Pas de remise en cause à Notre-Dame-des-Landes



Pas de remise en cause à Notre-Dame-des-Landes
La commission chargée de calmer le jeu dans l'épineux dossier de l'aéroport de Notre-Dame des Landes, près de Nantes, a justifié mardi 9 avril l'utilité du projet controversé, tout en préconisant des aménagements afin d'en limiter l'impact environnemental. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes et fervent partisan du futur aéroport, a immédiatement réagi en réaffirmant "son attachement à poursuivre la conduite de ce projet", en promettant "dialogue" et "échange constructif".
Mais pour Europe Écologie-Les Verts (EELV), partenaire du Parti socialiste au sein du gouvernement, les conclusions de la commission au contraire "reportent sine die le projet". "Si la commission du dialogue estime, sortant ainsi de sa feuille de route initiale, que le projet est "justifié", ses observations, recommandations et conclusions démontrent surtout que le projet est aussi fragile que mal formaté", indique le parti écologiste.
Dans ses conclusions, la commission du dialogue estime que "le réaménagement de l'actuelle aérogare de Nantes-Atlantique n'apparaît pas comme une solution viable à long terme". Elle recommande en revanche d'améliorer le projet de Notre-Dame-des-Landes en réduisant notamment "autant que possible" la surface totale de la future infrastructure.
Cette commission n'avait pas pour mandat de remettre en cause le futur aéroport, mais de tenter d'apaiser les esprits après de violents affrontements entre opposants et forces de l'ordre qui les expulsaient à l'automne.
Dans son rapport, remis au ministre délégué chargé des Transports, Frédéric Cuvillier, elle récuse l'idée d'un simple "réaménagement de Nantes-Atlantique" en soulignant notamment que "les perspectives de trafic prévoient d'atteindre 4,2 millions de passagers autour de 2018-2020". Ce chiffre "correspond au niveau de saturation estimé lors du débat public pour l'aérogare actuelle et qui est corroboré par le constat effectué pendant les 36 jours de pointe de l'année 2012", relève le document. "Actuellement, l'aéroport de Nantes n'est pas saturé, mais le développement du trafic qui est prévisible fait penser qu'il le sera à terme de quelques années", a résumé le président de la commission, Claude Chéreau.
La Commission préconise une évaluation des coûts d'un éventuel "réaménagement de l'aéroport actuel" afin de "mettre un terme à une polémique inutile" concernant la possibilité, soutenue par les opposants à Notre-Dame-des-Landes, d'adapter Nantes-Atlantique plutôt que de construire un nouvel aéroport. Ses autres recommandations portent sur la réduction de la surface totale du futur aéroport. Elle souligne l'importance de réduire "autant que possible" l'emprise du projet sur les terres agricoles, notamment en réduisant la surface des parcs de stationnement et celles des activités économiques autour de l'aéroport. Elle ajoute que les perspectives de desserte du nouvel aéroport mériteraient d'être clarifiées, notamment pour ce qui concerne les transports collectifs. La commission suggère en outre d'"actualiser" les plans d'exposition au bruit pour l'actuel et le futur aéroport afin d'avoir une idée plus précise de leur impact.
Deux autres rapports ont également été remis au gouvernement ce mardi, celui de la mission chargée d'évaluer les pertes et compensations aux terres agricoles, et celui de la commission scientifique d'évaluation du système de compensation environnementale proposé par le maître d'ouvrage, le groupe de travaux publics Vinci. Ce dernier émet douze réserves sur les méthodes prévues dans le cadre de la compensation environnementale, qui "devraient être levées pour que le projet puisse être poursuivi". La mission d'expertise de l'impact du projet sur l'agriculture recommande quant à elle la reconstitution des exploitations agricoles.
Sur la zone du futur aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), les réactions étaient mitigées parmi les opposants, déçus du maintien du projet mais satisfaits de certains éléments des rapports, qui donnent raison selon eux à certains de leurs arguments.

Djallal Malti et Anthony Lucas

Mercredi 10 Avril 2013





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