Pilotage du Havre : anticiper


Former, moderniser, anticiper, telle est la feuille de route du nouveau président de la station de pilotage Le Havre-Fécamp, Gilles Lanfranchi.


© Éric Houri
© Éric Houri
Quand deux mastodontes de près de 400 mètres se croisent à l’entrée de Port 2000, les manœuvres sont, à l’évidence, délicates. Des navires de cette taille, Le Havre en aura accueilli près de 76 en 2016, avec un volume moyen piloté de 103.000 m3. Et les navires de plus de 360 mètres représentent 257 escales depuis le début de l'année.
Cette évolution vers le gigantisme "nous oblige à toujours nous remettre en question", commente Gilles Lanfranchi. Le nouveau président de la station de pilotage du Havre-Fécamp (49 pilotes, 43 salariés, 6 vedettes et 1 hélicoptère), élu en avril pour deux ans, précise : "Face à l’évolution de notre environnement, des navires et de la technologie, nous devons maintenir le niveau élevé de la qualité de nos prestations, tant au niveau humain que matériel". Car le pilote est, rappelle Gilles Lanfranchi, "le premier et le dernier maillon de cette grande chaîne logistique et humaine qu’est le transport maritime, où tous les acteurs interconnectés jouent leur rôle".

Des formations personnalisées

Cette exigence de qualité revendiquée par les pilotes passe par une formation permanente. Si Le Havre est la première station de France à s’être équipée d’un simulateur, il y a une dizaine d’années, "nous ciblons les besoins et personnalisons les formations, en les adaptant aux pilotes selon leur expérience ainsi qu’à nos patrons des pilotines".

Gilles Lanfranchi, président de la station de pilotage Le Havre-Fécamp © Éric Houri
Gilles Lanfranchi, président de la station de pilotage Le Havre-Fécamp © Éric Houri
Un jeune pilote suit des séances hebdomadaires sur simulateur, un pilote expérimenté entre deux et quatre jours par an. S’ajoutent les stages sur le plan d’eau de cinq hectares de Port-Revel, en Isère, à bord de modèles réduits à l'échelle de 1/25e. Le but  est de mettre le pilote en situation au plus proche de la réalité dans des situations parfois très dégradées et d’en tirer des enseignements très concrets. "Nous pouvons modifier tout un nombre de paramètres comme les conditions de courant, vent, houle, trafic et des exercices tels que perte de la barre, perte de la machine, dérive", raconte Gilles Lanfranchi.
Des formations sont également délivrées par l’ENSM à la gestion des ressources à la passerelle (Bridge Resource Management ou BRM), "où nous travaillons beaucoup le facteur humain dont le duo capitaine-pilote, binôme-clé dans les manœuvres". Enfin, au sein de la station, la formation passe aussi par les retours d’expérience : la moindre anomalie fait l’objet d’une fiche d’événement diffusée et analysée en interne ou à l’extérieur avec les autres professionnels (Grand Port maritime du Havre – GPMH –, remorquage, lamanage, manutention…), pouvant donner suite à des reconstitutions sur le simulateur le cas échéant.
Les pilotes font également évoluer le simulateur, en l’équipant, par exemple, des derniers systèmes de propulsion tels que les azipods, en mettant à jour régulièrement des logiciels, en faisant l’acquisition des modèles de navires à partir des plans transmis par les armements partenaires ou encore en travaillant sur les projets d’aménagements des quais programmés par le port du Havre.

"Optimiser le trafic portuaire et la sécurité"


"Notre mission de service public consiste également à être force de proposition vis-à-vis des armements pour qui nous cherchons les solutions techniques afin d'optimiser le trafic portuaire et la sécurité". En quelque sorte, anticiper. C’est ainsi que la station teste sur son simulateur des scenarios afin d’établir des limites de mise à bord et de faisabilité d’une escale, en fonction du navire qui peuvent atteindre 20.000 m2 de surface de voilure et du vent qui peut atteindre 35 voire 40 nœuds. Ces paramètres sont établis en fonction des retours d’expérience des pilotes, du travail sur simulateur et de calculs mathématiques.
Des prévisions qui éviteraient à un navire, comme ce porte-conteneur de Maersk, l’hiver dernier, de rester en rade à l’entrée du port, faute d’avoir anticipé la violence du vent. "Le gigantisme des navires nous oblige à anticiper les phénomènes météo", note Gilles Lanfranchi. L’interface Terre-mer, semestrielle, mise en place par le GPMH, permet à tous les acteurs du monde portuaire d’échanger autour des problèmes rencontrés.

Nouveau système de mesure du vent

La station étudie aussi la mise en place éventuelle d’un système pointu de mesure du vent qui permettrait de mieux connaître le vent en temps réel et de prévoir les tendances à venir, en fonction de la topographie du port. "Cet outil d’aide à la décision permettrait d’anticiper sur les fenêtres météo favorables et d’en informer la capitainerie et l’agent maritime".
La qualité, toujours la qualité : selon les indicateurs de mises à bord établis par le GPMH, pour des retards de mise à bord de moins de cinq minutes, le taux de satisfaction a progressé, atteignant 98 % en 2015. Le tout s’inscrit dans une démarche de certification, avec pour objectif de répondre aux exigences de la nouvelle norme Iso 9001-2015, d’ici 2018.

Natalie Castetz

Mercredi 21 Septembre 2016



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