Piraterie : présentation du projet de loi sur les gardes armés embarqués


Le ministre des Transports Frédéric Cuvillier présente en Conseil des ministres le projet de loi visant à autoriser la présence de gardes armés sur les navires de commerce français.


© CMA CGM
© CMA CGM
Le projet de loi avait été annoncé début décembre par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à l'occasion des Assises de l'économie maritime et du littoral. Frédéric Cuvillier, son ministre des Transports présentera vendredi 3 janvier un texte qui autorise les navires de la flotte marchande française à embarquer des agents de sécurité privés dans les zones exposées à la piraterie, et qui encadre cette présence.

Débat à l'Assemblée en février

Un contrat commercial pourra être signé entre l'entreprise de protection et l'armateur. L'État aura un rôle de régulateur : il s'assurera que les entreprises candidates sont aptes à exercer cette activité, puis contrôlera le respect des règles de leur part. Le gouvernement insiste sur l'encadrement "très strict" de ce dispositif : il sera autorisé uniquement dans les zones à haut risque, l'usage de la force sera limité aux cas de légitime défense et les conditions d'armement strictement encadrées... Le projet de loi doit être débattu à l'Assemblée nationale dès le mois de février.

"L'incertitude est source de perte de marchés pour les navires français"


Il s'agit, a expliqué Frédéric Cuvillier, "de défendre le pavillon maritime français. Il est fondamental que tout armateur de navires français puisse garantir à 100 % à ses clients qu'il aura la possibilité de faire voyager les marchandises avec le maximum de sécurité. En effet, l'incertitude est source de perte de marchés pour les navires français".
Depuis 2008, l'État met à la disposition des navires exposés à ce risque l'équivalent de 152 personnels militaires de la Marine nationale (commandos marine ou fusiliers-marins). Il n'est répondu favorablement qu'à 70 % de la trentaine de demandes reçues chaque année, mais le besoin réel serait en fait supérieur aux demandes formulées. Selon Frédéric Gallois, directeur général délégué de la société de sécurité privée Gallice Security, leader français des agents de sécurité embarqués, "ce marché est dominé par des entreprises anglo-saxonnes même s'il reste quelques marchés à prendre chez les armateurs français". "Des armateurs français, dit cet ancien commandant du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), ont déjà "dépavillonné" il y a quelques années pour pouvoir embarquer des équipes de sécurité privées".

Un poids financier pour les armateurs

Depuis quatre ans, Gallice Security s'est lancée dans l'embarquement d'agents privés à bord de navires asiatiques ou de thoniers espagnols en installant des bases dans l'Océan Indien (Seychelles, Ile Maurice, Madagascar), explique Frédéric Gallois. La société emploie actuellement une vingtaine d'anciens commandos marine français ou d'ex-membres de forces spéciales de pays asiatiques. Une équipe sur un navire, ajoute-t-il, compte trois à quatre hommes qui se relaient 24 heures sur 24 pour un coût quotidien de 2.000 à 3.000 dollars, selon la durée de l'embarquement.
Sur les quinze pays de l'Union européenne disposant d'une flotte de commerce importante, onze autorisent la présence d'entreprises privées armées à bord de leurs navires. Les conséquences économiques de la piraterie pour les armateurs sont évaluées entre 5,1 et 8,7 milliards d'euros par an au niveau mondial, du fait des dépenses de carburant dues à l'accélération de la vitesse dans les zones à risque, des coûts liés aux assurances, des dépenses de sécurité et des primes aux équipages. Plus de 230 attaques ont été recensées en 2013 par le Bureau maritime international (BMI).

Julie Chabanas

Jeudi 2 Janvier 2014



Lu 213 fois



Dans la même rubrique :
< >

     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse