Mer belle entre la Grèce et la Chine


Le Premier ministre chinois, Li Keqiang, en visite à Athènes, a fait miroiter un avenir florissant à l'économie grecque convalescente sur laquelle Pékin veut s'appuyer pour renforcer sa pénétration commerciale en Europe via le rail, les ports et aéroports du pays.


© KGR
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Les sujets économiques, et notamment les partenariats dans le secteur de la marine marchande, ont monopolisé la visite du n° 2 chinois que le Premier ministre grec, Antonis Samaras, n'a pas quitté d'une semelle depuis son arrivée jeudi 19 juin et qu'il a accompagné en Crète jusqu'à samedi 21 juin. La visite du Pirée, principal port grec situé au sud d'Athènes, a constitué la cœur de ce voyage et résumé les ambitions de Pékin en Grèce : faire du pays "la porte d'entrée de la Chine vers l'Europe", comme l'a déclaré Li Keqiang sur fond de flots bleus et de grues de chargement de conteneurs. Une expression également martelée à plusieurs reprises par Antonis Samaras qui a dépeint une Grèce promise à devenir "un nœud logistique" entre l'Europe et le Moyen-Orient.

"Le Pirée, porte d'entrée de la Chine vers l'Europe"


Cette stratégie est vitale pour Athènes qui tente de se relever d'une spirale de récession de six années, entamée avec la crise des dettes souveraines. Le pays, qui vise un PIB de 0,6 % en 2014, mise beaucoup sur le tourisme mais doit trouver d'autres relais de croissance. Alors que "80 % du commerce de la Chine avec l'Europe se fait par la mer", Li Keqiang a exprimé son ambition de voir Le Pirée devenir "l'un des ports les plus compétitifs du monde" grâce au renforcement des investissements chinois que le Premier ministre souhaite "encourager". La Chine joue déjà un rôle moteur dans l'exploitation commerciale du Pirée où le conglomérat Cosco gère depuis 2008 deux terminaux de transport de marchandises, une concession aux résultats jugés "tangibles" par Pékin. Li Keqiang a souhaité voir "augmenter la fréquence des liaisons" avec le port grec.

Navires grecs, chantiers navals chinois

Selon le ministre grec de la Marine marchande, Miltiadis Varvitsiotis, la volume de conteneurs transitant au Pirée a augmenté de 130 % entre 2007 et 2013, passant de 1,3 million EVP à 3,1 millions avec l'ambition d'atteindre 6 millions à un horizon non précisé. L'axe de ce développement passe par la montée en puissance de la coopération entamée avec la compagnie de chemin de fer grecque Trainose pour le transport de fret. Lundi 16 juin, le tout premier convoi de marchandises a quitté les installations de Cosco au Pirée à destination de la République tchèque pour le compte du groupe informatique américain Hewlett Packard. Vendredi 20 juin, Li Keqiang et Antonis Samaras ont inauguré le premier départ de marchandises pour le compte du groupe chinois Huawei (information et communication) à destination de l'Europe de l'Est. Pékin se dit prêt à soutenir financièrement l'amélioration du réseau de fret "afin de réduire le temps de transport vers l'Europe".
La stratégie de Cosco pour Le Pirée passe également par le rachat des 67 % des parts que l'État grec possède dans la société d'exploitation du port du Pirée. Le groupe chinois est qualifié pour la seconde phase de l'appel d'offres au terme duquel il pourrait ainsi contrôler également l'activité de transports de passagers. Autres objectifs pour les sociétés chinoises : le port de Thessalonique, la compagnie de chemin de fer Trainose, l'aéroport d'Athènes et les trente-sept aéroports régionaux, dont un en Crète, qui figurent sur la liste du fonds chargé de la privatisation des biens publics grecs. Mais la mer reste pour l'instant la grande affaire de la coopération sino-grecque. C'est dans le secteur maritime que sont concentrés l'essentiel des 4,6 milliards de dollars (3,4 milliards d'euros) de contrats commerciaux signés jeudi 19 juin entre les deux pays. L'un des volets consiste en un accord de prêts des banques chinoises aux armateurs grecs afin de faire construire dans les chantiers navals chinois au moins dix navires. Les armateurs grecs, leader mondiaux, transportent 50 % des exportations chinoises et 60 % de l'énergie importée en Chine par voie maritime.

Sophie Makris

Lundi 23 Juin 2014



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