Menace sur le nouveau tunnel de Tende


En refusant de verser sa part au financement des travaux de mises aux normes du tunnel de Tende existant, doublé par un nouveau tunnel unidirectionnel, objet d’un accord franco-italien, la Région Paca remet en cause l’accord signé en 2007 par les deux gouvernements au moment où les entreprises sélectionnées par les Italiens entament les travaux attendus depuis bientôt quarante ans.


Menace sur le nouveau tunnel de Tende
La Région Paca, sous la pression des élus Europe Écologie-Les Verts, a bloqué en décembre sa participation financière à la rénovation du tunnel de Tende. Un projet à l’étude depuis bientôt quarante ans et validé par le traité franco-italien de 2007. Cet accord intergouvernemental prévoit la construction d’un nouveau tunnel vers la France ainsi que l’élargissement et la modernisation de la galerie existante vers l’Italie. Longue de 3,2 km à 1.872 m d’altitude construite en 1882 au temps des diligences la largeur du tunnel de Tende n’excède pas 4,9 mètres pour une hauteur de 4,3 mètres. C’est d’ailleurs toujours en 2012 l’unique passage routier transalpin entre le Piémont et la Côte d'Azur. Son trafic atteint 3.600 véhicules par jour surtout des Italiens venant du Piémont et se rendant sur la Côte d’azur ou la Riviera italienne. Certains poids lourds n’hésitent pas à l’emprunter pour éviter le péage autoroutier. Ils dégradent par leur taille le modeste ouvrage. Le premier coup de pioche doit être donné au cours des prochains mois pour un chantier qui doit s’étaler sur sept ans. Il y a urgence car le tunnel est le plus vieil ouvrage construit sous les Alpes. En raison de sa vétusté, il est mis en circulation alterné. L’Anas, société publique italienne du réseau routier et autoroutier, maître d’ouvrage du nouveau tunnel franco-italien de Tende, a choisi en 2012 le groupement d’entreprises (Grandi Lavori Fincosit SPA, Toto Costruzioni Generali SPA et Progin). Côté français, les quatre lacets à son accès vont être réduits à deux. Devrait débuter ensuite le percement d'un tube de 6,5 mètres de large parallèle à l'actuel. Après son ouverture, d'ici cinq ans, le vieux tunnel serait élargi pour accueillir un sens de circulation. Le coût est financé à 58 % par l’Italie et à 42 % par la France (État, Région et Département, pour un tiers chacun). Soit pour la France 106,2 millions d’euros (42 %) au maximum répartis en trois parts égales, soit 35,4 millions d’euros chacun pour le Département, la Région et l’État. L’Italie apporte pour sa part 148,7 millions d’euros. La part régionale (35,4 millions d'euros) fait défaut est pose le problème du montage financier tout en remettant en cause l’accord intergouvernemental.
Pour justifier leur opposition au projet, les écologistes précisent que le doublement du tunnel transformerait la vallée de la Roya (une partie en France et une partie en Italie) en "simple couloir de circulation avec un trafic important pour cette vallée de montagne. Éric Ciotti, président du Conseil général des Alpes-Maritimes, a immédiatement réagi : "Il s’agit ni plus ni moins du reniement d’un engagement pris lors des accords conclus en 2007 entre la France et l’Italie (…), alors même que la procédure d’appel d’offres est terminée et que le groupement d’entreprise pour la réalisation des travaux a déjà été choisi".
La vallée de la Roya est également menacée par la fermeture de la voie ferrée qui relie Vintimille à Cuneo en passant par Breil et Tende, du fait de la vétusté de l’infrastructure et de la dégradation du service côté italien. Par une convention franco-italienne signée en 1970, ces derniers se sont engagés à supporter l’entretien de la section française. Hélas, la crise aidant nos voisins rechignent et les travaux minimaux de sécurisation s’élèveraient selon RFF à 27 millions d'euros. Une ligne qui permettrait pourtant de suppléer les difficultés rencontrées pour la mise aux normes du tunnel de Tende.

Michel Bovas

Vendredi 18 Janvier 2013





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