S'implanter sur un port sec à Alger, une stratégie payante


Sur le marché Algérie, l'armateur marseillais Marfret se félicite aujourd'hui d'avoir recours au port sec exploité par Mageco à Rouiba depuis janvier 2013. Cette technique lui a permis d'accroître son trafic conteneurisé.


Le "Marfret Niolon", 5.282 tonnes de port en lourd © Franck André
Le "Marfret Niolon", 5.282 tonnes de port en lourd © Franck André
"En avril 1951, le "Douce France" revenait d'Alger sur Saint-Raphaël en passant par la Corse", se souvient Raymond Vidil, le PDG de la compagnie marseillaise Marfret. Malgré l'évolution du marché entre l'Europe et l'Algérie, le fait qu'il soit devenu très concurrentiel, l'armement marseillais est resté fidèle à la desserte des ports du pays.
Son implantation sur le port sec de Rouiba illustre une stratégie visant à accélérer le délai de livraison des conteneurs chez les importateurs.
Un peu plus d'un an après l'implantation de la compagnie chez Mageco, dans la banlieue est d'Alger, l'armateur constate avec satisfaction que "les réceptionnaires algériens ont déjà changé d'attitude. Ils souhaitent acheter davantage en Europe", indique-t-il. Il souligne en effet que le port sec ne traite pas de trafics en provenance d'Asie ou de Turquie mais "reste dédié aux armateurs méditerranéens et à vocation régionale".

"Les réceptionnaires algériens ont déjà changé d'attitude"


Et d'expliquer que, placé sous douane, le site permet de réaliser des livraisons dans la semaine qui suit l'escale du porte-conteneurs. Sur le marché Europe-Algérie, Marfret a vu l'an dernier son trafic progresser de 8 % par rapport à 2012 pour s'établir à 11.000 EVP.
Raymond Vidil souligne que la compagnie expédie "via le port de Marseille un trafic en provenance de toute la France, d'Allemagne, de Belgique et de Suisse". Il précise que les conteneurs destinés à Alger sont préacheminés à destination du port phocéen par voie terrestre ou ferroviaire.
Reste à résoudre aujourd'hui les problèmes de congestion du port d'Alger. L'armateur, par ailleurs président des Armateurs de France, souhaite que les navires de ligne régulière bénéficie en Algérie d'une priorité d'accostage car ses confrères et lui redoutent toujours que leurs clients chargeurs finissent par privilégier des embarquements dans des ports chinois si les marchandises restent bloquées à bord des navires en raison des problèmes de congestion en rade.
Interrogé sur les problèmes de rentabilité de service dont souffrent les opérateurs sur les échanges conteneurisés Nord-Sud ("disbalance") en raison du faible tissu industriel en Algérie, Raymond Vidil s'inscrit en faux : "Ceci n'est pas tout à fait vrai. Il y a des volumes dans le pays à importer en Europe. L'Algérie produit des dattes et des boissons gazeuses". D'autre part, à ses yeux, le problème de "disbalance" sur des lignes courtes n'est pas identique à celui qu'on connaît sur les longues distances puisque le conteneur n'est pas immobilisé longtemps.
En outre, il juge que le marché sur l'Algérie est beaucoup plus stable sur des lignes telles que l'Asie-Méditerranée.

Présence "modeste" sur la Tunisie

Marfret est également présent sur le marché tunisien mais "de manière plus modeste", selon Raymond Vidil qui rappelle que la compagnie propose un service "pluri-hebdomadaire dans le secteur du conteneur en étant liée avec CMA CGM et CTN dans le cadre d'accords de "slots".
Du côté du Maroc, l'armateur dessert Tanger toutes les semaines dans le cadre de son service "Medcar" (une ligne qui dessert les Caraïbes et l'Amérique centrale). "Nous ne commercialisons pas ce port", souligne Raymond Vidil. Interrogé sur les projets d'ouverture de ligne sur le port tangérois de la place portuaire marseillaise, le PDG de Marfret estime qu'il ne peut pas se porter candidat dans la mesure où une compagnie de cette taille "ne peut pas prendre de risque sans l'engagement de qui que ce soit".

Vincent Calabrèse

Mardi 15 Avril 2014



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