Panama veut redorer son image en dévoilant un canal rénové


Chahuté par un scandale mondial d'évasion fiscale, Panama veut se montrer sous son meilleur jour dimanche 26 juin en dévoilant une version rénovée et élargie de son célèbre canal, fruit de neuf ans de travaux, explique son administrateur, Jorge Quijano.


© Sacyr
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"Nous montrons au monde le vrai visage de Panama et cela doit avoir un effet positif sur l'image du pays face à ces adversités que nous traversons", affirme Jorge Quijano, à cinq jours de l'inauguration officielle de l'infrastructure, à laquelle 70 chefs d'État et de gouvernement ont été conviés. Ces "adversités", comme il le dit pudiquement, c'est le vaste scandale des "Panama Papers", qui a révélé début avril l'utilisation à grande échelle de sociétés offshores, via le cabinet d'avocats panaméens Mossack Fonseca, permettant de placer des actifs dans des territoires opaques et à très faible fiscalité.
Dimanche 26 juin, c'est avec le centenaire canal de Panama, déclaré l'une des sept merveilles du monde moderne, que le pays d'Amérique centrale veut attirer l'attention mondiale. "Nous avons agrandi la merveille. C'est une grande étape pour un petit pays et cela nous remplit d'orgueil d'avoir réussi à le faire", confie Jorge Quijano.
Dans sa nouvelle version, le canal long de 80 km, par lequel transite 5 % du commerce maritime mondial, pourra accueillir des navires transportant jusqu'à 14.000 conteneurs, le triple de la capacité actuelle. "Quelque 97-98 % de la flotte de porte-conteneurs circulant actuellement peuvent passer dans les nouvelles écluses du canal. Et avec eux nous allons donc faire de bonnes affaires", estime l'administrateur, qui mise notamment sur une plus forte présence des navires transportant du gaz naturel liquéfié.
L'objectif : en dix ans, doubler les plus de 300 millions de tonnes transitant chaque année et tripler le milliard de dollars de recettes annuelles. "La première année, c'est probable que nous arrivions à 1,4 ou 1,5 milliard de dollars de recettes et après cela augmentera peu à peu", dit Jorge Quijano, prévenant toutefois que cela "dépend du niveau de croissance des pays utilisant le canal de Panama". L'idée est aussi de récupérer "une bonne partie" du trafic passant par le canal de Suez, la route panaméenne permettant d'économiser quinze jours pour les navires allant d'Asie vers la côte Est des États-Unis.

"C'est une grande étape pour un petit pays"


Entamé en 2007, le chantier pharaonique comprenait l'installation de nouvelles écluses, l'élargissement des voies d'accès et l'approfondissement du lit du canal, dont les principaux clients sont la Chine et les États-Unis. En neuf ans, il a consommé assez d'acier pour édifier 20 tours Eiffel. Mais il a connu bien des soubresauts, accumulant vingt mois de retard et un surcoût de 200 millions de dollars par rapport au budget initial, de 5,25 milliards. "En additionnant tout, nous arrivons à un coût de 5,45 milliards de dollars" en raison de rallonges demandées par le consortium Groupe unis pour le canal (GUPC), chargé des travaux, mais "il reste encore d'autres réclamations" financières du GUPC.
Inquiet des surcoûts, le consortium, qui réunit les groupes espagnol Sacyr, italien Salini Impregilio, belge Jan de Nul et panaméen Constructora Urbana, n'avait pas hésité à geler le chantier en 2014 pour réclamer un budget supplémentaire, estimant avoir besoin au total de 3,5 milliards de dollars. Ce litige avec les constructeurs, ainsi que plusieurs conflits sociaux, ont fait rater à Panama une date fatidique, les autorités visant au départ une inauguration en 2014, pour le centenaire du canal.
Dimanche, c'est un navire chinois, désigné par tirage au sort, qui sera le premier à traverser le canal élargi, au cours d'une cérémonie où ont notamment été conviés les présidents américain, Barack Obama, et chinois, Xi Jinping. "Moi je n'ai jamais eu le moindre doute que le chantier allait se terminer, le problème était quand", confie Jorge Quijano. "L'histoire nous a donné raison" et la "satisfaction" de voir les travaux conclus "a une saveur très agréable, qui fait oublier toutes les vicissitudes".

Juan José Rodríguez

Mardi 21 Juin 2016



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