Philippe Dehays, président de l’UPR : "Hervé Morin semble à notre écoute"


Il ne cesse de répéter qu’il souhaiterait davantage de commerciaux et d’opérationnels dans les instances représentatives des ports. Et moins de "technocrates" ou de politiques, de quelque bord que ce soit. Mais il semble placer quelque espoir en Hervé Morin, nouveau président de la région Normandie. Philippe Dehays, président de l’Union portuaire rouennaise (UPR), explique pourquoi.


© Éric Houri
© Éric Houri
Pour une fois, un élu semble avoir votre confiance. Pour quelles raisons ?

Nous l’avions invité pendant la campagne électorale. Et cet été, il a répondu par deux fois favorablement à nos sollicitations, dont en juillet lors d’un comité directeur de l’UPR. Il nous a semblé à l’écoute. Nous avons saisi ces occasions pour lui exposer nos problématiques et lui demander d’intervenir auprès de qui de droit. À son invitation, nous devons faire le point début octobre.

Quelle sont les messages et à qui sont-ils destinés ?

En premier lieu, au président du Grand Port maritime et son Conseil de surveillance, le Conseil régional ayant deux représentants en son sein. Nous demandons l’accélération de l’étude cofinancée par le port, la Métropole et l’UPR relative au développement et à la compétitivité de la filière logistique sur le domaine du port de Rouen. L’accord pour cette étude date de début 2015. Le cabinet Mensia Conseil a été retenu par le port. Un rapport d’étape a été transmis au printemps. Il confirme les handicaps des offres rouennaises pour de nouvelles implantations logistiques ou industrielles en matière de foncier et de fiscalité. Le Copil suivant n’était programmé que le 23 septembre. Or, il y a urgence si nous voulons attirer de nouveaux investisseurs et même conserver des entreprises déjà implantées.

"Une région douanière unique pour la vallée de la Seine"


Autre destinataire ?

La Direction générale des douanes. Si le concept d’axe Seine, comme c’est notre conviction, a un sens, il doit déboucher pour les pouvoirs publics, au-delà des incantations, sur des mesures concrètes. Nous proposons la mise en place d’une région douanière unique pour la vallée de la Seine qui actuellement relève de la compétence de trois interrégions et d’au moins quatre régions, d’où une surenchère de formalités.

Vous avez des messages également à l’égard du gouvernement ?

Oui, d’abord pour le ministère de l’Industrie. Une fois encore, l’affirmation par l’État de la vocation logistique et industrialo-portuaire de l’axe Seine n’a de sens que si elle s’appuie sur une organisation adaptée. Nous proposons une Dreal dédiée et unique qui serait dotée de compétences spécifiques l’autorisant à expérimenter des procédures d’excellence permettant d’accélérer l’instruction administrative des dossiers, histoire de tendre vers les délais observés dans les ports concurrents nord-européens.

D’autres ministères sont visés ?

Ceux des transports et des finances. Depuis dix ans, l’État n’honore qu’à hauteur de 60 % environ ses obligations légales en matière d’entretien des accès maritimes, de dragage notamment. Ce qui affecte les résultats du port. Et paradoxalement, dans le même temps, il ponctionne chaque fin d’année 35 % de ces résultats, plaçant régulièrement Rouen dans le trio de tête des ports contributeurs devant Le Havre et Marseille. Ce point a d’ailleurs été relevé dans le rapport Fourneyron-Revet.

Et à la région, vous avez quelque chose à demander ?

Le port de Rouen est d’ores et déjà en pointe dans l’importation de produits de biomasse, comme les black pellets par exemple. La région pourrait adopter un dispositif incitatif en faveur des industries qui feraient le choix d’une mutation énergétique allant dans le sens de ces produits de substitution.

Vincent Rogé

Vendredi 23 Septembre 2016



Lu 7 fois



Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 28 Septembre 2016 - 16:22 Haropa : l’axe Seine en travaux


     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse