Observatoire du véhicule industriel : à la recherche d'un second souffle


La baisse de l'euro et la chute du prix du pétrole sont, avec la reprise du BTP, les principaux moteurs escomptés pour stopper l'érosion du marché du véhicule industriel en France. Après un repli de 13 % l'an passé, l'OVI table au mieux sur une progression de 4 % en 2015, au pire, sur un nouveau recul compris entre 1 et 2 %.


© Lancelot Frédéric/SIPA
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"La conjoncture nationale reste insuffisamment dynamique pour soutenir le transport routier de marchandises et le BTP, secteurs dont on connaît l'impact sur l'achat de véhicules industriels". Sans appel, ce constat dressé le 8 janvier à Paris par Jean-Michel Mercier se traduit dans les immatriculations de camions neufs. En 2014, elles chutent de plus de 13 %. Sur un volume de l'ordre de 37.500 véhicules, les tracteurs représentent 55 % et accusent un repli de 17 %, contre - 9 % pour les porteurs. Écho à l'enquête de la Banque de France consacrée à l'évolution du transport routier, "face à la pérennité de résultats inférieurs à ceux d'avant crise, le secteur semble s'être repositionné sur la base d'un niveau d'activité faible. Pour survivre en ces temps difficiles, les entreprises ont dû apprendre à augmenter leur gain de productivité et à réduire leurs charges plaçant le coût de détention (TCO) de leurs équipements comme point-clé de leur rentabilité", analyse le directeur de l'Observatoire du véhicule industriel de BNP Paribas.
Dans ce contexte, les achats de véhicules neufs se font à 92 % en vue de renouvellements. Un taux préoccupant, selon l'OVI, puisque "au-delà de 80 %, on considère que le parc diminue". Pis, "nous sommes à la troisième année consécutive au-dessus de 90 %. Le parc est donc clairement en régression en France" autour de 486.000 camions environ, tracteurs et porteurs confondus. Faute de remplacement, la flotte vieillit d'année en année aussi. La part des véhicules de six ans et plus est ainsi passée de 33 à 43 % au détriment des matériels âgés de quatre à cinq ans. Faute d'activité, le kilométrage moyen des camions affiche en outre une baisse puisque près de la moitié parcourt moins de 120.000 km par an.
Sur le front des prix des véhicules neufs, le bilan 2014 est également contrasté. Avec l'arrivée des motorisations Euro VI, ils ont connu une augmentation moyenne de 7,1 %. Cette hausse "a néanmoins été compensée par un niveau de remise élevé ".
Prévisions prudentes
En l'état, Jean-Michel Mercier ne perçoit aucune amélioration dans le transport routier : "Le TRM voit son activité se stabiliser toujours très en-deçà de son niveau de 2008 avec un retrait compris entre 15 et 20 %". Aussi un des points-clés cette année restera le secteur BTP... Sur fond de carnets de commandes atones, l'OVI dévoile donc des prévisions prudentes pour 2015. La fourchette basse est placée à 37.000 unités, soit 20.000 tracteurs et 17.000 porteurs. L'hypothèse haute mise quant à elle sur 39.000 immatriculations réparties entre 21.500 tracteurs et 17.500 porteurs.

Résistance des utilitaires, rebond des remorques
Avec plus de 372.000 immatriculations, le segment des véhicules utilitaires fournit l'une des deux éclaircies dans le bilan globalement négatif dressé par l'OVI. Il progresse en 2014 de 1,3 % et se compose à près de 70 % de marques françaises (PSA Peugeot Citroën et Renault). L'autre satisfaction provient des remorques et semi-remorques dont les ventes bondissent de 15 % ; une reprise liée à un phénomène de renouvellement après cinq années faibles sur un segment dépendant du transport routier de marchandises.

Érick Demangeon

Jeudi 8 Janvier 2015



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