Nouvelles approches pour lutter contre les émissions polluantes


Comment les activités portuaires peuvent-elles s'inscrire dans la réduction des émissions atmosphériques polluantes et, par voie de conséquence, s'intégrer à des chaînes d'approvisionnement durables ? Techniques par le branchement électrique à quai des navires, ou organisationnelle par le biais du report modal, les réponses sont multiples comme l'ont montré les récentes Assises du port du futur.


Le branchement à quai des navires de La Méridionale sera opérationnel d'ici la fin du mois à Marseille © La Méridionale
Le branchement à quai des navires de La Méridionale sera opérationnel d'ici la fin du mois à Marseille © La Méridionale
À Marseille, le branchement à quai des trois navires de La Méridionale sera opérationnel d'ici la fin du mois. "Une réponse concrète aux enjeux environnementaux des bassins Est à proximité de zones urbaines subissant de fréquentes pollutions en particules et en oxyde d'azote", explique Marieke Baudoin chargée du projet au sein de la compagnie. Avant de valider cette solution, la CMN s'est assurée de la compatibilité de la fréquence (50 Hz) entre le réseau électrique terrestre et de la flotte, ainsi que de la puissance de ce réseau terrestre imposant de l'ordre de 1,7 MW par navire. Elle a également étudié d'autres possibilités dont l'aménagement de scrubbers et de motorisation au gaz (retrofit). "Dans les deux cas, ces techniques n'agissent pas sur l'ensemble des polluants atmosphériques et ont, notamment pour le retrofit gaz, un coût de mise en œuvre élevé".

Conditions à respecter

Le financement du branchement électrique sur trois postes à quai est assuré par le GPM Marseille à hauteur de 1,5 million d'euros, dont 80 % sur fonds publics, et La Méridionale à hauteur de 2,9 millions d'euros aidée à seulement 16 % par des subventions publiques. Lesquelles sont toutefois complétées par un bonus écologique du GPMM sur les droits de ports de 216.000 euros par an jusqu'en 2020. "En ajoutant les gains sur le combustible et la maintenance des groupes électrogènes, le retour sur investissement est de sept à dix ans". Avec des réductions de l'ordre de 10 % pour l'ensemble des polluants atmosphériques, "connecter un navire au réseau électrique terrestre n'est pas la solution mais une solution si l'électricité du réseau est moins polluante que l'électricité produite à bord et suffisante pour alimenter les navires. Son investissement doit être supportable et les escales régulières avec un temps de stationnement minimum".

Chef d'orchestre ferroviaire

À La Rochelle, une des démarches menées pour réduire les impacts environnementaux portuaires passe par le report modal et le développement des axes ferroviaires "gérés comme un capital", insiste Philippe Guillard du GPMLR. Si le succès de cette stratégie qui a donné naissance à l'OFP Atlantique est prouvé, sa pérennité suppose là aussi plusieurs conditions comme "densifier le maillage terrestre via la mise en œuvre de relais logistiques aux frontières de notre hinterland". Un autre défi vise à "donner de la visibilité sur la capacité de ces axes ferroviaires desservant le port". Avec les régions présentes dans son hinterland, cette priorité est à l'origine d'une démarche originale et unique : "Anticiper et réserver sur une durée de trois à cinq ans des capacités de circulation sur ces axes pour permettre aux entreprises ferroviaires d'accéder à des sillons de qualité le moment venu". Sur ce principe, le GPMLR se fixe pour objectif un report modal de 20 % d'ici 2020 contre 14 % environ aujourd'hui.

Projet de port offshore en Guyane © GPM de Guyane
Projet de port offshore en Guyane © GPM de Guyane
Projet offshore en Guyane

À proximité de l'embouchure de l'Amazone (et de zones urbaines), les activités portuaires de Guyane sont confrontées au rejet des sédiments du fleuve imposant des dragages permanents. "Malgré ces efforts, le tirant d'eau y est limité à 7,5 mètres", précise Rémy-Louis Budoc du GPM de Guyane. D'où l'idée d'aller chercher des profondeurs au large à l'aide d'un port offshore. Ce projet mené avec la DCNS et Bouygues vise à créer une plateforme de 15 hectares pour un coût évalué 1,5 milliard d'euros. Avec un rayonnement régional, elle mutualiserait diverses activités :  terminal à conteneurs et prestations de soutien logistique aux plateformes pétrolières, aux navires de service et de pêche déployés sur la zone ainsi qu'aux fermes d'aquaculture et aux champs d'éoliennes offshore... L'étude technique et socio-économique est présentée fin novembre.

Érick Demangeon

Mercredi 7 Octobre 2015



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