ont généré un chiffre d'affaires de 4,5 milliards de dollars (contre 5,6 milliards en 2014).
La faiblesse de la demande, notamment en Europe, le ralentissement de la croissance en Chine, et le bas niveau du prix du baril ont eu un impact négatif sur APM Terminals. Cette filiale, solidement implantée en Amérique Latine et en Afrique de l'Ouest, a assisté à un recul de son activité. Elle a été pénalisée par la faible croissance du transport maritime conteneurisé (estimée à 1,4 % par le consultant britannique Drewry) au premier trimestre.
Dans le pétrole, Maersk Oil a perdu de l'argent vu les cours du brut au premier trimestre. Mais "une réduction du niveau de coûts a ramené le point mort entre 40 et 45 dollars le baril contre 45 à 55 dollars auparavant", s'est félicitée cette filiale.
Ces coûts (hors exploration) ont été diminués de 21 % en un an, alors que le groupe s'était fixé un objectif de - 20 % entre 2014 et 2016.

Prévisions annuelles inférieures à 2015

A.P. Møller-Maersk a maintenu sa prévision pour 2016 d'un "résultat hors éléments exceptionnels nettement inférieur" à celui de 2015 car Maersk Line ne s'attend pas une remontée des taux de fret dans le conteneur d'ici la fin de l'année. Dans le secteur de la ligne régulière, la filiale évalue la croissance de la demande de transport entre 1 et 3 % seulement.
Maersk Oil table sur une réévaluation des subventions pour l'extraction du pétrole et une baisse des coûts d'exploration par rapport à 2015.
Enfin, APM Terminals s'attend cette année à une baisse de son résultat en raison de la chute de la demande dans les pays pétroliers émergents.

Vincent Calabrèse

Lundi 9 Mai 2016



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