Marseille : un nouveau Pif et un signal pour les bassins Est


Les bassins Est du port de Marseille ont de nouveau un Poste d'inspection frontalier (Pif) sur les quais, qui vient d'être inauguré après avoir été menacé de disparition. Cet investissement offre de nouvelles perspectives à un port en difficultés.


Joëlle Féliot (directrice adjointe de la DDPP), Jean-Claude Terrier (directeur du GPMM) et Richard Arditti (président du STM) © Franck André
Joëlle Féliot (directrice adjointe de la DDPP), Jean-Claude Terrier (directeur du GPMM) et Richard Arditti (président du STM) © Franck André
Le tout nouveau Poste d'inspection frontalier (Pif) des bassins Est du port de Marseille, aménagé dans le hangar fruitier 23 du môle Léon Gourret, a été inauguré lundi 25 juin par le directeur de l'établissement public, Jean-Claude Terrier. Ce centre agréé par la Commission européenne pour contrôler à l'entrée de l'Union les denrées alimentaires d'origine animale retrouve ainsi les quais après six ans d'exil et de tergiversations autour de sa réhabilitation réclamée à cor et à cri par la communauté portuaire, les transitaires en tête.
Depuis 2006 et l'abandon pour insalubrité de l'ancien local portuaire, le Pif était hébergé par Stef-TFE dans le 14e arrondissement de la ville, grâce à une dérogation accordée par Bruxelles. Alors qu'elle devait prendre fin en juillet 2011, celle-ci a été prolongée in extremis après présentation du nouveau projet par le port, sous l'impulsion du directeur du développement, Dirk Becquart, alors fraîchement arrivé et qui est aujourd'hui sur le départ.

"Indispensable à la polyvalence du port, important en termes de trafics induits"

© Franck André
© Franck André

Les professionnels ont toujours soutenu que ce service, même s'il ne génère que 4.000 tonnes de trafic annuel, était indispensable pour maintenir la polyvalence d'un port en difficultés et important en termes de trafics induits. Ils auront finalement été entendus par la direction du Grand Port maritime de Marseille (GPMM) qui sait que la Commission cherche à réduire le nombre de points d'entrée sur le territoire communautaire et qu'il était sur le point de perdre définitivement son agrément.

Un signal envers les chargeurs

Le port a donc consenti un effort de quelque 300.000 euros pour permettre la continuité d'un trafic qui, eu égard à la spécificité des bassins Est, est essentiellement composé de poissons, eux-mêmes en grande majorité conditionnés en conserve. Au total, ce sont 231 conteneurs, le plus souvent en provenance du Maroc, de Tunisie et du Sénégal, qui ont été concernés par ces contrôles en 2011. Situé tout près du terminal à conteneurs de Mourepiane, ce poste équipé de trois chambres à température dirigée, d'un laboratoire et de locaux administratifs et animé par une équipe de quatre personnes facilitera les formalités pour les chargements et réduira sensiblement les coûts en évitant le transfert des marchandises vers des locaux extérieurs au port.
Avec cet investissement, la direction du GPMM estime faire une preuve de plus de son implication à relancer l'activité industrielle dans les bassins Est et espère un développement rapide de l'activité de niche induite par le Pif. Au président du Syndicat des transitaires de Marseille-Fos (STM), Richard Arditti, qui vantait les bienfaits pour la demande d'un poste d'inspection situé sur le port, Jean-Claude Terrier a répondu qu'il souhaitait voir les économies ainsi générées se répercuter sur les clients des transitaires plutôt que sur leurs propres marges.
Après le sauvetage du Pif, chacun – communauté et établissement portuaires – semble d'accord pour le consolider en créant un pôle regroupant les services de l'État de contrôle à l'importation. Le GPMM envisage ainsi, dans les deux ou trois ans, de rassembler dans les mêmes locaux le Pif, le parc à bestiaux (resté au môle G depuis 2006), les contrôles phytosanitaires et la répression des fraudes (qui contrôle fruits et légumes). "Tout le monde a à y gagner, a reconnu le président du directoire du port, mais il faut trouver les bons mètres carrés au bon endroit". Probablement la promesse d'autres batailles à venir.

Franck André

Lundi 25 Juin 2012





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