Marseille-Fos prophète en son pays


L'étude de l'OCDE sur la compétitivité du port de Marseille-Fos souligne le potentiel de ce dernier en termes de retombées économiques, davantage nationales que locales.


© Franck André
© Franck André
Après l'axe Seine, Hambourg et Helsinki et avant Amsterdam-Rotterdam et le Danube, l'OCDE a présenté un rapport sur la "compétitivité de la ville portuaire de Marseille-Fos". Le but de ce programme sur les villes portuaires lancé en 2010 par l'Organisation de coopération et de développement économique est d'évaluer la performance de ports, d'analyser l'impact de ceux-ci sur leur territoire et d'apprécier leurs politiques et leur gouvernance.
Dans son analyse de la place du port sur l'échiquier européen et du déclin de ses performances sur le long terme, l'étude n'a pas bouleversé, loin s'en faut, les certitudes de ses cofinanceurs (ville, département, région, communautés urbaines, union maritime, CCI), ni des acteurs économiques présents lors de sa présentation à Marseille le 19 décembre 2012. En revanche, elle éclaire sur la nature du lien entre le port et son environnement économique.

Plus d'impact que les grands d'Europe

L'analyse introduit la notion d'effet multiplicateur qui mesure son impact indirect, soit pour chaque euro injecté dans l'économie portuaire, ses retombées pour le reste de l'économie locale et nationale. Le multiplicateur de Marseille-Fos pour 2010 est de 2,01. Le système Le Havre-Rouen est à 2,47 tandis que Hambourg, Anvers et Rotterdam se situent entre 1,7 et 1,1. La comparaison des résultats laisse entendre que les ports français produisent plus de retombées nationales que les ports du range Nord, beaucoup plus importants en termes de taille et de trafic mais desservant des pays plus petits.
L'étude relève que l'effet est nul sur la zone portuaire elle-même. C'est-à-dire qu'une augmentation de la demande d'un euro ne génère pas d'offre additionnelle, comme c'est le cas à Anvers, Rotterdam et Hambourg (respectivement 5, 3 et 1 centime). Au niveau de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), le même euro apporté génère 6 centimes. "Bien qu'il semble insignifiant, cet impact est supérieur à celui d'autres grands ports comme Rotterdam ou Hambourg", précise le corapporteur Olaf Merk.

"Le GPMM a cinq fois plus de retombées en Île-de-France qu'en Paca"


Producteur significatif de retombées économiques, le port de Marseille-Fos a paradoxalement plus d'effet sur la Région Rhône-Alpes que sur la sienne (0,10 contre 0,06). Il est vrai que la deuxième région économique de France fait partie de son hinterland naturel. Plus intéressant, l'importance des liens entre le Grand Port maritime de Marseille-Fos (GPMM) et la Région Île-de-France, qui atteint le total surprenant de 32 centimes générés pour chaque euro injecté dans la zone portuaire. Hélas, le rapporteur de l'OCDE ne s'explique pas ce résultat.
Autre enseignement, si l'activité du port de Marseille-Fos profite surtout aux entreprises dont l'activité concerne les équipements de transport, devant l'agroalimentaire, la pétrochimie et les autres industries, elle touche l'ensemble des secteurs économiques quand l'impact des grands ports du Nord est plutôt concentré sur les activités de transport et de logistique.

Un argument pour la métropole

Selon l'étude, l'activité du GPMM crée une valeur ajoutée de 4 milliards d'euros (3 % du PIB de la Région), mieux que Hambourg, de taille comparable, mais moins bien que Gênes et Le Havre. Il induit aussi 40 à 45.000 emplois indirects, soit plus de deux fois plus qu'au Havre, principalement dans la branche transport et logistique et dans l'industrie portuaire (sidérurgie et pétrochimie). Le rapport souligne d'ailleurs que le trafic d'hydrocarbures – pilier du port de Marseille-Fos – est deux fois moins générateur d'emplois que pour tout autre type d'activité.
En résumé, l'OCDE prête au GPMM un fort potentiel en termes de retombées économiques nationales, même s'il préconise une réorientation dans ses segments de trafics. Ce verdict sonne comme une opportunité à saisir pour la place portuaire, ainsi que comme un argument en faveur de la métropole voulue par le gouvernement.
Pour le reste, les observations des rapporteurs les conduisent aux recommandations habituelles : approfondir l'hinterland du port, soigner son accessibilité, développer sa communication externe et ses opérations marketing, se "verdir" ou encore inciter l'établissement de sièges d'entreprises du secteur pour devenir un "centre de services maritimes". Quant aux critiques sur le manque de dialogue entre autorité portuaire et collectivités territoriales ou sur la prépondérance de l'État dans la gouvernance au détriment des acteurs locaux, elles ont eu le mérite d'animer la présentation du rapport, même si elles n'ouvrent pas de piste nouvelle.

Lire l'étude de l'OCDE sur la compétitivité de Marseille-Fos

Franck André

Jeudi 20 Décembre 2012





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