Marseille-Fos : "On compte faire mieux en 2016 qu'en 2015"


Avec 60,14 millions de tonnes, l'activité du port de Marseille-Fos a affiché une certaine stabilité au cours des trois premiers trimestres de l'année par rapport à la même période de 2015. Malgré un recul des vracs solides dû à la crise de l'acier, Christine Cabau-Woehrel, la présidente du Directoire du Grand Port maritime de Marseille, reste optimiste quant aux autres filières d'ici la fin de l'année.


© Franck ANDRÉ
© Franck ANDRÉ
À fin septembre, "certaines filières ont connu une hausse confortable, d'autres ont connu une baisse", avait constaté globalement Christine Cabau-Woehrel, la directrice générale du Grand Port maritime de Marseille (GPMM). Elle confirme que le retrait est dû à "la faible activité dans le secteur de la sidérurgie qui s'est concentrée au cours du premier semestre".

Christine Cabau-Woehrel, présidente du Directoire du Grand Port maritime de Marseille (GPMM) © Vincent Calabrèse
Christine Cabau-Woehrel, présidente du Directoire du Grand Port maritime de Marseille (GPMM) © Vincent Calabrèse
À ses yeux, les principales causes de ce recul (15 %, 6,4 millions de tonnes) sont les pannes survenues chez ArcelorMittal à Fos et la crise de l'acier en Europe. "Il faut attendre les effet bénéfiques des résolutions prises à Bruxelles", espère-t-elle.
"Tous les autres indicateurs sont au vert", se félicite-telle. Les vracs liquides ont achevé les trois premiers trimestres sur un trafic en hausse de 1 % (36,8 millions de tonnes). À 34 millions de tonnes, les hydrocarbures ont affiché une progression de 1 %. Globalement, la filière a souffert de la baisse de 9 % du GPL (1,5 million de tonnes) et de 5 % des produits raffinés (9,1 millions de tonnes) mais elle a été soutenue par le GNL. Un trafic a marqué un rebond de 31 % qui lui a permis d'atteindre 4 millions de tonnes.
La dirigeante du GPMM espère que ce rebond exceptionnel deviendra une tendance de fond.

À part les vracs solides, tous les indicateurs sont au vert

À 13,9 millions de tonnes, les marchandises diverses ont connu pendant cette période une progression de 3 % par rapport aux neuf premiers mois de 2015. Une hausse que la direction du GPMM attribue à celle du conteneur tous bassins confondus (+ 4 %, 957.000 EVP).
L'augmentation est à nouveau portée par celle de 6 % sur les terminaux de Fos, souligne la directrice générale de l'établissement portuaire, ajoutant que les bassins Est ont fini "par rattraper leur retard puisqu'ils avaient mal commencé l'année".
Elle estime que, dans un contexte de morosité qui sévit dans le secteur de la ligne régulière, où de nombreux ports européens voient leur trafic conteneurisé en recul, "ces chiffres sont la preuve que Marseille-Fos continue de regagner des parts de marché".

"Marseille-Fos est un port de marché"


Elle a également relevé la bonne tenue du roulier qui a progressé de 5 %, à 3 millions de tonnes, soit 135.000 remorques (+ 3 %) et un rebond de 5,8 % des véhicules neufs (130.600 unités). En revanche, le port phocéen a subi un recul de 9 % du conventionnel (1,6 million de tonnes).
Au cours des trois trimestres, le nombre de passagers s'est élevé à plus de 2 millions. Une hausse de 4 % à fin septembre qui est restée portée par la croisière ayant augmenté de 8 % (1,189 million de passagers). En revanche, la ligne régulière a reculé de 1 % avec 903.000 passagers. "La tendance est au vert. L'activité croisière est bonne. Le trafic corse se rattrape et l'Algérie a connu une bonne saison", a commenté Christine Cabau-Woehrel.
Pour l'année 2016, la présidente du directoire reste prudente. "On compte faire mieux que 2015 mais la question est posée pour les vracs solides".
"Nous sommes dans un schéma de reconquête des parts de marché", se dit convaincue la directrice générale du GPMM. "Nous en avons capté en Rhône-Alpes", explique-t-elle, prévoyant de nouveaux volumes avec la Suisse dès la concrétisation du projet de navette ferroviaire avec Genève. À cet égard, elle regrette que les opérateurs se montrent encore "frileux".
Toujours en matière de pré et post-acheminements, elle indique que des ateliers ferroviaires se tiennent sur le modèle de ceux ayant été organisés dans le mode fluvial. "La démarche est identique. Elle vise à lever les freins qui subsistent encore dans le rail".
Le port phocéen poursuit sa politique visant à favoriser le report modal. En matière de pré et post-acheminements, elle souligne : "Le Grand Port maritime a lancé des réflexions pour faciliter les opérations de chargement et de déchargement. Ces opérations permettent de faciliter le report modal".
Et d'ajouter qu'une convention avec la SNCF a été signée pour l'amélioration du réseau ferré portuaire. Cette année, 7,1 km de voie ont été rénovés. Pour 2017, le GPMM prévoit d'investir une enveloppe de 7 millions d'euros pour tripler le nombre de circulations quotidiennes à Fos. Celui-ci passera de 21 à 65 par jour.
Interrogée sur sa vision du port de Marseille-Fos dans le cadre de la reconfiguration des grandes alliances mondiales devant entrer en vigueur en avril 2017, elle affirme "ne pas redouter l'avenir". La raison en est simple : "Marseille-Fos est un port de marché qui se situe dans l'articulation Nord-Sud. Contrairement aux ports de transbordement, les ports de marché ne peuvent pas être abandonnés par les armateurs".
Elle reste convaincue que les armateurs ne rétabliront pas une vitesse supérieure à 22 nœuds pour leurs navires et que le port phocéen a une carte à jouer vis-à-vis du Nord de l'Europe sur le modèle du "fresh food corridor", reliant Haïfa à Hambourg via Fos ("L'Antenne" du 25 mai).
Concernant les travaux de la "rotule" de Fos, la zone située entre les deux terminaux à conteneurs laissée en déshérence par le projet Fos 2XL, Christine Cabau-Woehrel indique que les études avancent. "On lancera les travaux au cours du second semestre 2017. Ils seront achevés fin 2018-début 2019". Et d'ajouter que les bons chiffres des trois premiers trimestres de l'année ont incité les manutentionnaires à investir dans des portiques qui permettront la "mutualisation des outillages et par conséquent d'augmenter la productivité sur les grands navires". La confiance retrouvée s'est traduite à ses yeux par l'ouverture de nouveaux services et de nouvelles implantations sur les zones logistiques. La présidente du directoire du port phocéen ne peut s'empêcher de rappeler l'ouverture cette année sur la zone de Fos de 32.000 m2 par le groupe GCA, 6.000 m2 par Tempo One et 2 cellules pour le compte du projet Iter. Au total, ce sont presque 70.000 m2 de superficies qui ont été remplies depuis janvier.


Vincent Calabrèse

Mercredi 19 Octobre 2016



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