Premières rencontres des "Initiatives pour l’avenir des grands fleuves"


Un an après son lancement annoncé lors des 80 ans de la Compagnie nationale du Rhône, l’observatoire «Initiatives pour l’avenir des grands fleuves» a récemment tenu sa première session à Lyon, au Musée des confluences, siège de cette structure particulière d’analyses, de dialogues, de propositions et d’échanges des bonnes pratiques relatives aux fleuves du monde.


© Constran
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Pour un coup d’essai, la satisfaction est affichée. Élisabeth Ayrault, PDG de la Compagnie nationale du Rhône (CNR), et Érik Orsenna, président d’Initiatives pour l’avenir des grands fleuves (IAGF), ont su intéresser à leur dessein un grand nombre de gestionnaires, spécialistes, ministres, utilisateurs des fleuves de nombreux pays. Pendant trois jours, le Sénégal, le Parana, le Mékong, le fleuve Rouge, le Saint-Laurent, le Danube, le canal de Panama et d’autres encore ont fait l’objet d’observations diverses. Si ces spécialistes ont répondu «présents», c’est bien que l’initiative répond à une demande face aux enjeux immenses qu’engendrent l’eau et les fleuves.
«La CNR a la chance de gérer un fleuve dans sa globalité, ce n’est pas fréquent dans le monde. Beaucoup de fleuves sont «morcelés». Ils dépendent de plusieurs pays, ministères et tutelles. Mais si les fleuves sont différents, s’ils sont gérés différemment, on retrouve à leur sujet bien souvent les mêmes problématiques. Chacun voit son fleuve avec son expertise mais la vision de l’autre est importante», explique Élisabeth Ayrault. La démarche entreprise n’est pas «gratuite». «Il ne s’agit pas d’un gadget, nous devons y trouver notre intérêt, d’une part, pour que la CNR soit davantage connue dans le monde… et même en France. Et d’autre part, nous avons besoin d’apprendre des autres et de voir comment ils peuvent apprendre de la CNR et de ses savoir-faire». L’interaction est donc un maître-mot de l’observatoire.

"Les fleuves sont les colonnes vertébrales des pays"


Le degré de préoccupation diffère d’un fleuve à un autre. Cependant, tous doivent faire face aux conséquences d’agissements délétères, aux pollutions, aux bouleversements climatiques et appellent à l’élaboration de modèles de développement adaptés.
Les fleuves sont des éléments capitaux de nos vies. Ils étaient là avant nous. Ils devront être là après nous. Formé au nord par la confluence du Rio Paranaiba et du Rio Grande, le rio Parana est devenu un élément central des relations internationales sud-américaines. Il est la seule voie de communication directe vers le port d’exportation de Buenos Aires. Les avancées technologiques expérimentées dans le cas des grandes centrales de Jirau et San Antonio, installées au fil de l’eau, laissent penser qu’une conciliation entre les objectifs environnementaux et énergétiques est possible. Le Mékong traverse six États et notamment la Chine. Des millions de personnes dépendent de ce fleuve en termes d’alimentation, de transports et d’énergie. Cette ressource stratégique reste tributaire des relations interétatiques, oscillant entre coopération et rapports de force. Le fleuve Rouge - 1.200 km - prend sa source en Chine. Ses crues parfois très violentes provoquent des inondations régulières tandis que son potentiel hydroélectrique fait l’objet d’une exploitation croissante rendant nécessaire le développement d’une gestion intégrée de la ressource.

Seconde session de l'IAGF à Montréal

L’importance du Sénégal dans une région marquée par des épisodes de sécheresse a renforcé la nécessité pour les quatre États du bassin de coopérer pour la mise en valeur de ce fleuve et a permis de créer un système international unique aujourd’hui encore en matière de gouvernance fluviale… Les barrages et les questions qu’ils génèrent, les crues, les inondations composent des champs d’observations et de réflexions sans fin. Du Saint-Laurent, il sera question en avril 2016 puisque la seconde session de l'IAGF se déroulera à Montréal.
En attendant, la synthèse des travaux lyonnais sera remise en décembre par l’IAGF à Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, lors du grand rassemblement pour le climat - COP21 -, qu’il présidera. Élisabeth Ayrault et Érik Orsenna considèrent que l’eau est la grande oubliée de cette grand-messe de l’environnement. Un comble !

Annick Béroud

Mardi 27 Octobre 2015



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