Marseille met le cap sur le million de conteneurs


Un an et demi après l'entrée en application de la réforme, dans un contexte économique plutôt morose, le port de Marseille devrait battre cette année le million de conteneurs, le record historique enregistré en 2007. Si la place portuaire est plutôt satisfaite de la paix sociale retrouvée et de l'amélioration de la productivité, elle veut continuer à se battre pour reconquérir des parts de marché.


© GPMM
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Les membres de la communauté portuaire qui s'exprimaient dans le cadre d'une action de communication au travers de Via Marseille-Fos (VMF, l'association de promotion de la place portuaire qui fédère l'Union maritime et fluviale de Marseille-Fos, le GPMM et la CCI Marseille-Provence) ont rappelé que les volumes perdus pendant la crise sociale liée à la mise en place de la réforme portuaire ont été retrouvés.
Depuis la fin de la réforme, explique l'association, six nouveaux services de ligne régulière ont été créés, cinq sont de retour, neuf ont augmenté leur capacité de 20 % à 50 %. Tordant une nouvelle fois le coup aux idées reçues, l'association Via Marseille-Fos (l'ex-Marseille Europort) a répété que le port phocéen redoutait davantage la concurrence des ports du range Nord-Europe que celle de Gênes et Barcelone.
Rappelant que Marseille-Fos n'a pas comme concurrent essentiel les ports de Méditerranée tels que Barcelone et Gênes mais bien Anvers et Le Havre, le président de VMF, Hervé Balladur, et les dirigeants portuaires, qui s'exprimaient en présence des leaders syndicaux CGT pour prouver que la paix sociale est de retour, ont souligné que le port phocéen avait réalisé des efforts en termes de compétitivité.
L'argument de Jean-Claude Terrier, le président du directoire du GPMM, à l'adresse des chargeurs semble imparable : "Nous allons faire du bien à vos comptes d'exploitation". Et tous de rappeler que la zone de Fos-Distriport et celle de Saint-Martin-de-Crau n'ont jamais attiré autant de grands comptes ces derniers mois.

Amélioration des cadences de travail et réduction des attentes

À propos de l'amélioration de la productivité tant attendue sur les quais, Michel Henry, directeur général d'Intramar et vice-président du Semfos (le Syndicat des entrepreneurs de manutention de Marseille-Fos), apporte un élément chiffré : "Nous sommes passés d'une cadence de quatorze à vingt-quatre mouvements par heure". Et d'ajouter que les temps d'attente aux "gates" ont également été réduits. Pour sa part, Nicolas Gauthier, directeur général d'Eurofos, a souligné : "Tous les ports français sont armés pour rivaliser avec leurs concurrents européens". En matière de frais de stationnement, il a été réaffirmé une gratuité de six jours sur les quais.

"Nous allons faire du bien à vos comptes d'exploitation"


Pour sa part, Jaap van den Hoogen, président de l'AACN (Association des agents et consignataires de navires de Marseille-Fos), souligne : "Auparavant, quatre portiques sur six fonctionnaient. Depuis un an, on ne rencontre plus de congestion portuaire. On a doublé le linéaire de quai. De plus, sur douze portiques, huit sont en opérations". Du coup, à ses yeux, les armateurs savent depuis planifier les escales de leurs navires et leurs départs.
Du côté des commissionnaires de transport, le président du Syndicat des transitaires de Marseille-Fos (STM), Richard Arditti, insiste : "Grâce à l'outil informatique dont nous disposons avec AP+, nous sommes des acteurs de la fluidité du trafic". Quant à Patrice Vernet, le directeur régional des Douanes, il souligne que les formalités peuvent être accomplies en moins à six minutes. Enfin François Mahé des Portes, président du directoire de MGI, lui emboîte le pas pour dire : "Nous travaillons sur l'hinterland".
Pour leur part, Ludovic Lomini, qui a remplacé récemment Daniel Manca au poste de secrétaire général de la CGT des Dockers de Marseille, et Serge Coutouris, secrétaire du syndicat CGT de Fos, ont tenu des propos cohérents vis-à-vis de leurs adhérents tout en apportant leur soutien à la communauté portuaire, désignée comme étant le GPMM. Le premier a indiqué que "c'est l'emploi qui fera la paix sociale". Quant au second, rappelant que "la réforme de 1992 nous avait un peu déçus", il a demandé qu"'on arrête de stigmatiser les faits et gestes de la profession".

Chercher le fret sur l'axe rhodanien, paris et Strasbourg

Appuyant ses arguments sur les résultats d'une récente enquête de satisfaction, Hervé Balladur a ainsi réitéré la volonté de la communauté portuaire d'aller conquérir des trafics sur l'axe rhodanien et plus loin encore. Il indique que l'outil promotionnel va mettre l'accent en 2013 sur le réceptif dans ses actions de reconquête de la clientèle tout en continuant à chercher le fret sur l'axe rhodanien mais aussi à Paris, à Strasbourg. Une délégation retournera en Suisse lorsqu'elle pourra faire l'annonce qu'une navette ferroviaire reliant Marseille-Fos au pays est créée.
À ce sujet, Arnaud Ranjart, directeur du développement du GPMM, s'est contenté de dire : "Nous sommes en pourparlers". À propos du financement de cet outil, M. Balladur s'est dit persuadé que la communauté a besoin de "l'aide de l'État".

Sur le modèle de Hambourg

Le port de Marseille-Fos a-t-il vocation à développer ses parts de marché dans le secteur du transbordement ? Selon Hervé Balladur, le président de Via Marseille-Fos, Marseille est avant tout "un port domestique". Jaap van den Hoogen, le président de l'AACN, prône "la réactivité". La stratégie en matière de trafics en transbordement n'est pas seulement liée à un problème tarifaire. "Le prix est important du point de vue de l'armateur mais ce n'est pas le seul critère". Et d'expliquer que "la situation géographique est déterminante". Il indique que Marseille-Fos est plus cher que le port espagnol de Valence (port méditerranéen de transbordement de MSC, NDLR). Le président de l'AACN souligne que Hambourg, par sa situation géographique, a su s'imposer non seulement en matière maritime mais également sur le mode ferroviaire vis-à-vis de l'Europe du Nord et de l'Europe centrale. "Hambourg a su mettre en place un réseau de presque 150 feeders par semaine qui desservent une région allant du Nord de la Grande-Bretagne à la Russie et passant par la Scandinavie. Pour contrecarrer la montée en puissance de Gdansk qui accueille des navires de 8.000 EVP ou des ports tels que Rijeka ou Koper, il a mis en place un réseau de navettes ferroviaires", a-t-il ajouté. En matière de transbordement, M. van den Hoogen souligne que le port de Marseille n'est pas dans la même situation géographique que les hubs de Méditerranée mais est convaincu qu'une navette ferroviaire peut lui permettre de retrouver des trafics suisses.

Vincent Calabrèse

Lundi 22 Octobre 2012





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