Que sont devenus les ex-Mory Ducros ?



Fin janvier, un quart des ex-Mory Ducros avaient un emploi © Mory Ducros
Fin janvier, un quart des ex-Mory Ducros avaient un emploi © Mory Ducros
La douloureuse liquidation de Mory Ducros, il y a un an, avait été entourée de la promesse d'un dispositif "exceptionnel" de reclassement. Qu'a-t-il donné ? Fin janvier, environ un quart des personnes suivies avaient un emploi. Les 2.800 salariés licenciés avaient la possibilité de bénéficier d'un contrat de sécurisation professionnelle (CSP) avec 97 % du salaire garanti pendant un an, d'un accompagnement renforcé non limité dans le temps et d'un accès à des milliers d'offres d'emploi. Une écrasante majorité (2.242) ont accepté ce suivi. Les autres ont retrouvé seuls un emploi ou se sont inscrits directement à Pôle emploi. Les premières lettres de licenciement sont parties fin mars 2014. Fin janvier, une "solution" a été trouvée pour un quart des salariés suivis (565), selon Philippe Dole, chargé par le gouvernement de piloter l'opération, tout en soulignant qu'un tel dispositif "ne s'évalue qu'au bout de dix-huit mois". Ainsi, 422 étaient en CDI ou CDD de plus de six mois, 77 en CDD plus courts et 66 en préretraite. Un nombre presque équivalent (549) était en formation. Les autres étaient en général en recherche d'emploi. En neuf mois, 60 % des personnes (1.332) ont bénéficié d'une formation. Un tiers des personnes avaient un projet de reconversion. Quatre fois sur dix, les licenciés étaient conducteurs de métier. Pour environ 200 personnes, une remise à niveau dans les savoirs de base a été engagée, et un tiers ne maîtrisait pas les outils bureautiques. Au regard de ces données, du profil des salariés (47 ans en moyenne avec 17 ans d'ancienneté), de leur dispersion (71 sites dans 21 régions), ces premiers résultats ne sont "pas mauvais", estime Philippe Dole. Mais au vu des "opportunités" d'offres d'emploi (15.000 identifiées en permanence tous secteurs confondus), le haut fonctionnaire les juge "décevants". Plusieurs "freins" ont, selon lui, pesé sur la "mobilisation" des salariés. Beaucoup "n'ont pas voulu prendre le risque" de perdre l'allocation garantie en acceptant un petit contrat, le CSP étant rompu en cas de contrats de moins de 14 jours (une règle qui doit être assouplie au 1er mars). Or, "chaque semaine qui passe" compte, souligne Philippe Dole. Autre frein : pour certains, l'emploi offert aurait entraîné une "perte" par rapport à l'allocation, malgré la compensation de l'État (plafonnée à 300 €/mois pendant vingt-quatre mois).
Les procédures intentées devant les tribunaux pour obtenir davantage d'indemnités ont également pu "distraire" des salariés de leur recherche d'emploi, affirme Philippe Dole. En outre, les offres ouvertes aux ex-Mory Ducros dans les entreprises publiques n'ont pas été au rendez-vous. L'ex-ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, en avait annoncé 500. Au bout du compte, une centaine ont été proposées et une dizaine seulement de recrutements effectués : 6 à la Poste, 3 chez Geodis et 2 à la RATP (d'autres sont en cours). Les salariés croyaient qu'il s'agissait de "postes réservés". "Ils se sont fait rétamer", selon un syndicaliste. À l'avenir, les candidats "seront mieux préparés" aux processus de sélection, promet Philippe Dole.

AFP

Mercredi 11 Février 2015



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