Nouvelle donne pour la SNCM


Le rejet des offres de reprise de la SNCM et la relance d'un appel à candidatures par le tribunal de commerce de Marseille agace Bruxelles et convient aux syndicats et au groupe Stef, qui se positionne pour le rachat.


La société mère de La Méridionale veut déposer une offre pour sa partenaire dans la DSP Corse © Franck André
La société mère de La Méridionale veut déposer une offre pour sa partenaire dans la DSP Corse © Franck André
La décision du tribunal de commerce de Marseille du 10 juin de rejeter les trois offres de reprise de la SNCM et lancement d'un nouvel appel à candidatures a été diversement accueillie. Pour motiver sa décision et la fixation d'une audience le 25 septembre pour examiner les nouvelles propositions, le tribunal a écrit que "le contexte dans lequel avait été lancé l'appel d'offres de reprise en décembre 2014 a considérablement évolué". Depuis lors, Bruxelles a notamment précisé sa définition de la "discontinuité économique" entre la SNCM et la société qui naîtra de la reprise, et qui permettra d'effacer l'ardoise de plus de 400 millions d'euros réclamée par les autorités européennes au titre d'aides jugées indûment perçues.
La décision a été accueillie fraîchement à Bruxelles, où la Commission européenne, qui avait plusieurs fois milité pour un règlement rapide du dossier, a mis en garde la compagnie, annonçant qu'elle allait "analyser les conséquences" de la décision du tribunal de commerce. "Pour rappel, la SNCM doit toujours rembourser les aides illégales et incompatibles avec le marché intérieur précédemment perçues. La SNCM continue d'ailleurs de percevoir des compensations de service public dans le cadre du contrat de délégation de service public en cours", a ajouté un porte-parole, Ricardo Cardoso.

Futur sœur de La Méridionale ?

"On enregistre avec satisfaction le fait que le tribunal n'a pas cédé aux pressions", s'est en revanche félicité Maurice Perrin, de la CFE-CGC. Même son de cloche côté CGT, qui va appeler les salariés à lever un prévis de grève qui courait à partir de jeudi, et dont le représentant Jean-François Simmarano a lui aussi salué la décision du tribunal : "Tout était bouclé pour soit liquider la compagnie, soit la donner à un opérateur fantoche", a-t-il dénoncé. "Cette décision garantit que les bateaux de la SNCM assureront le service programmé cet été. Les clients peuvent réserver sans crainte", a aussi pointé la compagnie, qui réalise une grande partie de son chiffre d'affaires au cours de la saison estivale.
Le groupe Stef a salué une "décision courageuse et avisée", et immédiatement confirmé son intention de "se mobiliser pour présenter une offre dans les délais fixés". La maison-mère de la compagnie maritime marseillaise La Méridionale, codétentrice de la DSP Corse avec la SNCM a annoncé vouloir "fédérer des acteurs de l’environnement maritime et socioprofessionnel corse et provençal ayant marqué un intérêt pour ce dossier". Elle parle de "construire un projet industriel (…) avec des engagements financiers fermes et solides permettant une vraie pérennité sociale, industrielle et économique". La direction de Stef a dit son intention de créer une société dédiée à la Corse juridiquement indépendante opérant partenariat étroit avec La Méridionale. Elle devait détailler son projet dans l'après-midi du 11 juin à Marseille.
À l'opposé, Transdev, l'actionnaire majoritaire de la SNCM, a dénoncé le jugement du tribunal, agitant le spectre de la liquidation : "toutes les conditions étaient réunies afin que le Tribunal de commerce puisse arrêter un plan de cession", mais "il apparait qu'une partie au moins de ces conditions pourraient ne plus être réunies à l'automne, ce qui empêcherait alors toute reprise et provoquerait une liquidation totale".
Quant au président de Baja Ferries Daniel Berrebi, il s'est dit "déçu", et a annoncé que sa décision sur une participation au nouvel appel d'offres serait prise "après l'été".
Les jours précédant le jugement avaient été marqués par une multiplication des annonces, avec notamment des marques d'intérêt émanant du groupe Stef et d'un consortium composé de huit grandes entreprises corses.

Franck André evec AFP

Jeudi 11 Juin 2015



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