Risque maritime, les nouvelles menaces


Le report au 9 avril de l'examen parlementaire du projet de loi autorisant l'embarquement des gardes privés à bord des navires français interpelle. Pour rappeler l'urgence de la situation, le Propeller Club de Paris a organisé une session consacrée à la piraterie et aux nouvelles menaces maritimes avec pour intervenant Stéphane Papillon, directeur de Gallice, société spécialisée dans la sûreté maritime et terrestre. Extrait des débats.


31 actes de piraterie l'année dernière au Nigeria © Ministère de la Défense
31 actes de piraterie l'année dernière au Nigeria © Ministère de la Défense
La piraterie maritime à peine circonscrite dans la corne de l'Afrique que déjà un nouveau foyer apparaît dans le golfe de Guinée. "Aujourd'hui, les actes de violence se multiplient au large du Nigeria avec 31 attaques signalées l'année dernière et 49 personnes prises en otage. Et les pirates nigérians vont de plus en plus loin : au moins cinq des sept détournements de navires enregistrés dans les eaux ivoiriennes, togolaises et gabonaises leur sont attribués", constate  Stéphane Papillon. Le directeur de Gallice distingue les événements récents avec ceux qui ont sévi au large de la Somalie jusqu'en 2012. Dans cette région, quinze attaques ont été recensées l'an passé contre 237 en 2010 ! "Cette diminution est due à plusieurs facteurs. La grande majorité des pavillons autorisent des équipes de protection embarquées tandis que les bases servant aux pirates somaliens ont été supprimées par les forces kenyanes.

"Le coût de la piraterie maritime s'élève à 6 milliards d'euros par an selon l'OMI"


En parallèle, la présence dissuasive des navires de la force internationale Atalante et Shield, combinée à une meilleure coordination et communication entre les différents acteurs dans la zone, s'est accompagnée d'une application pratiquement unanime des mesures du BMP4*". Dans le golfe de Guinée, l'environnement est sensiblement différent. Outre l'absence de forces navales internationales, "le Nigeria interdit aux navires de commerce de naviguer dans ses eaux territoriales avec des équipes de protection étrangères en contradiction avec la Convention de Montego Bay, et les services des seuls Navy nigérians possibles sont à des prix prohibitifs et à l'efficacité contestable". Citant la corruption largement répandue et la complicité de certains pays limitrophes... "les motivations et le comportement des pirates y sont également différents avec pour cible la cargaison voire les otages par des actes très violents plus proches de la criminalité organisée ou du terrorisme".

Nouveaux dangers

Dans l'immédiat, la chute des attaques dans la corne de l'Afrique contribue largement à la baisse des actes de piraterie dans le monde. En 2013, le Bureau international maritime en recense 264 contre 297 en 2012. Des chiffres à comparer à ceux de 2010 où ils culminaient à près de 450 ! Malgré cette sensible diminution, la piraterie est loin d'être éradiquée et se déplace. Dans le même temps, "30 % des demandes de protection des navires de commerce français ne peuvent être satisfaites par des moyens militaires", et les armes employées évoluent. Si le fusil mitrailleur type AK 47 demeure un incontournable dans la panoplie du parfait pirate, ce dernier dispose également de lance-roquettes type RPG7. "Face à la puissance de feu et à l'effet incendiaire de ces armes, tous les navires sont vulnérables. En cas d'impossibilité de la Marine nationale, il est donc normal que les armements français puissent faire appel à des sociétés de protection privées", défend Stéphane Papillon saluant la prise de conscience, même tardive, des autorités françaises.

Examen du projet de loi reporté

Annoncé initialement en février, l'examen parlementaire du projet de loi autorisant l'embarquement des gardes privés à bord des navires français a été reporté au 9 avril, et ce malgré l'urgence de la situation et les demandes répétées d'Armateurs de France d'accélérer le processus législatif. Espérée à l'été ou au plus tard à l'automne, "la loi aura pour avantage de fixer un cadre réglementaire d'intervention et opérationnel". En l'état, plusieurs interrogations demeurent en suspens sur les agréments, les situations et la prise de décision entre le commandant et le chef d'équipe de protection autorisant le feu. Le statut des équipes de protection à bord des navires (marin ou autres) et leur nombre sont également à clarifier. Participant à ces travaux, Stéphane Papillon alerte aussi le monde maritime et les autorités sur l'émergence de nouveaux risques maritimes, de nature terroriste sur le marché de la croisière en particulier pour lequel Gallice a créé une filiale spécialisée.

* Best Management Practice

Érick Demangeon

Mercredi 26 Février 2014



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