Pour une expérimentation de l'Écotaxe en Alsace-Lorraine


François Hollande a profité d'un déplacement en Lorraine pour proposer une "expérimentation" de l'Écotaxe en Alsace-Lorraine, deux régions favorables au dispositif abandonné au niveau national, et donner des garanties sociales aux salariés d'Ecomouv'.


© Lyon Capitale
© Lyon Capitale
François Hollande est pour une expérimentation de l'Écotaxe en Alsace-Lorraine. "Je sais ce que supportent ces deux régions avec le trafic poids lourds en provenance de l'étranger. Il y aura donc discussion. Une expérimentation peut être envisagée si les élus en décident et si elle est compatible avec nos engagements européens", a déclaré le président dans un entretien au "Républicain lorrain" et à "L'Est républicain" paru lundi 24 novembre.
L'Alsace notamment avait plaidé, dès 2005, pour expérimenter une taxe poids lourds sur son territoire, pour éviter un surplus de trafic de transit sur son axe Nord-Sud après la mise en place d'une taxe similaire par l'Allemagne voisine. L'idée d'une telle contribution avait été finalement reprise pour l'ensemble du territoire français lors du Grenelle de l'environnement en 2007.
"On peut réfléchir" à une expérimentation régionale "parce qu'on a toujours ce différentiel de trafic avec l'Allemagne", a déclaré lundi 24 novembre Philippe Richert, le président UMP de la région Alsace. Cependant, "l'introduire maintenant alors que l'ensemble du pays est en crise, que nos transporteurs sont dans une situation délicate, ça me paraît un peu compliqué", a-t-il estimé. Il faudrait également repenser les modalités de cette taxe et clarifier le futur territoire où elle s'appliquerait, alors que l'Alsace doit fusionner avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne. Cela impliquerait aussi de transférer aux régions la compétence des routes nationales et "regarder comment l'État accompagne ce transfert en termes de moyens", selon Philippe Richert.
"On est prêt à se mettre autour d'une table pour regarder les conditions de faisabilité de cette suggestion du président de la République. Ne perdons pas de temps, mettons-nous au travail", a réagi son homologue lorrain, Jean-Pierre Masseret (PS), indiquant avoir brièvement évoqué le sujet avec le chef de l'État lundi 24 novembre. "Il faut regarder dès maintenant le cadre juridique à partir duquel il serait possible d'agir, mais cela suppose une évolution législative, des vérifications à faire avec le cadre européen", dans laquelle une telle expérimentation pourrait s'inscrire, a-t-il précisé.

"Lueur d'espoir pour les salariés d'Ecomouv'"


Jean-Pierre Masseret a aussi jugé "vraisemblable" qu'une réutilisation régionale du dispositif de l'Écotaxe pourrait contribuer à reclasser des salariés d'Ecomouv'. François Hollande a rencontré lundi 24 novembre à Metz une délégation de représentants du personnel d'Ecomouv', a-t-on appris auprès de son entourage. Le président a réitéré sa promesse d'assurer aux quelque 200 salariés de la société, dont 157 sont basés à Metz, "une transition d'un an avec garantie de salaire", en attendant que des solutions de reclassement leur soient proposées. "Des discussions sont en cours avec l'actionnaire pour trouver les moyens de les maintenir dans l'emploi, de leur garantir leurs salaires à court terme et de les orienter professionnellement à plus long terme", a-t-il poursuivi en substance, toujours selon son entourage, rappelant que "des bilans individuels de compétences vont être effectués pour chacun d'entre eux".
"C'est plutôt positif", s'est félicité Olivier Kamiri, représentant CGT des salariés d'Ecomouv', à l'issue de cet entretien à la préfecture de la région Lorraine qui a duré "une quarantaine de minutes", selon lui. Une expérimentation régionale de l'Écotaxe est une piste de reclassement sur laquelle "l'État va travailler", tout comme la proposition de la CGT Cheminots de réaffecter les salariés d'Ecomouv' à la SNCF Lorraine, selon Olivier Kamiri.

L'Écotaxe n'est pas abandonnée

Le principe de l'Écotaxe n'est pas abandonné, malgré la suspension du contrat qui liait l'État à Ecomouv', consortium chargé de la collecter, a affirmé lundi 24 novembre la ministre de l'Écologie et de l'Énergie, Ségolène Royal. La décision du gouvernement prise le mois dernier est "la suspension du contrat avec Ecomouv' qui n'est pas la suspension de l'Écotaxe et certainement pas la suspension non plus du principe pollueur/payeur", a déclaré la ministre lors d'une conférence de presse consacrée à la Conférence environnementale, organisée les 27 et 28 novembre à Paris. Le 9 octobre, à l'issue d'une réunion avec les transporteurs routiers qui menaçaient de manifester contre le péage de transit poids lourds, Ségolène Royal avait annoncé la suspension "sine die" de l'Écotaxe. La résiliation du contrat avec Ecomouv' avait été annoncée le 30 octobre. "Je le répète, il y a beaucoup de confusion sur ce sujet : ce n'est pas la suspension de l'Écotaxe, qui est inscrite dans la loi, c'est la suspension des modalités de l'application de cette Écotaxe sous la forme du contrat Ecomouv' qui n'était pas opérant et d'ailleurs qui n'a pas commencé, même dans son aspect expérimentation", a expliqué lundi 24 novembre la ministre.
Le gouvernement avait aussi annoncé la mise en place d'un groupe de travail pour définir comment les transporteurs pouvaient contribuer au financement des infrastructures publiques de transport auquel était destinée l'Écotaxe. Ces discussions, conduites par le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, devront déboucher "d'ici juin 2015", a précisé Ségolène Royal, et faire l'objet d'un débat devant le Conseil national sur la transition écologique.

Étienne Balmer

Mardi 25 Novembre 2014



Lu 186 fois



Dans la même rubrique :
< >

     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse