Malgré les embûches, le nouveau canal de Panama ouvrira en 2016


Des conflits sociaux, des litiges financiers et maintenant, des fissures : le pharaonique chantier pour élargir le canal de Panama a connu bien des difficultés depuis 2007, mais ses promoteurs assurent qu'il sera enfin terminé dans six mois.


© Sacyr
© Sacyr
"Les travaux sont entrés dans la phase de compte à rebours", affirme le Groupement unis pour le canal (GUPC), consortium en charge de l'essentiel des travaux. Selon le GUPC, qui regroupe les groupes espagnol Sacyr, italien Salini Impregilio, belge Jan de Nul et panaméen Constructora Urbana, "95 % du chantier est terminé et les tests sur les structures et les systèmes installés ont donné des résultats excellents dans tous les domaines".
Le message se veut rassurant, après un énième soubresaut dans le plus grand chantier d’ingénierie au monde : l'apparition, révélée dans une vidéo apparemment tournée par des ouvriers, de fissures sur un mur d'une des nouvelles écluses, côté Pacifique. Cette découverte avait fait craindre le pire pour ce projet qui compte déjà un an et demi de retard. Mais le GUPC minimise l'incident, affirmant que les fissures seront comblées avec "un type spécial d'acier".
Le consortium "s'est engagé à répondre à l'ensemble des exigences du contrat" et à livrer la nouvelle voie "en avril 2016", rappelle Jorge Quijano, l'administrateur du canal. Tout une série de "tests sera effectuée durant au moins trois mois, avant de pouvoir passer aux ultimes essais impliquant la navigation de navires", a-t-il précisé. "D'un point de vue technique, ces fissures ne doivent pas retarder la livraison des nouvelles écluses", assure Olmedo Garcia, directeur de l'Institut du canal de Panama, qui dépend de l'université nationale, précisant qu'"une commission indépendante a effectué une révision et a conclu que ce n'était pas si grave".

"Ses nouvelles écluses seront fiables durant 100 ans"


Ce nouvel incident survient toutefois dans le cadre de travaux, débutés en 2007, qui ont depuis longtemps raté le rendez-vous initial d'une inauguration en 2014, censée coïncider avec le centenaire du célèbre canal. Miné par les conflits sociaux et financiers, le chantier a explosé son budget de départ, de 5,25 milliards de dollars. Le GUPC veut facturer les importants surcoûts, qu'il estime à au moins 2,39 milliards de dollars (environ 2 milliards d'euros), à l'Autorité du canal de Panama (ACP). La dispute a conduit au blocage des travaux pendant 15 jours en 2014 et fait désormais l'objet d'une procédure d’arbitrage international.
En août 2015, un appel à la grève des ouvriers, qui faisait suite à de précédents arrêts de travail, a lui fait planer un nouveau risque de retard sur le chantier, poussant le GUPC à concéder une augmentation des salaires pour éviter la paralysie du projet. "Au total, ce sont près de 100 millions d'heures de travail qui ont été réalisées jusqu'ici", précise le consortium chargé des travaux.
Depuis son inauguration il y a un siècle, plus d'un million de navires ont croisé dans les eaux du canal de Panama, projet lancé par des Français puis repris par les États-Unis, qui en ont gardé la propriété jusqu'à sa rétrocession au Panama en 1999. Avant même son élargissement, le canal a battu son record de marchandises transportées, avec 340 millions de tonnes entre octobre 2014 et septembre 2015, a indiqué jeudi 8 octobre Jorge Quijano, et des revenus proches du record historique, à 2,61 milliards de dollars. Aujourd'hui 5 % du commerce maritime mondial transite par ce canal, long de 80 kilomètres.
Ses nouvelles écluses seront "fiables durant 100 ans", un engagement stipulé dans le contrat selon Olmedo Garcia. Djurdjica Kuntich, présidente de la Société panaméenne d'ingénieurs et architectes, souligne que c'est la responsabilité du consortium de "garantir que ce projet dure le temps prévu dans le contrat". Agrandir le canal est essentiel pour le pays centraméricain, car cela permettra le passage de navires dits post-panamax transportant jusqu'à 14.000 conteneurs, le triple de la capacité actuelle. De quoi offrir d'importants revenus supplémentaires à l'État, qui en tire déjà 1 milliard de dollars par an, soit 10 % de ses recettes fiscales, un chiffre qu'il espère bien tripler dès 2025.

Juan José Rodríguez

Vendredi 9 Octobre 2015



Lu 256 fois



Dans la même rubrique :
< >

Mardi 6 Décembre 2016 - 14:49 L’AMCF présente sa feuille de route


     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse