Marseille-Fos instaure un système de primes pour les navires les moins polluants


Le port de Marseille-Fos va instaurer cet été un régime d'incitation pour les navires les plus vertueux du point de vue des rejets atmosphériques. Il mène d'autres réflexions en faveur de la réduction des émissions polluantes.


Le port de Marseille pense à un système de scrubbers mobiles pour les navires de croisière ©Franck André
Le port de Marseille pense à un système de scrubbers mobiles pour les navires de croisière ©Franck André
À partir du 1er juillet, une prime pour chaque escale sera octroyée par le Grand Port maritime de Marseille (GPMM) aux armateurs dont les navires auront les meilleurs rendements en termes d'émissions atmosphériques polluantes.
Dans le cadre de son adhésion au World Port Climate Initiative (WPCI), le GPMM utilisera l'Environement Ship Index (ESI) pour noter les performances des navires et récompensera les opérateurs présentant des résultats supérieurs aux exigences réglementaires.
Sur cet indice créé par le WPCI, un score de 0 correspond au strict respect des normes obligatoires et la note de 100 constitue un niveau d'émissions polluantes nul. Les émissions considérées sont celles de dioxyde de carbone (CO2), d'oxydes d'azote (Nox) et d'oxydes de soufre (Sox). D'après le WPCI, les navires les plus performants atteignent des scores de 60, hors certains méthaniers transporteurs de GNL dont les moteurs utilisent l'évaporation naturelle ou la vaporisation forcée du gaz qu'ils transportent : ceux-là peuvent être crédités d'une note de 80.
Le GPMM attribuera des primes aux navires totalisant au moins 35 points, "soit l'équivalent du bonus attribué aux navires équipés de prises électriques à bord", précise le port. Ces primes prendront la forme de remises sur les droits de port "pouvant aller jusqu'à 10 %", selon Christine Cabau-Woehrel, présidente du directoire du GPMM. Elles s'appliqueront dans un premier temps aux porte-conteneurs et aux paquebots. Sur la base des 7.469 escales de l'an dernier, 236 seraient ainsi récompensées (3 %), parmi lesquelles 60 % de porte-conteneurs.
Le GPMM se réserve la possibilité d'étendre ce régime de primes à d'autres types de navires à partir de 2018 et de relever le score minimum.
Seulement 48 ports dans le monde pratiquent une réduction des droits de port pour tout ou partie de leur trafic éligible à un score ESI, dont le GPM du Havre et Ports de Paris. Ainsi, "Marseille-Fos se hisse parmi les ports mondiaux qui encouragent leurs clients à limiter leur impact environnemental au bénéfice des riverains des ports", souligne la direction du GPMM.

Premier port "branché" de Méditerranée

Au-delà de ces incitations, Marseille-Fos affiche sa volonté d'accompagner les armateurs dans leur démarche de réduction de leur empreinte écologique. En début d'année, il est devenu le premier port en France et en Méditerranée à proposer le branchement électrique des navires à quai, pour les trois ferries et ropax de La Méridionale, qui dessert la Corse. Selon l'association locale de surveillance de la qualité de l'air (Air Paca), les rouliers et ferries sont responsables de 55 % des émissions de particules PM10 dues aux navires dans le port provençal, devant les porte-conteneurs (19 %) et les paquebots (16 %).

"Permettre aux armateurs de faire évoluer leur flotte"


Ce dispositif pourrait être étendu prochainement à d'autres activités. Les conclusions d'une étude sur le branchement des navires traités par la réparation navale industrielle (formes 8, 9 et 10) sont attendues pour octobre 2017. Corsica Linea étudie aussi cette solution : "Il n'est pas un armateur qui ne se pose ces questions", martèle Christine Cabau-Woehrel, qui s'intéresse aux autres technologies disponibles.

Bientôt le soutage au GNL

Alors qu'il attend l'arrivée progressive de cinq navires de MSC Croisières équipés de scrubbers (filtres à fumées) fixes dès la saison 2017, le port étudie "la pertinence opérationnelle et économique" de proposer un service de scrubber mobile aux paquebots en escale. Cette réflexion, menée avec le Pôle mer, doit elle aussi donner ses résultats cet automne.
Enfin, Christine Cabau-Woehrel annonce que "le port se met en position d'accueillir et d'avitailler des navires propulsés au GNL". Les ressources de la zone industrialo-portuaire de Fos lui permettent de se préparer à recevoir son premier navire au gaz naturel liquéfié en 2019. "Nous avons un rôle moteur et nous devons mettre en place les conditions pour permettre aux armateurs de faire évoluer leur flotte", justifie la directrice du GPMM.
Depuis 2015, le port marseillais fournit ses données annuelles de trafic maritime à Air Paca, dont il est partenaire depuis 2004, qui permettent de réaliser des modélisations. Comme preuve supplémentaire de son engagement, il a ajouté la semaine dernière sur son site internet la carte de mesure en temps réel de la qualité de l'air proposée par l'association.
 

40 % d'émissions de soufre en moins depuis 2012

Selon les données d'Air Paca, la transposition européenne des règlements de l'OMI (Annexe VI de la convention Marpol) ont permis une réduction de 40 % des émissions de soufre dans le port de Marseille.
Depuis janvier 2012, les carburants utilisés doivent avoir une teneur en soufre ne dépassant pas 3,5 % à l'extérieur des zones d'émissions contrôlées (Seca), contre 4,5 % auparavant. Cette teneur maximale doit passer à 0,5 % en 2020 ou 2025.
Depuis 2010, la limite est de 0,1 % pour tous les navires à quai dans les ports de l'Union européenne, cette dernière ayant surpassé les règles de l'OMI. Depuis 2006, l'UE plafonne également à 1,5 % la teneur en soufre des combustibles utilisés par les navires passagers dans ses eaux.

Franck André

Mardi 23 Mai 2017



Lu 1619 fois



Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 16 Août 2017 - 12:09 Maersk dans le rouge au deuxième trimestre €


     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers





Accès rapide





















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 1/03/2013
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse