Opérateurs privés et clients du fret ferroviaire tirent la sonnette d'alarme


En présence de leurs clients membres de l’AUTF, de l’Union TLF, du GNTC et d’Objectif OFP, les opérateurs privés rassemblés au sein de l’Afra dénoncent les dérives de SNCF Réseau dans le fret ferroviaire. Confrontés à une hausse du prix des sillons et à une dégradation du service, ils exhortent l’État à intervenir au moyen d’un contrat de performance, assorti d’indicateurs qualité, et d’un gel des péages fret.


© RFF Vincent Baillais
© RFF Vincent Baillais
L’harmonie affichée depuis le 18 septembre 2013 aux sorties des conférences nationales pour la relance du fret ferroviaire a-t-elle vécu ? Lors de la dernière réunion, le 29 septembre 2015, opérateurs privés et leurs clients, chargeurs et prestataires logistiques, avaient déjà alerté les pouvoirs publics.

Pascal Sainson, président de l’Association française du rail (Afra) et d’Europorte, filiale d’Eurotunnel © Europorte
Pascal Sainson, président de l’Association française du rail (Afra) et d’Europorte, filiale d’Eurotunnel © Europorte
À l’époque, ils dénonçaient l’augmentation de 6,27 % des péages fret prévue pour 2016, et la dégradation de la qualité de service sur le réseau ferré depuis la création du gestionnaire d’infrastructure unifié SNCF Réseau. En vain puisque la hausse de 6,27 % a été confirmée cette année assortie d’une proposition de + 2,4 % en 2017 ! Dans le même temps, la qualité a continué à se dégrader. «Les entreprises membres de l’Association française du rail (Afra) constatent en 2016 un doublement des sillons précaires. Ils passent de 9,7 % des commandes à 20,9 %. Dans le même temps, les sillons fermes sont en diminution de 16 points par rapport à l’année précédente passant de 76,6 à 60,5 %», relève Pascal Sainson, président de l’Afra et d’Europorte, filiale d’Eurotunnel. Pis, le risque que les sillons fermes commandés ne circulent pas (appelés «trous de régime») augmente aussi de 11,7 % en 2015 à 18,6 % ! «Il est impossible de nous demander de payer plus cher un service de moins bonne qualité».

Quid du contrat de performance État-SNCF Réseau

Face à cette situation, Pascal Sainson avec le concours des présidents Denis Choumert de l’AUTF, Delphine André du GNTC, Jacques Chauvineau d’Objectif OFP et Ghislain Billaudel à la tête de la Commission fret de l’Union TLF ont appelé le gouvernement le 2 février à Paris «à prendre ses responsabilités de «stratège», d’autorité de tutelle et d’arbitre dans l’allocation des ressources». Conformément à la loi portant réforme ferroviaire du 4 août 2014, ils demandent l’établissement d’un contrat de performance entre l’État et SNCF Réseau.

"Il est impossible de nous demander de payer plus cher un service de moins bonne qualité"


Cette convention prévue sur une durée de dix ans dans le cadre de cette loi conditionne le gestionnaire d’infrastructure «à atteindre ses objectifs de sécurité, de qualité de service et de maîtrise des coûts». Tel est le moyen d’arrêter «le pilotage à vue actuel du fret ferroviaire, ce contrat de performance doit rapprocher le coût du sillon en France de 4,8 euros par train-kilomètre, de la moyenne européenne à 2,8 euros».

Reconduire la compensation financière "Fret"

Cette évolution suppose «la présentation d’une analyse transparente, détaillée et argumentée des coûts d’infrastructure pour le fret ferroviaire», souligne Pascal Sainson. Demandée à chaque conférence nationale pour la relance du fret ferroviaire, «la mise en place d’indicateurs de qualité de sillons» est une nouvelle fois défendue. «Ces indicateurs doivent permettre de corréler le prix des sillons à la qualité du service d’infrastructure». Et puisque SNCF Réseau semble avoir oublié les gains de productivité promis lors de sa création, les opérateurs ferroviaires privés et leurs clients l’exhortent à «prendre en compte les leviers de productivité recensés dans les rapports de la Cour des comptes et du Conseil général de l’environnement et du développement durable»… Dans l’immédiat, ils appellent les pouvoirs publics à intervenir pour geler les redevances fret sur la base des tarifs 2016. Autrement dit, à reconduire la compensation financière arrêtée en 2015 pour «alléger» les péages fret tant que la qualité du service sur le réseau ne leur permettra pas d’être compétitifs. La prochaine conférence pour la relance du fret ferroviaire est programmée mi-2016…

Érick Demangeon

Mercredi 3 Février 2016



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