Malgré un abondant carnet de commandes, STX peine à recruter à Saint-Nazaire


Entreprises des chantiers navals recherchent chaudronniers, soudeurs, tuyauteurs... Dotés d'un abondant carnet de commandes pour les dix prochaines années, STX à Saint-Nazaire et ses sous-traitants recrutent mais peinent à trouver de la main-d'œuvre qualifiée sur certains métiers.


© MSC
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Avec quatorze paquebots à construire d'ici 2026, à raison d'un par an à l'heure actuelle, et de deux par an dès 2018, STX France "a des besoins assez importants tout de suite et va continuer à en avoir", déclare Serge Bourdon, directeur des ressources humaines du constructeur naval, qui emploie 2.600 salariés et fait travailler environ 5.000 employés d'entreprises sous-traitantes. Après avoir effectué près de 650 recrutements en CDI depuis janvier 2013, dont plus de 250 ces neuf derniers mois, STX cherche toujours à pourvoir "150 postes" à durée indéterminée avant la fin de l'année, avec "plus de difficultés sur les postes d'ouvriers et un peu sur ceux d'agents de maîtrise", explique le DRH. La pénurie de main-d'œuvre est particulièrement lourde pour les chaudronniers (ou charpentiers métaux) et les soudeurs, deux métiers souffrant d'une mauvaise image - le second n'est d'ailleurs plus enseigné en CAP depuis 1988 - et pour lesquels le marché de l'emploi "est complètement asséché en France", souligne Serge Bourdon.
"J'avais 200 chaudronniers en recherche d'emploi il y a deux ans ; aujourd'hui je n'en ai plus et c'est le métier le plus recherché dans l'industrie sur le territoire", confirme Béatrice Rouillé, chargée de coordination industrie chez Pôle emploi en Loire-Atlantique. "On lance des formations, plus de 500 personnes ont été formées par Pôle emploi cette année juste à Saint-Nazaire sur les métiers de la navale et de l'industrie. Mais ça prend du temps : pour un chaudronnier, c'est dix à douze mois, et nous manquons de candidats", souligne Béatrice Rouillé. Et si "des difficultés commencent à poindre, c'est qu'on est sollicité de partout", insiste-t-elle. Outre la construction navale, l'aéronautique - notamment avec l'usine Airbus - et les énergies marines renouvelables recrutent en ce moment sur le bassin nazairien, où le nombre de demandeurs d'emploi en catégorie A reste important, même s'il est tombé fin mars à 8,9 contre 9,3 % fin 2015.

Manpower recherche 200 professionnels

"Vu la conjoncture nationale, peu de secteurs d'activité peuvent se prévaloir d'avoir dix ans de boulot devant eux. Mais la navale, ce n'est pas forcément ce qui séduit le plus les jeunes", constate Donatien Boudaud, directeur de l'agence Randstad de Saint-Nazaire. "Ce sont des travaux en équipe qui peuvent être salissants, bruyants, mais avec une valeur ajoutée et des politiques de rémunération correctes", met-il en avant. Pour trouver et convaincre la perle rare, les agences d'intérim de Saint-Nazaire communiquent tous azimuts. Manpower, qui recherche 200 professionnels dans la navale, organisait ce jeudi 29 septembre une journée portes ouvertes pour présenter les métiers du secteur, du charpentier fer au tuyauteur, en passant par le serrurier ou le tôlier bord, dans son agence de Saint-Nazaire, sise tout près des chantiers navals.
Forums et salons de l'emploi, présence sur les réseaux sociaux, "sourcing" (recrutement) national... Malgré tout cela, "cette pénurie, c'est ahurissant !", s'exclame Édith Robin, directrice de l'agence Adecco. "C'est frustrant quand on voit le paquet de commandes. On en est rendu à faire du parrainage, à appeler les anciens élèves des lycées professionnels. Il faut être inventif et être partout", affirme-t-elle. Créatif, STX a également dû l'être pour combler ses besoins de recrutement et "fait feu de tout bois" pour trouver de la main-d'œuvre qualifiée, assure son directeur des ressources humaines. Aidé par les retombées médiatiques autour de la construction du plus gros paquebot du monde, qui a quitté Saint-Nazaire mi-mai, le chantier naval s'est lancé dans les "job datings", dans le mini-spot publicitaire ou dans la mise en ligne d'annonces sur Le Bon coin, détaille Serge Bourdon.

Anne-Sophie Lasserre

Jeudi 29 Septembre 2016



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