Rouen : les manutentionnaires dans la tourmente


Volumes en baisse en raison de la conjoncture économique, perte de lignes régulières mal compensée par des navettes fluviales pour les conteneurs, nouvelles lois défavorables aux "dissidents de l’Unim", prochaine campagne céréalière annoncée comme catastrophique… Les manutentionnaires rouennais, en dehors des spécialistes des vracs solides, doivent faire le dos rond dans la tempête.


© Éric Houri
© Éric Houri
"Difficile de dire autre chose : c’est très compliqué cette année". Le moral d’Éric Dubès, président du Syndicat des manutentionnaires et employeurs de main-d’œuvre du port de Rouen (SMEMOPR) et directeur général de Somap, est entamé. Cette filiale de Sealogis (SNCF Participations) a dû réduire d’un tiers ses effectifs à Rouen, entre avril et septembre, en raison notamment de l’arrêt des lignes directes entre Rouen et les Antilles. "Nous déplorons une légère déperdition des conteneurs vers les Antilles après le passage des lignes au service par barges fluviales, d’une baisse des volumes sur l’Afrique malgré le nouveau service vers Tanger de CMA CGM, des difficultés à capter des imports d’Asie en raison du refus de mutualisation des THC et d’un fluvial non compétitif par rapport à la route. D’une manière générale d’ailleurs, les freins sont nombreux pour le développement du fluvial qui est en légère baisse cette année", souligne Éric Dubès.

"Les raisons qui ont poussé à notre sécession sont toujours d’actualité"


Parti de l’Unim au printemps 2013, le SMEMOPR n’a aucunement l’intention de revenir au bercail. "Les raisons qui ont poussé à notre sécession sont toujours d’actualité", note le président du syndicat rouennais qui depuis plusieurs mois stigmatise, dans le même ordre d’idée, les dispositions légales récentes modifiant le Code des transports dans le domaine de la manutention portuaire à la suite du rapport dit Bonny. "La consultation des syndicats de dockers pour les implantations industrielles, l’exclusion des entreprises de manutention pour le chargement/déchargement des vracs liquides et l’interdiction de l’intérim sont des aberrations et constituent des sales coups pour le port de Rouen. Pour nous, l’obligation de recourir à des CDD à usage constant représente du travail et des coûts supplémentaires. Heureusement, si l’on peut dire, les pics d’activités occasionnels sont rares actuellement et c’est donc moins douloureux pour nos structures", peste le chef d’entreprise.
Parmi la demi-douzaine de sociétés présentes à Rouen dans le secteur de la manutention portuaire, celles spécialisées dans le vrac sec sont peut-être relativement épargnées par rapport aux généralistes comme Somap, doublement affectées par l’érosion des trafics conteneurisés et la campagne céréalière calamiteuse qui s’annonce. Une nouveauté dans le paysage : mi-juillet, les sociétés Euroports (ex-Westerlund) et URA (groupe Sogena) se sont rapprochées pour mettre en commun leurs moyens opérationnels et créer une société d’exploitation baptisée Euraports.
Enfin, s’il fallait rechercher quelques lueurs d’espoir dans le marasme ambiant, elles ne viendront pas de la filière agricole cette année (à l’exception peut-être de Beuzelin), ni d’Alizay où le thaïlandais Double A tarde, et c’est un euphémisme, à concrétiser son annonce de relance d’une usine de pâte à papier. En revanche, malgré la fermeture programmée de sa fonderie de Déville-lès-Rouen, le groupe Vallourec pourrait générer en fin d’année des trafics d’importation de tubes en provenance du Brésil, de Chine ou d’Allemagne à raison de petits bateaux de 3.000 tonnes pour un total annuel d’environ 40.000 tonnes. "Ce sont de modestes volumes mais générateurs de valeur ajoutée", se console le président du SMEMOPR.

Vincent Rogé

Jeudi 22 Septembre 2016



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