SNCM : Transdev prêt à vendre sa participation



16e jour d'une grève à la SNCM © Franck André
16e jour d'une grève à la SNCM © Franck André
Les négociations entre actionnaires et syndicats de la SNCM ont connu un tournant mercredi 9 juillet juste avant leur reprise officielle à 16 heures avec l'annonce d'une possible vente de sa participation par l'actionnaire majoritaire Transdev, tandis que Manuel Valls tentait d'apaiser les tensions provoquées par la grève en Corse en annonçant des "mesures" pour débloquer les ports. Selon une source proche du dossier, le groupe Veolia serait prêt à céder pour un euro la participation de 66 % qu'il détient via Transdev, coentreprise formée avec la Caisse des dépôts, a-t-on appris de source proche du dossier. Transdev abandonnerait donc ses 117 millions d'euros d'encours dans la compagnie maritime. Les délégations, à peine entrées mercredi matin en préfecture pour un troisième jour de négociations sous l'égide du médiateur gouvernemental Gilles Bélier, en étaient ressorties, expliquant que "des discussions entre actionnaires" devaient avoir lieu au préalable.
Les syndicats étaient remontés contre les propos tenus sur TF1 mardi 8 juillet par le Premier ministre, Manuel Valls, qui a de nouveau soutenu une mise en "redressement judiciaire" de la compagnie. "Les propos de Manuel Valls sont dramatiques", estimait Pierre Maupoint de Vandeul, délégué CFE-CGC des officiers. "Il est là pour mettre le feu", renchérit Frédéric Dos, délégué de la CFDT. "Pendant qu'il prône le dialogue et que les salariés cherchent une solution pour éviter le redressement judiciaire, le Premier ministre vient au journal de TF1 dire qu'il faut faire un redressement judiciaire", déplorait le secrétaire de la CGT, Jean-François Simmarano.
En Corse, où l'économie commence à être sérieusement affectée par la grève de l'opérateur historique des liaisons entre l'île et le continent, près d'un millier d'acteurs du monde économique corse se sont rassemblés mercredi 9 juillet à Bastia pour dénoncer l'incapacité de l'État à mettre fin au conflit. Le contenu d'un camion chargé de fruits qui ne peuvent pas être exportés a été déversé devant les grilles de la préfecture. Quelques incidents ont eu lieu en marge de ce rassemblement quand plusieurs dizaines de personnes se sont rendues au siège de la SNCM en Corse, proche de quelques centaines de mètres, où quelques dégradations ont été commises.
Dans l'après-midi, le Premier ministre a annoncé que le gouvernement allait prendre "dans les heures qui viennent" "toutes les mesures nécessaires" pour mettre un terme au blocage de navires. Il a également proposé de rencontrer jeudi 10 juillet à Paris une délégation de représentants du monde économique insulaire. Outre le déblocage du "Kallisté", les professionnels du tourisme, transporteurs, agriculteurs et artisans demandent la prise en compte par l'État du préjudice économique et financier subi depuis le début de la grève, le 24 juin.

Un conflit qui représente 10 M EUR de pertes

Alors que le conflit social de la SNCM, qui a démarré le 24 juin, s'enlise, le collectif "Touche pas à mon port" ressort des locaux de l'Union patronale des Bouches-du-Rhône (UPE 13). Dans un manifeste publié mardi 8 juillet, le collectif juge qu'un "conflit interne à une entreprise, la SNCM, met en péril l’activité de tout un territoire". Le collectif, créé en 2010, se mobilise à nouveau et "demande à l'État de garantir immédiatement la libre circulation des biens et des personnes sur le port, de permettre à Marseille de bénéficier d’une desserte maritime performante et fiable avec la Corse et de créer les conditions pour permettre à Marseille de préserver sa place portuaire de premier plan". Rappelant qu'à l’heure où le port de Marseille-Fos renoue avec la croissance (soit 9 % de hausse de trafic dans le secteur du conteneur et 34 % de progression dans l'activité croisière à fin mai 2014), "Touche pas à mon port" estime que "les conséquences (de ce conflit) sont catastrophiques". Selon les signataires du document, "après quinze jours de blocage, les pertes atteignent déjà 10 millions d’euros et l’image de Marseille en plein renouveau s’en trouve durablement affectée".

Thibault Le Grand et Vincent Calabrèse

Mercredi 9 Juillet 2014



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