Roulier : Le Havre en quête de nouveaux trafics


Sur un marché en difficulté et dans une filière fortement concurrentielle, Haropa tente de diversifier les trafics, notamment avec les véhicules d’occasion.


© Éric Houri
© Éric Houri
Lors de l'escale inaugurale du géant norvégien «Höegh Target», les acteurs portuaires havrais n’ont pas manqué de rappeler que Le Havre est "le seul port en France touché par le navire, selon Hervé Cornède, directeur commercial et marketing d’Haropa. Et le premier port français pour l’import-export de véhicules neufs".
Il est vrai que le centre roulier du Grand Port maritime du Havre (GPMH) affiche des atouts indéniables : équipé de dix postes à quai, il peut, grâce à son port en eaux profondes, accueillir des navires ro-ro jusqu’à 14,70 mètres de tirant d’eau. Ayant récemment bénéficié d’investissements importants, il s’étend aujourd’hui sur plus de 100 hectares, dont une partie est dédiée à la préparation des véhicules avant livraison. En 2010, le GPMH avait lancé le projet RoRo Max d’un coût de près de 2 millions d’euros dont la moitié avait été financée par la Région Haute-Normandie et l’Europe, avec une ambition : "Faire du terminal du Havre une référence européenne". La démarche, originale, avait fédéré tous les intervenants de la chaîne logistique tels que dockers et manutentionnaires, logisticiens, gestionnaires de parcs, laboratoires et écoles d’ingénieurs dont l’Institut supérieur d’études logistiques (Isel) de l’université du Havre, armateurs et douanes. Au final, les modélisations réalisées avaient abouti à l’optimisation des process et des surfaces disponibles, avec notamment l’intégration d’un système de suivi et de traçabilité des véhicules (tracing and tracking) et l’élaboration d’un manuel qualité.
Et pourtant. L’objectif alors annoncé d’"atteindre les 500.000 véhicules en 2015" s’est avéré fort optimiste. Entre-temps, rappelle Hervé Cornède, le marché mondial s’est effondré, de nouveaux concurrents et acteurs sont arrivés sur le marché. "Le marché de l’automobile est particulièrement volatil et les ports ne sont que des variables d’ajustement". Résultat, en 2014, le port du Havre n’a traité que 254.000 véhicules contre 307.000 en 2013 et 342.000 en 2012. Autre évolution, si l’export des voitures françaises caractérisait le marché il y a une dizaine d’années, les importations représentent aujourd’hui 60 % des volumes et le short-sea 90 % des trafics, à destination du Royaume-Uni, de la péninsule Ibérique… quand les liaisons deep-sea sont orientées vers la Corée, les Dom-Tom, l’Afrique du Sud, le Maroc et l’Australie.

Marchés de l’occasion et des colis lourds

Pour renouer avec la croissance, le port du Havre qui accueille des armements tels que Grimaldi, Glovis, Hoegh, Wallenius, UECC, EML, Eukor, vise le trafic des voitures d’occasion, «marché porteur compte tenu notamment du cycle de vie long et à forte valeur ajoutée» et qui intéresse une grand nombre d’acteurs, "y compris les constructeurs qui ont l’obligation de recycler leurs véhicules". Marché ciblé : l’Afrique, avec le Bénin comme acteur phare du marché.

"En 2014, le port du Havre a traité 254.000 véhicules"


Enfin, l’arrivée au Havre du géant "Höegh Target" rappelle que le trafic des colis exceptionnels peut aussi être un relais de croissance. Bateaux de plaisance, trains, travées de ponts, réservoirs de stockage, engins agricoles… 1.800 colis ont été traités au Havre en 2014. "Les dimensions des navires rouliers de ce type vont nous permettre de répondre sur des colis de dimensions et poids supérieurs aux capacités des navires actuels de catégorie inférieure, se réjouit le transitaire Patrick Maletras, président de la commission colis lourds du GPMH. Nous pouvons désormais répondre à 15 % supplémentaires des demandes, soit plus de 200 colis lourds par an". De quoi entrer, enfin, en compétition avec les ports concurrents du Nord tels qu’Anvers, Rotterdam ou Zeebrugge. Zeebrugge principalement : le port belge avait emporté contre Le Havre, en janvier 2014, le marché du transport des véhicules neufs Nissan, acheminés depuis Newcastle (Angleterre).

Natalie Castetz

Lundi 28 Septembre 2015



Lu 163 fois



Dans la même rubrique :
< >

     

Entreprises | Infrastructures | Institutions | Transport maritime | Transport aérien | Transport routier | Transport fluvial | Transport ferroviaire | Transport multimodal | Transport express - Messagerie | Logistique - Supply Chain | Énergie | Matières premières - Négoce | Industrie | Services | International | Développement durable | Faits divers







Accès rapide






















 

Qu'est-ce que L'Antenne ?

Le site internet de L'Antenne est la première plateforme B2B française de services et d’actualité consacrée au secteur du transport et de la logistique. Quotidiennement nous traitons de l’actualité du fret maritime, aérien, routier, fluvial, ferroviaire et multimodal ainsi que de la logistique, de l'industrie, de l'énergie et des matières premières. Nous apportons aux professionnels des outils et services qui facilitent leur travail et aident à la prise de décisions. Chaque année, nous éditons des guides de référence dans le secteur : "Le Fret aérien pratique" et "Le Fret maritime pratique" en plus de notre guide pratique des Incoterms©. L'Antenne est aussi organisateur de salons sur les thématiques du transport multimodal de fret, de l’export et de la logistique.

Mentions ours

Design réalisé par Caroline BALDINI.

Plan du site

Syndication

© SMECI
L'Antenne est édité par Smeci (32, av. André Roussin, BP 36, 13321 Marseille Cedex 16)
RCS Marseille 447 889 395. ISSN : 0395-8582
CPPAP : 0313T79480
Dépôt légal : 10/04/2006
Gérant : Jacques Riccobono
Rédacteur en chef : Vincent Calabrèse