Manuel Valls a donné son soutien au canal Seine-Nord


Manuel Valls a annoncé vendredi 26 septembre à Arras son engagement ferme en faveur du canal Seine-Nord, projet si souvent reporté, devenu un modèle d'investissement pour le gouvernement, en vue de relancer une économie en panne, avec, en prime, un rare consensus.


© VNF
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Manuel Valls a donné son soutien au projet de canal Seine-Nord. Y voyant aussi bien un "beau projet fédérateur pour la nouvelle grande région Nord-Pas-de-Calais-Picardie" prévue par sa réforme territoriale, qu'un exemple de la "relance des investissements" qu'il préconise aussi bien pour la France que pour l'UE, le Premier ministre a confirmé "la détermination de son gouvernement à remettre un dossier de demande de subvention" à la Commission européenne. Bruxelles a promis de financer à hauteur de 40 % ce projet, évalué par Manuel Valls à quelque 4,5 à 4,8 milliards d'euros, et réclamé depuis des décennies par les régions concernées au premier chef, le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie. Il s'agit de relier la Seine à l'Escaut par un canal à grand gabarit, d'où la dimension transfrontalière du projet, même si le cœur du chantier concerne 106 km entre l'Oise et le Nord.
Politiques, chefs d'entreprise et dirigeants de Chambres de commerce appelaient depuis des années de leurs vœux l'ouverture du chantier du canal qui permettrait la navigation de barges de 4.400 tonnes et 185 mètres de long, avec à la clé la création potentielle de milliers d'emplois. "Ce canal est un enjeu économique décisif", a martelé le Premier ministre devant les élus du Pas-de-Calais. Il a cité "12.000 à 14.000 emplois directs et indirects pour la construction de cet ouvrage". L'"objectif" est que le chantier commence en 2017 et s'achève en 2023, a indiqué Manuel Valls. "C'est une opportunité exceptionnelle que nous devons saisir. C'est pour cela que la France sera au rendez-vous", a-t-il lancé. "Il faut évidemment des grands projets qui permettent de regarder l'avenir avec plus d'optimisme", a-t-il plaidé.

"Montage financier à mettre au point"


Outre l'enjeu économique, fondamental, "un tel canal c'est la réponse essentielle pour le développement durable, car l'aspect écologique du projet sera également très important" pour le Nord de la France, a-t-il également observé. Selon lui, "il constitue une réponse pertinente pour désaturer l'A1 qui accueille un trafic de poids lourds croissant", et réduire la pollution. Le projet d'origine conçu comme un partenariat public-privé d'un montant évalué à 7 milliards d'euros a été abandonné et "reconfiguré" de manière à être finançable, comme préconisé dans un rapport remis au gouvernement le 11 décembre par le député du Nord, Rémi Pauvros (PS).
Outre la part couverte par l'UE, de quelque 2 milliards d'euros, le montage définitif reste à mettre au point. L'État s'engagerait à hauteur de 1 milliard de même que les collectivités locales de Picardie, Île-de-France et Nord-Pas-de-Calais. Le solde d'environ 500 millions d'euros serait apporté par des prêts longue durée (quarante ans) et à très bas taux d'intérêt. Les intérêts privés - céréaliers notamment - contribueraient aussi en finançant certains travaux sur les plateformes multimodales. D'autres industries étaient fortement demandeuses - automobile, distribution, logistique et recyclage.
Rémi Pauvros a été chargé vendredi 26 septembre par Manuel Valls d'une nouvelle mission pour assurer "le lien avec les collectivités locales" durant la prochaine phase . Paris a jusqu'à février pour déposer son dossier à Bruxelles, l'étude d'intérêt public modificative devant ensuite être lancée à l'été 2015. L'annonce a été accueillie avec enthousiasme par les élus, toutes tendances politiques confondues, à l'exception d'EELV. Les têtes d'affiche socialistes de la région ont été particulièrement éloquentes. Martine Aubry, la maire de Lille, y voit un "facteur d'un développement extraordinaire pour la région et l'Eurométropole" autour de sa ville. Un de ses proches, Pierre de Saintignon, candidat à la présidence de la région, a assuré que ce "sera un moteur essentiel de notre développement et de notre avenir". L'ancien ministre des Transports Frédéric Cuvillier, député-maire PS de Boulogne-sur-Mer, qui a joué un rôle dans la relance du projet, et le ministre de la Ville, Patrick Kanner, qui en tant que président du Conseil général du Nord l'avait aussi appuyé, ont également applaudi.

Marc Préel et Pascal Mallet

Lundi 29 Septembre 2014



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