MyFerryLink : jusqu'à 407 salariés repris, un accord et des questions


Jusqu'à 407 des 487 salariés de la Scop Seafrance en liquidation judiciaire pourraient être repris, selon le protocole d'accord du 24 août, qui évoque aussi la cession du dernier navire d'Eurotunnel. Force ouvrière critique cette négociation sur le fond et sur la forme.


Le "Nord-Pas-de-Calais" serait cédé aux salariés pour l'euro symbolique en cas d'interdiction de naviguer par les autorités britanniques © Éric Houri
Le "Nord-Pas-de-Calais" serait cédé aux salariés pour l'euro symbolique en cas d'interdiction de naviguer par les autorités britanniques © Éric Houri
Le protocole d'accord adopté lundi 24 août entre les représentants syndicaux de la Scop SeaFrance et le ministère des Transports prévoit finalement de reclasser chez Eurotunnel jusqu'à 407 des 487 salariés. Un protocole d'accord précédent prévoyait la reprise de 392 salariés. Le document, qui doit être à nouveau débattu lundi 31 août, prévoit en premier lieu le recrutement par le groupe Eurotunnel – qui affrétait jusque-là ses navires à MyFerryLink – de 155 anciens salariés.
La Scop SeaFrance, créée sur les décombres de la compagnie maritime SeaFrance en août 2012, exploitait la compagnie transmanche MyFerryLink jusqu'à sa mise en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer, le 31 juillet.

Reclassements à la surveillance du tunnel

Parmi les salariés repris, 130 travailleront sur le seul des trois navires qui n'a pas été cédé au danois DFDS, le "Nord-Pas-de-Calais", dédié au fret, tandis que 25 emplois "pour les propres besoins" d'Eurotunnel seraient proposés aux anciens salariés.
Jusqu'à 50 autres salariés se verront proposer un emploi auprès du sous-traitant d'Eurotunnel Sécurité Protection, "dans le cadre des recrutements supplémentaires pour la protection du tunnel sous la Manche", peut-on en outre lire dans le document. Les mesures de sécurité autour du tunnel ne cessent d'être renforcées, pour dissuader les tentatives d'intrusions de migrants.
Dernière tranche de reclassement : le groupe DFDS "procédera au recrutement après entretien d'embauche de 202 salariés issus de la SCOP SeaFrance pour l'exploitation d'un troisième navire sur la ligne Calais-Douvres", prévoit ce protocole.

"Deux mois de blocage pour quasiment rien"


"Le Syndicat Maritime Nord (SMN) s'engage à libérer les navires "Rodin" et "Berlioz" le jour de la signature du présent protocole", peut-on également y lire. Les syndicalistes ont occupé les deux bateaux, cédés à DFDS, tout l'été. Enfin, les salariés qui ne partent pas à la retraite et ne bénéficient d'aucune offre de reclassement recevront "une indemnité extra-légale de 18.000 euros par salarié".

Cession du navire aux salariés ?

Le syndicat Force ouvrière, qui n'a pas participé aux négociations et dit représenter "30 % des salariés et 90 % des cadres" de la Scop, a dénoncé le 27 août l'attitude du SMN, majoritaire. "Le SMN a provoqué deux mois de blocage pour quasiment rien, à savoir revenir à ce qui était annoncé en juin pour l'essentiel : un service fret et une location à DFDS", déplore le syndicat.
FO critique également la cession du "Nord-Pas-de-Calais" pour l'euro symbolique aux salariés, envisagée par le protocole d'accord si Eurotunnel se voyait refuser l'exploitation du navire par l'Autorité de la concurrence britannique (CMA). Dans ce cas, "le groupe Eurotunnel s’engage à céder à une entité juridique constituée par les anciens salariés de la Scop le bateau "Nord-Pas-de-Calais" et la société My Ferry Link SAS pour la somme d’un euro", stipule l'accord.
"Ce serait la fin à très court terme de l'aventure et de nouveau 130 emplois supprimés. Qui viendra en partenariat avec les dirigeants du SMN si la confusion dure encore des semaines et après des mois de pagaille semée volontairement et en toute inconscience?", lance FO.

AFP

Vendredi 28 Août 2015



Lu 147 fois



Dans la même rubrique :
< >

     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse