Range Dakar-Cotonou : un panorama portuaire en pleine mutation


Avec une consommation intérieure soutenue par une nouvelle classe moyenne supérieure, l’Afrique de l’Ouest s’impose comme un vaste marché à (re)conquérir. En plus des produits énergétiques et des traditionnelles cultures d’exportation, ce sont les produits manufacturés et industriels qui accompagnent la croissance des trafics des grands ports de la rangée Dakar-Cotonou.


Sur la décennie, les volumes manutentionnés ont plus que doublé pour atteindre 2,3 millions d’EVP. Abidjan et Téma se disputent le statut de plus grands ports sous-régionaux avec des trafics oscillant entre 500.000 et 600.000 EVP. Suivent Dakar en qualité de premier port touché depuis l’Europe de l’Ouest (avec 350.000 EVP) puis le duo Lomé-Cotonou pour un total cumulé supérieur à 400.000 EVP. Enfin, une kyrielle de petits ports aux aires de chalandise souvent nationales complètent un panorama portuaire sous-régional en pleine mutation, animé par de nouvelles concurrences selon trois logiques complémentaires.

"L'ambition d'être mis aux grands standards internationaux"



L’ensemble des ports de l’Afrique de l’Ouest a très longtemps été desservi avec des services directs depuis l’Europe de l’Ouest. Seules quelques lignes feederisées sous-régionales s’orchestraient depuis les plus grands ports. Soutenues par la croissance des trafics sino-africains, des plates-formes d’éclatement (Algésiras, Tanger Med, Las Palmas pour les plus importantes) articulent des services complémentaires aux routes historiques pour desservir les ports ouest-africains.
Les interfaces portuaires ouest-africaines font toutes l’objet de grands plans de modernisation avec des extensions ou des projets de nouveaux terminaux. De Dakar à Cotonou, les acteurs historiques (Bolloré et Getma) et les outsiders sous-régionaux (DP World ou APMT) comptent investir plus de 1,5 milliard de dollars US. La remise aux standards internationaux du traitement des navires sur les interfaces portuaires et surtout la fourniture de capacités portuaires pour traiter les trafics des prochaines années assurés par des unités cellularisées grandissantes constituent les deux grands enjeux.
Il est d’usage de rappeler que les coûts du transport terrestre ouest-africains demeurent parmi les plus élevés du monde, amputant d’autant la compétitivité des productions sous-régionales et le pouvoir d’achat des consommateurs. Au-delà des sempiternelles lacunes des infrastructures terrestres, du système cartellisé des transporteurs routiers ou encore des affres des administrations douanières, les intégrateurs logistiques cherchent à consolider des volumes sur des corridors massifiés. Le saupoudrage de zones logistiques intérieures et des ports secs démontre clairement une intensification de la concurrence interportuaire sous-régionale. L’enjeu demeure toujours de drainer et fidéliser les trafics des arrière-pays nationaux auxquels s’ajoutent les volumes des pays enclavés.

Devenir un hub sous-régional

Dakar et son nouveau terminal (96 millions d’euros d’investissement) voit poindre Conakry et les ambitions du groupe Bolloré pour reconstruire des corridors logistiques guinéens jusqu’à Bamako. Abidjan espère récupérer les trafics d’avant-crise pour relancer son ambitieux projet de l’île Boulay (triplement de la capacité de traitement) mais Téma a prouvé sa fiabilité et continue de s’agrandir sous la pression de Maersk. Enfin, reste le duo Lomé-Cotonou qui lutte pour s’imposer comme la porte d’entrée des trafics de l’est du Burkina, du Niger et de l’ouest du Nigeria. Avec l’implantation réussie de son guichet unique portuaire, Cotonou manifeste un avantage concurrentiel intéressant en matière de fluidification et de transparence dans la gestion des trafics conteneurisés. Mais Lomé lance à son tour une consultation sur le sujet en complément des investissements sur l’extension de ses terminaux conteneurisés. Ces deux ports synthétisent la nouvelle dynamique concurrentielle  : devenir un hub sous-régional grâce à de nouveaux terminaux tout en assurant une consolidation des volumes sur des corridors logistiques fiabilisés avec des services douaniers facilitateurs des échanges.

Yann Alix

Jeudi 22 Décembre 2011


Tags : afrique, coa, evp, port, range



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