Rouen reste le port de l’Afrique


Avec 1,2 million de tonnes de marchandises échangées par an avec l’Afrique de l’Ouest, entre Nouakchott et Luanda, tous types de trafics confondus sur des services réguliers, Rouen reste de loin le premier port français de la spécialité, seulement devancé par Anvers sur le range nord-européen. Une position qu’il convient de défendre voire consolider.


© Haropa
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«Au fil des années, les transitaires rouennais ont su développer un réseau de collecte de la marchandise et un savoir-faire pour l’empotage-dépotage des conteneurs, sans oublier la gestion du traitement des boîtes à l’arrivée. C’est une spécificité liée à l’Histoire qui a soudé la communauté portuaire et qui a tressé des réseaux solides. De plus, les différentes communautés africaines présentes à Rouen sont très liées au port», commente Patrick Bret, responsable de l’unité Nord-Sud au Grand Port maritime de Rouen (GPMR) et spécialiste de l’Afrique au sein de la direction commerciale du GIE Haropa-Ports de Paris Seine-Normandie. Sous l’impulsion d’Hervé Cornède, directeur marketing et commercial d’Haropa, les missions commerciales vers l’Afrique se sont intensifiées en 2015. Toujours ciblées au plus juste. Alternativement, des délégations normandes se sont déplacées (Dakar, Lomé, Cotonou, Accra) ou ont invité (Rouen, Paris, Gennevilliers, Rungis). Tous les types de trafics ont été passés en revue : colis lourds, roro, breakbulk, conteneurs, reefers, fruits et légumes, véhicules d’occasion, etc. Les principaux thèmes de réflexions ont été abordés : nouvelles solutions logistiques, rôle des ports à sec, oil & gas & mining. Et pour 2016, le programme commercial s’annonce aussi copieux avec le Sénégal et le Burkina Faso notamment. Pourquoi un tel forcing ? «Parce que c’est une zone en forte croissance, que c’est un marché qui décolle et attire les investissements, parce qu’on assiste à l’émergence d’une classe moyenne et que les infrastructures portuaires et de transport se développent», résume Patrick Bret.

"Les infrastructures portuaires et de transport se développent"


Dans ce contexte, le port de Rouen continue de tirer son épingle du jeu et de consolider son leadership national. Le nombre de conteneurs échangés avec l’Afrique a progressé de 5 % à 242.000 EVP, dont 55 % vers la Côte occidentale (+ 7,2 %). Les principales hausses se sont situées en Côte d’Ivoire (+ 18 %), au Sénégal (+ 11 %) mais aussi au Nigeria (+ 6 %) et au Ghana (+ 4 %), confirmant l’émergence annoncée des pays anglophones. Concernant les conteneurs, la consolidation de Dunkrus, service hebdomadaire de CMA CGM, qui remonte des agrumes marocains et redescend des conteneurs pour la COA éclatés à Tanger Med, a constitué la bonne nouvelle de l’année pour Rouen. D’autres services «breakbulk» ou «multipurpose» se sont développés depuis trois ans avec BOCS, HPL (Hartmann), Safmarine MPV, Conti Lines mais l’impact de l’effondrement des cours du baril pourrait conduire à une réduction de voilure. D’autres menaces flottent au-dessus du port normand. Le prix du foncier, plus cher que celui du voisin havrais, semble freiner les velléités d’investissement des logisticiens. Une étude sur la compétitivité de la filière conteneurs devrait le confirmer en 2016. Par ailleurs, la taille des porte-conteneurs mis en ligne ne cesse d’augmenter. On annonce des 9.000 EVP dans certains nouveaux hubs africains alors que dans le même temps Rouen ne reçoit plus que des 3 000 EVP au maximum. Des armements ne desservent plus la capitale normande que par barge fluviale comme MSC depuis longtemps ou Nile Dutch plus récemment. «L’heure est plus que jamais aux complémentarités, aux solutions logistiques globales, aux adaptations permanentes. L’Afrique évolue. À nous d’évoluer en conséquence, d’être imaginatif. Un exemple : le trafic de farines vers la COA a été divisé par dix ces dernières années passant de 800.000 à 80.000 tonnes. Mais dans le même temps, les pays africains s’étant équipés en moulins, celui des céréales est monté à 800.000 tonnes», résume Patrick Bret.

Vincent Rogé

Lundi 21 Décembre 2015



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