Petits porte-conteneurs : le gigantisme vu d'en bas


L'arrivée sur le marché de la ligne régulière de porte-conteneurs de plus en plus gigantesques a aussi pour conséquence la disparition progressive des navires les plus petits. C'est en Europe que la tendance est la plus marquée.


© Franck André
© Franck André
Par effet de cascade, les petits porte-conteneurs sont les plus touchés par la course au gigantisme. Les unités de moins de 1.000 EVP sont ainsi les premières "victimes" des désarmements de navires. "Cette catégorie, qui a longtemps prévalu sur les services de feedering ou de cabotage, est progressivement remplacée par des navires plus gros", explique Alphaliner. Selon les chiffres du cabinet de consulting, 58 navires de 500 à 999 EVP étaient désarmés début août, sur les 773 unités cellularisées de cette capacité en état de naviguer dans le monde, soit 7,5 %. Ce taux est seulement de 3,5 % pour les navires de plus de 1.000 EVP. Alphaliner observe également que les propriétaires non-opérateurs assument la quasi-totalité des désarmements de petits porte-conteneurs, puisque 54 unités sur 58 sont des navires dédiés au marché de l'affrètement.

Recherche d'économies d'échelle

Ce déclin inéluctable des petites unités est la conséquence de la croissance de la taille de l'ensemble de la flotte observée depuis la construction du premier porte-conteneurs. Celle-ci qui a conduit à la disparition des unités de 100 à 200 EVP, "très populaires sur les services régionaux dans les années 70-80". Une décennie plus tard, ce sont les 200 à 300 EVP qui ont été progressivement remplacés par des porte-conteneurs de 500 EVP. "Au cours des deux ou trois dernières années, les navires de 500-600 EVP ont petit à petit disparu du marché de l'affrètement. C'est désormais le tour des 700 à 900 EVP", explique Alphaliner.
Le cabinet relève parmi les raisons les plus évidentes la différence de coût d'opération par cellule, qui est nettement à l'avantage des plus gros navires. Alors que certains porte-conteneurs de 1.000-1.200 EVP s'affrètent pour 6.000 à 6.500 dollars par jour, ceux de 700 EVP sont loués en moyenne 4.000 à 4.500 dollars et ceux de 800 à 900 se négocient entre 5.000 et 6.000 dollars. "La faiblesse actuelle de la demande en Europe n'aide pas, estime aussi Alphaliner. Plusieurs de ces navires alternent de courtes périodes de désarmement et des rotations d'une à deux semaines. Ils servent de bouche-trous ou en cas d'augmentation ponctuelle des volumes".

"Ces navires servent de bouche-trous ou en cas d'augmentation ponctuelle des volumes"


Une autre raison invoquée par le consultant est le fait que certains opérateurs intercontinentaux desservent désormais en direct des ports de la mer Baltique, grand marché pour les navires feeders, depuis l'Asie. C'est le cas de Maersk Line, avec son service AE-10, ce qui a pour conséquence de réduire les besoins en feeders pour desservir la Pologne et de raccourcir les rotations des services intrabaltiques puisque le hub est ainsi déplacé de Bremerhaven à Gdansk. Les navires de capacité inférieure à 700 EVP ont donc de plus en plus de mal à exister face aux modèles supérieurs et aux économies d'échelle que ces derniers permettent de faire.
L'Europe du Nord, première utilisatrice de petits navires du fait des flux vers les états baltes et les îles britanniques, concentre donc logiquement la plus grande part des unités désactivées (30 navires). Elle devance dans ce domaine l'Asie (16 unités), la Méditerranée (6) et les Caraïbes (4).

Porte-conteneurs sans cellules

Ceci étant, les petits porte-conteneurs ne sont pas devenus complètement obsolètes. "Il reste pas mal de trades qui emploient des navires de moins de 600 EVP, remarque Alphaliner, mais ils sont opérés par des transporteurs de niche ou régionaux qui exploitent leur propre flotte". D'après le consultant, de nombreuses petites unités déplacées d'Europe vers l'Asie sont dans ce cas, tandis que certaines ont été converties en navires conventionnels après démontage de leurs cellules à conteneurs.
Alphaliner évoque aussi la "porosité" des classes de navires, conventionnels et porte-conteneurs. Le consultant rappelle ainsi que beaucoup de ces petits feeders ne sont pas cellularisés car cela n'est pas nécessaire pour charger des conteneurs sur trois hauteurs. "Il y a aujourd'hui 103 navires sans cellule de 500 à 999 EVP employés comme des porte-conteneurs à part entière, pour 773 navires cellularisés". Cette porosité disparaît progressivement à l'approche des 1.000 EVP.

Franck André

Jeudi 8 Août 2013



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