Robotisation, opportunité ou danger pour la logistique ?


Selon Roland Berger, la robotisation est promise à un développement rapide dans les entrepôts logistiques. Sans mesure pour préparer cette transition, 1,5 million d’emplois directs sont menacés dans la zone euro estime le cabinet de conseil, dont 225.000 en France.


Deret Logistique a retenu Engie Inéo comme partenaire pour robotiser et automatiser sa ligne d’expédition sur son site d’Ormes dans le Loiret © Deret Logistique
Deret Logistique a retenu Engie Inéo comme partenaire pour robotiser et automatiser sa ligne d’expédition sur son site d’Ormes dans le Loiret © Deret Logistique
"La question n’est plus de savoir si les robots feront leur entrée en masse dans les entrepôts mais quand" ! Cet extrait de l’étude "Des robots et des hommes" de Roland Berger introduit une analyse sur l’impact social et économique de la robotisation en logistique. "Ces solutions progressent à grande vitesse depuis que les géants du web en ont fait leur cheval de bataille. Désormais, elles permettent de faire évoluer les opérateurs humains et machines au sein d’un même entrepôt". Selon le cabinet de conseil, "le point de bascule" en faveur des solutions robotisées s’élève autour d’un coût complet de 100 à 110.000 euros par unité en France.

"Des gains de productivité de 20 à 40 % sur les opérations d’entreposage et de préparation de commandes"


Ce seuil permettrait un retour sur investissement en trois ans grâce à un gain de productivité de 20 à 30 %. "À ce niveau, le coût horaire d’un robot se situe autour de 18 à 20 euros par heure – à iso heures travaillées - comparé à un coût moyen humain de 14 à 15 euros par heure en zone euro mais déjà de 17 à 18 euros en France". À moyen terme, "l’augmentation de la productivité, l’allongement de la durée de vie des solutions robotiques et la baisse des prix des équipements seront favorables à la robotisation, alors que le coût de main-d’œuvre humaine poursuivra structurellement son inflation". Entre 1990 et 2010, le coût moyen d’une unité robotisée en logistique a été divisé par deux, et a subi une baisse identique entre 2010 et 2015. Aujourd’hui, il dépasse encore le plus souvent 120.000 euros par unité.

225.000 emplois menacés en France

La conséquence directe du développement de la robotisation est la destruction de plusieurs centaines de milliers d’emplois logistiques non qualifiés. Au cours des dix prochaines années, Roland Berger estime à 1,5 million le nombre d’emplois menacés en zone euro dans la filière. Prestation de services, industrie et distribution confondues, la France compterait à minima 500.000 emplois directs peu qualifiés directement liés à la logistique selon le cabinet. Sur ce total, 225.000 seraient menacés et presque autant de postes indirects lors de la prochaine décennie.

Enjeu commun avec les ports

Sachant que la logistique est une activité non délocalisable, la seule augmentation de la qualité de service ne suffirait pas à compenser ces pertes d’emplois selon l’étude. "Les logisticiens européens devront donc réussir à attirer sur leur sol national les centres de distribution pour toute ou partie de l’Europe. Le «mal» devient alors son propre remède : c’est en gagnant en compétitivité, grâce à la robotisation notamment, que la logistique française réussira à gagner des parts de marché sur la logistique de ses voisins". Pour limiter les impacts sociaux de cette transition et prétendre à jouer ce rôle de hub logistique européen, la compétitivité du passage portuaire français est une condition à remplir avec la promotion d’une industrie nationale dédiée à la robotisation…

Robotisation en logistique : freins à lever

Sous-estimés selon Roland Berger, la baisse des coûts de manutention au moyen de solutions robotisées s’élèverait entre 20 et 40 %, et jusqu’à 50 % pour les opérations d’entreposage et de préparation de commandes. Ces taux varient selon la complexité de la préparation, la largeur de l’assortiment ou la configuration de l’entrepôt. Quelques barrières techniques rendent cependant difficiles la robotisation à grande échelle telles que les palettes hétérogènes, la stabilité des stockages en hauteur et la préhension de colis à emballage variable, souple ou hors format. "Ces réalités opérationnelles, sur lesquelles les pilotes achoppent encore, ne devraient plus tarder à être résolues", assure le cabinet.

Érick Demangeon

Vendredi 26 Février 2016



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