Mory Ducros : 48 agences sur 85 sauvées dans l'offre d'Arcole


Fruit d'une réunion marathon à Bercy, l'offre améliorée d'Arcole Industries, qui prévoit la reprise de 48 agences sur les 85 du transporteur en difficulté Mory Ducros et 2.150 emplois sur plus de 5.000, a été longuement discutée jeudi 23 janvier en comité d'entreprise.


© Mory Ducros
© Mory Ducros
Lors d'un comité d'entreprise fleuve de sept heures, l'administrateur judiciaire de Mory Ducros a dévoilé les contours de l'offre du principal actionnaire du transporteur. Cette dernière est "la seule importante, qui prévoit la sauvegarde de plus de 2.000 emplois", a déclaré Me Philippe Blériot, à l'issue du CE. "Dans cette offre de reprise globale, il y a 48 agences, sur les 85 existantes, reprises et deux créations de nouvelles agences", à Goussainville (Val-d'Oise) et Mitry-Mory (Seine-et-Marne), a-t-il annoncé. Arcole Industries propose de garder 2.150 emplois, sur plus de 5.000 actuellement dans le groupe Mory Ducros et ses filiales, au lieu de 1.900 initialement. Chaque salarié licencié obtiendrait également une indemnité supra légale de 7.000 euros. Cette nouvelle offre avait été annoncée dans la nuit après une négociation de plus de huit heures à Bercy avec les syndicats. Elle ne concerne pas les 2.000 emplois menacés chez les sous-traitants.

"Un tiers de l'ensemble des salariés seront repris"


"C'est largement insuffisant. Nous demandions 6.000 euros, plus 1.000 euros par année d'ancienneté, alors on poursuit la négociation", a réagi Frédéric Amorin (CFDT), salarié depuis plus de 17 ans à l'agence de Niort, qui n'est pas sauvée dans l'offre d'Arcole. À la mi-journée, le CE, qui se tenait dans un hôtel de Survilliers (Val-d'Oise), a été brièvement interrompu par une vingtaine de salariés du site de Gonesse (Val-d'Oise) qui voulaient avoir confirmation de la fermeture de leur site, également siège social de l'entreprise. Pour eux, la prime supra légale est également trop faible : "On demande que l'ancienneté soit prise en compte", a réclamé Victor de Oliveira (CGT).

Le tribunal se prononcera le 31 janvier

"À l'exception de l'agence d'Artenay, il va y avoir des réductions de postes dans chacun des sites maintenus. En gros, un tiers de l'ensemble des salariés seront repris, c'est insuffisant", a fait valoir de son côté Fabian Tosolini de la CFDT Transport, craignant des blocages dans certains sites si les salariés "estiment que ce plan n'est pas à la hauteur de leurs espérances". Me Blériot devait se rendre en soirée à Gonesse pour "expliquer les choses", "convaincre les différentes parties de la pertinence de cette solution, pour sauver déjà 2.000 emplois sur les 5.000 et faire que les 3.000 autres partent dans les meilleures conditions". Le tribunal de commerce de Pontoise doit se prononcer le 31 janvier sur les deux offres de reprise présentées ce jeudi, celle d'Arcole et celle, plus réduite, du transporteur Malherbe. Un nouveau CE sera organisé le 30 janvier.
Le gouvernement a estimé que "le risque de perdre les 5.000 emplois Mory Ducros peut désormais être écarté" si les organisations syndicales donnent leur accord. L'État s'était dit prêt à soutenir le projet d'Arcole via un prêt de 17,5 millions d'euros en contrepartie d'un plan social amélioré et d'un changement de l'équipe dirigeante de Mory Ducros, présentée ce jeudi en CE. En outre, "500 propositions d'emplois" seront faites par des entreprises publiques comme La Poste et la RATP aux salariés licenciés et des patrons du transport routier ont promis d'aider 1.000 salariés à retrouver un emploi au moyen d'une "bourse d'emplois dédiée". "Je pense que nous allons réussir à aller bien au-delà" de 1.000 salariés réembauchés par les entreprises du secteur, a estimé jeudi le ministre des Transports Frédéric Cuvillier lors d'un déplacement dans l'Eure. Issu fin 2012 de la fusion des entreprises Mory et Ducros, le groupe Mory Ducros a perdu 79,5 millions d'euros lors de son dernier exercice pour un chiffre d'affaires de 765,5 millions. Sa dette d'exploitation s'élève à 202,7 millions d'euros. Son dépôt de bilan, le 26 novembre, est l'un des plus importants enregistrés en France depuis la faillite du fabricant de petit électroménager Moulinex en 2001.

Sylvie Husson et Jessica Lopez Escure

Vendredi 24 Janvier 2014



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