Ports du Rhin : l’émergence d’un corridor de coopérations


Deux projets européens impliquant une dizaine de ports entre Rotterdam et Gênes démontrent la capacité à développer des projets communs au-delà des frontières.


De gauche à droite : Félix Günther et Ralph Schlusche représentant le projet "Code 24", Catherine Trautmann présidente du Port autonome de Strasbourg, Patricia Erb-Korn (port de Karlsruhe) et Raphaël de Boisgrollier (Mensia Conseil) © Christian Robischon
De gauche à droite : Félix Günther et Ralph Schlusche représentant le projet "Code 24", Catherine Trautmann présidente du Port autonome de Strasbourg, Patricia Erb-Korn (port de Karlsruhe) et Raphaël de Boisgrollier (Mensia Conseil) © Christian Robischon
Accueillie dans les bâtiments du Parlement européen à Strasbourg le jour même du vote du nouveau paquet pluriannuel de 26 milliards d’euros pour les transports ("L’Antenne" du 26 novembre), la conférence "Corridor and Territories" a porté à connaissance le projet Code 24, référence au numéro du corridor Rotterdam-Gênes qui le structure. "Cet axe transporte 700 millions de tonnes par an", rappelle Ralph Schlusche, directeur de la région Rhin-Neckar, chef de file du projet doté de 8 millions d’euros de fonds nationaux et européens (Interreg).

"Vous êtes des précurseurs de visions au-delà des frontières"


Dix-sept partenaires publics et privés hollandais, allemands, français, suisses et italiens, dont les deux grands ports terminus, s’efforcent depuis trois ans de coordonner les projets de développement d’infrastructures, de manière à les hiérarchiser, à les harmoniser avec les projets urbains qui les parcourent comme le quartier d’affaires européen de Francfort, à évaluer les impacts environnementaux et les mesures compensatoires à instaurer, enfin à assurer une promotion commune des territoires. "Alors que chercher à tout faire coûterait 35 milliards d’euros, nous parvenons à une liste prioritaire d’environ 19 milliards d’euros concentrée sur des goulets d’étranglement comme Arnhem (Pays-Bas), Francfort-Mannheim, Bâle-Jura en Suisse et la frontière Suisse-Italie", détaille Félix Günther, de l’École polytechnique fédérale de Zurich, auteur de l’étude de faisabilité. L’effort doit porter en premier lieu sur le ferroviaire, dans ce corridor qui capte la moitié du fret ferré européen.

Complémentarité sur le Rhin supérieur

Second projet mis à l’honneur, l’Upper Rhine-Connected Corridors se focalise d’avril 2012 à fin 2014 sur la coopération entre les neuf ports intérieurs allemands, suisses et français de l’axe Bâle-Ludwigshafen. Ils en financent la moitié du budget de 1,7 million d’euros aux côtés des fonds RTE-T de l’Union, sous le pilotage du Port autonome de Strasbourg. La première phase a consisté à mesurer la force commune : 50 millions de tonnes et 730.000 EVP soit 30 % du trafic rhénan. "Bien diversifié dans ses types de trafic, l’ensemble présente une complémentarité très propice à une stratégie commune de développement : produits agricoles le long de la rive française, pôle chimie à Ludwigshafen, déchets métallurgiques à Kehl, pétroliers surtout présents à Karlsruhe, Strasbourg, Bâle et Ludwigshafen", souligne Raphaël de Boisgrollier, du cabinet Mensia Conseil, auteur de l’étude préalable. La seconde phase doit déboucher sur un schéma directeur d’investissements dont plusieurs thèmes se dessinent d’ores et déjà : amélioration des accès ferroviaires et routiers des différents ports, "partage" de terminaux pour le stockage des conteneurs vides. Le tout dans une perspective réjouissante de croissance de 25 à 40 % des flux d’ici 2025.
Les deux projets restent tributaires pour leur traduction concrète des financements publics qu’ils ne maîtrisent pas. Ils n’en envoient pas moins un signal positif et la Commission européenne apprécie : "Vous êtes des précurseurs de visions au-delà des frontières, puissiez-vous faire de nombreux émules", a salué son représentant, Richard Ferrer, responsable du programme Trans-European Transport Network.

Christian Robischon

Jeudi 28 Novembre 2013



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