Ports, cheville ouvrière des enjeux environnementaux


Connus pour leur rôle dans les chaînes d’approvisionnement logistiques, les ports le sont moins pour leurs actions en faveur de la préservation de la biodiversité, et la promotion d’initiatives économiques durables. Présidée par Hervé Martel, l’Union des ports de France a choisi le Grand Palais pour présenter l’étendue de leurs missions liées à la mise en œuvre de la transition énergétique et écologique.


Pour la première fois, les ports membres de l’UPF ont chiffré les investissements qui intègrent une dimension environnementale. Sur la période 2015-2020 dans le cadre des projets stratégiques et des CPER ou CPIER, 1.971 millions d’euros (hors canal Seine-Nord Europe) seront ainsi engagés pour améliorer leurs dessertes, le report modal et leur développement industriel durable. À côté de ports déjà récompensés pour leurs initiatives comme Haropa et La Rochelle, d’autres projets sont valorisés ce jour au Grand Palais à l’image de la ligne fluviale conteneurisée à l’étude sur canaux à petit gabarit entre Dettwiller et Strasbourg. Mise en avant également, l’autoroute de la mer portée en France par le port de Brest. Baptisée Atlantic Intermodal Services (Atlantis), elle a été retenue en juillet 2015 par la Commission européenne au titre du programme «Connecting Europe Facility». Début 2017, Atlantis relierait les ports de l’arc Atlantique de Brest, Porto et Liverpool, ainsi que leur hinterland au moyen de navettes ferroviaires. Saluée aussi, la création de l’OFP Sud-Ouest par la CCI Bayonne-Pays basque, gestionnaire du port de Bayonne desservi par le nouvel opérateur. L’action commune des ports de Marseille et de Sète est enfin encouragée pour développer un accès européen alternatif à l’Europe. Dans ce cadre, Port Sud de France a investi cette année 500.000 euros dans l’aménagement d’un nouveau chantier rail-route, tandis que le CPIER 2015-2020 local a confirmé un budget de 100 millions d’euros pour élargir le canal du Rhône à Sète de 1.500 à 2.500 tonnes.

Économie circulaire

Sur la trentaine d’actions présentées ce vendredi au Grand Palais, certaines ouvrent de nouvelles perspectives si menées à grande échelle. Tel est le cas du déploiement de panneaux photovoltaïques par le port de La Rochelle sur les toits de huit hangars et de sa base sous-marine pour une production totale de 4.5 mégawatts. À Marseille, le branchement électrique à quai des navires de La Méridionale est une autre innovation appelée à se déployer ailleurs, tout comme les projets de mutualisation dans le but de promouvoir l’économie circulaire entre industries portuaires. Piicto à Fos, Ecopal à Dunkerque, Peepos à Bordeaux s’inscrivent dans cette démarche. À Sète, 80 % des déchets organiques du port, soit 600 tonnes par an, sont d’ores et déjà méthanisés pour produire du biogaz.

"Intégrant les enjeux environnementaux, 1.971 millions d’euros seront investis dans les ports français sur la période 2015-2020"


Membres des instances de gouvernance des aires marines protégées, les autorités portuaires en sont aussi les principaux acteurs de leur protection. Cette mission se traduit, par exemple, par le suivi de la qualité des eaux et de la faune ainsi qu’au travers le traitement et la valorisation des sédiments de clapage. Depuis 2015, la CCI Nice-Côte d’Azur, gestionnaire du port départemental de Nice, a franchi une nouvelle étape avec la mise en place d’un système de monitoring environnemental. Dans le cadre du projet européen Mermaid, son périmètre original couvre le suivi des nuisances sonores liées aux activités portuaires et la qualité de l’air.

Transition énergétique

Maillons historiques de la supply chain et de la sécurité des approvisionnements en pétrole de la France, les ports s’inscrivent aussi dans le mouvement de la transition énergétique. Cette vocation est confirmée via, par exemple, leurs terminaux méthaniers à Marseille, Nantes et, demain, Dunkerque appelés à participer au soutage GNL des navires, et à la mobilité terrestre au moyen du gaz naturel. À l’image de Cherbourg, Nantes, Le Havre, Dunkerque, Brest, Marseille ou Sète, ils sont (ou seront) les bases logistiques arrière des développements industriels actuels et futurs dans les énergies marines. De l’aménagement à l’exploitation des champs éoliens, en passant par la production de turbines, mâts et pales, les ports apparaissent sur toute la chaîne des EMR dont les enjeux dépassent le seul cadre environnemental…

Érick Demangeon

Jeudi 3 Décembre 2015



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