Maersk exhorte l'Iran à relâcher l'équipage du "Tigris"


Le numéro un mondial du transport maritime conteneurisé, Maersk, a exhorté l'Iran jeudi 30 avril à relâcher l'équipage du "Maersk Tigris", navire saisi par les Gardiens de la révolution dans le cadre d'un litige privé vieux de dix ans.


© Maersk
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"Nous insistons pour demander que l'équipage et le navire soient relâchés dès que possible. L'équipage n'est pas salarié de Maersk Line, et le navire n'appartient pas à Maersk Line non plus", a affirmé la société danoise. "Le "Maersk Tigris" et son équipage ne sont par conséquent concernés d'aucune manière par l'affaire, qui est semble-t-il la raison de sa saisie", a-t-elle ajouté. Le "Maersk Tigris", qui bat pavillon des îles Marshall, et avec à son bord vingt-quatre membres d'équipage, a été intercepté mardi 28 avril par l'armée d'élite du régime de Téhéran dans le Golfe, région sensible et fortement militarisée. D'après la télévision d'État iranienne, les vingt-quatre membres de l'équipage viennent de Bulgarie, dont le commandant, de Birmanie, de Roumanie et de Grande-Bretagne.
Mais Maersk, poursuivi par l'entreprise iranienne Pars Talayieh Oil Product, estime que le navire saisi n'a rien à voir : exploité par Rickmers Shipmanagement, il effectuait seulement une liaison commercialisée par Maersk Line. Maersk a rapporté que l'Autorité des ports iraniens avait clarifié le litige mercredi 29 avril. Il concerne dix conteneurs envoyés à Dubaï en janvier 2005. "Les conteneurs n'avaient jamais été récupérés par le destinataire ni personne d'autre. Après 90 jours et conformément à la loi en vigueur aux Émirats arabes unis, la cargaison avait été détruite", a justifié Maersk. Il aurait perdu un appel, le forçant à payer 3,6 millions de dollars de dommages et intérêts.

"Le navire arraisonné dans le Golfe à cause d'un ancien litige financier"


L'arraisonnement du "Maersk Tigris" mardi 28 avril par l'Iran est le résultat d'une ancienne plainte en dommages et intérêts déposée par une société iranienne, a indiqué mercredi 29 avril l'Organisation des ports et des affaires maritimes. L'opération a été menée dans le Golfe à la suite "d'un jugement basé sur une plainte de la société iranienne Pars Talayieh Oil Product" qui demandait un dédommagement financier à Maersk, a précisé l'Organisation. "Cette plainte a été traitée par des tribunaux ces dernières années et la cour compétente a émis ce jugement à l'issue d'une procédure complète", après avoir entendu les deux parties, a ajouté l'Organisation.
"Cette action a été menée dans le cadre des règles et lois de la République islamique et conformément aux règles internationales", a déclaré pour sa part Marzieh Afkham, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. "Nous espérons qu'après le règlement du contentieux financier, le navire pourra reprendre sa route", a-t-elle ajouté. Elle a également affirmé que "les vingt-quatre membres d'équipage étaient en bonne santé" et qu'il n'y avait "pas de restriction pour des services consulaires" en ce qui les concerne.
En octobre 2012, Maersk avait annoncé avoir cessé ses activités depuis et vers l'Iran après la mise en place de sanctions occidentales, notamment un embargo financier pétrolier, contre ce pays en raison de son programme nucléaire controversé. L'Organisation des ports a souligné que cette affaire était purement commerciale et n'avait pas de lien avec la politique.
Le "Maersk Tigris" venait de Jeddah (Arabie saoudite) et se dirigeait vers Jebel Ali à Dubaï, selon le site Marinetraffic.com. Il a été dirigé vers le port Shahid-Bahonar, près de Bandar Abbas, où il a été mis sous séquestre. Le navire "est désormais sous la garde de l'Autorité judiciaire et sa libération ne sera possible que par une décision judiciaire", a précisé l'Organisation des ports. Le porte-conteneurs est exploité par la société Rickmers management, sous les couleurs du géant du transport maritime Maersk. Le navire "n'appartient pas à Maersk et son équipage n'est pas employé par Maersk", a précisé un porte-parole du groupe danois. Lors de son interception, le navire se trouvait sur une route maritime utilisée par les navires commerciaux, dans les eaux territoriales iraniennes, ont indiqué des responsables américains. Selon la loi maritime en vigueur, les navires commerciaux ont le droit de traverser les eaux iraniennes en application du principe du "droit de passage inoffensif".

Des navires iraniens ont "harcelé"le "Maersk Kensington"

Des bateaux militaires iraniens ont "harcelé" vendredi 24 avril un porte-conteneurs battant pavillon américain dans le golfe Persique, le "Maersk Kensington", a révélé mercredi 29 avril le Pentagone au lendemain de l'arraisonnement du "Maersk Tigris". Le 24 avril, "quatre patrouilleurs iraniens sont venus à l'arrière du "Maersk Kensington", et l'ont suivi pendant à peu près 15 à 20 minutes, dans une action interprétée comme agressive par le commandant du "Maersk Kensington"", a déclaré le colonel Warren, porte-parole du Pentagone. Le commandant du porte-conteneurs a prévenu la Marine américaine après l'incident, et "il n'y a pas eu d'implication militaire américaine", a précisé le porte-parole. Les États-Unis appellent l'Iran à "respecter toutes les règles internationales sur la liberté de navigation et tous les protocoles établis" en la matière, a-t-il souligné.

AFP

Jeudi 30 Avril 2015



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